Plusieurs officiers haut-marnais ont servi des royaumes « satellites » de l’Empire français. Parmi eux, sept – chiffre non négligeable - étaient en service dans les troupes du royaume de Naples, ayant eu pour souverains successifs Joseph Bonaparte et le maréchal Joachim Murat. Aide de camp du beau-frère de Napoléon, le Dervois Pierre-Augustin Berthemy, dont la carrière a déjà été détaillée sur ce blog, a même été promu maréchal de camp napolitain et fut un des rares Français à ne pas quitter son protecteur lorsque celui-ci a pris langue avec les Britanniques début 1814. Voici six autres parcours moins connus.
Collin Etienne (Cirey-sur-Blaise 1776 – 1858). Entré en service comme caporal au 1er bataillon auxiliaire de la Haute-Marne (an VII), sergent-major au 101e de ligne (an XII), il passe aux grenadiers de la Garde de Naples (août 1806). Sous-lieutenant (12 décembre 1808) au régiment de grenadiers de Naples, lieutenant (21 février 1810), capitaine (15 janvier 1814) au même régiment, il démissionne (25 janvier 1814) et passe au 9e régiment de la Garde (mars 1814). Frère d’un capitaine. Source principale : base Léonore.
Gobelet Claude-Antoine (Preigney, Haute-Saône, 1785). Lieutenant adjudant-major dans les grenadiers de la Garde de Naples, totalisant 18 ans de services, il est placé en demi-solde et se marie en 1817 à Pierrefaites, où il exerce la profession de cultivateur.
Capitaine Antoine Guéniot
(Vitry-en-Montagne 11 mai 1775 - Bay-sur-Aube 28 avril 1854).
Fils de Rodolphe-Augustin Guéniot, ouvrier à la manufacture de glace de Rouelles (puis pourvoyeur de l'abbaye d'Auberive puis cordonnier) et de Catherine Sibille, il entre en service le 12 juin 1790 dans le 7e régiment de chasseurs Auvergne (versé dans la 3e demi-brigade d'infanterie légère). Il prend part aux campagnes de l'armée du Rhin (1791-1792), est présent au siège de Mayence (1793) puis combat en Italie. Passé dans la 7e demi-brigade d'infanterie de ligne (1795), Antoine Guéniot est affecté au 4e bataillon provisoire du train d'artillerie le 20 mai 1797. Il prend part ensuite à la campagne du Portugal (an IX) et à celle de Calabre (ans IX - X). Maréchal des logis le 20 décembre 1802, il se marie avec Madeleine Falset (ou Falcette) dont il aura trois enfants nés dans la péninsule italienne entre 1805 et le 27 février 1814. Le maréchal des logis Guéniot passe au service napolitain en rejoignant le train d'artillerie de la Garde royale le 3 septembre 1806. Garde d'artillerie de 2e classe le 1er décembre 1808, il est nommé par le roi de Naples capitaine d'artillerie légère de la garde, chargé du matériel, le 25 mars 1811. Au cours de sa carrière militaire, il est blessé d'un ou deux coups de baïonnette au bras droit "en montant à une redoute" à Marengo (1800), d'un coup de feu à la jambe gauche au siège de Gaête, d'un coup de feu à la mâchoire supérieure en Calabre. Après l'abdication de Napoléon, le capitaine Guéniot est autorisé à rentrer dans ses foyers le 2 août 1814 pour jouir de la demi-solde. Qualifié de chevalier de la Légion d'honneur (?) et de l'ordre des Deux-Siciles, retiré à Bay-sur-Aube, il est capitaine de 2e classe dans la compagnie d’artillerie de la garde nationale de la Haute-Marne (1815), puis à nouveau en demi-solde à Bay-sur-Aube. Il est confirmé dans son grade de capitaine "français" en 1816. Il est veuf au moment de son décès à Bay-sur-Aube (son épouse vivait en Seine-et-Oise).
Husson Victor (Vignory 1775). Son parcours à lire ici.
Richoux Nicolas (Chaumont 1776). Frère d’un capitaine de cuirassiers, membre de la Légion d'honneur depuis le 4 novembre 1804 comme brigadier du 8e cuirassiers, il est lieutenant dans la garde du vice-roi d’Italie, en 1809. Il est ensuite, en 1811, adjudant-major au régiment des chevau-légers du roi de Naples, qu’il sert jusqu’en 1814. Promu capitaine au 6e chasseurs à cheval sous la Première Restauration, il est en demi-solde à Chaumont fin 1815. Retraité en 1818.
Simon Jean-Baptiste, capitaine
(Provenchères-sur-Marne 3 juillet 1777 – Cerisières 5 août 1819).
(Provenchères-sur-Marne 3 juillet 1777 – Cerisières 5 août 1819).
Fils de Nicolas Simon, laboureur, et de Marie Lerouge, qui s'installent ensuite à Cerisières. Elève au bataillon de l'école d'artillerie de Strasbourg (22 octobre 1798) ; passé au 2e régiment d'artillerie à pied (21 avril 1800) ; campagnes de l'an VIII et de l'an IX à l'armée du Rhin ; fourrier (14 juillet 1801) ; campagnes sous le général Gouvion Saint-Cyr dans le Royaume de Naples entre l'an XI et l'an XIII ; sergent (13 juillet 1805) ; campagne de l'armée d'Italie en l'an XIV ; passé à l'artillerie à pied de la Garde royale de Naples (1er août 1806) ; campagne de Naples, siège de Gaëte (1806) ; sergent-major le 18 avril 1808 ; maréchal des logis-chef de l'artillerie légère de la garde royale de Naples le 1er novembre 1808 ; campagne de Calabre (1810) ; lieutenant en second, même corps, le 25 mars 1811 ; lieutenant de la 1ère compagnie du régiment d’artillerie légère de la garde de Naples, lorsqu’il se marie en 1812 à Naples avec Marie-Raphaël Romanisse ; dirigé sur la Russie en août 1812 avec la 33e division (Destrées) ; lieutenant en premier, même corps, le 1er janvier 1813 ; chevalier de la Légion d'honneur le 4 juin 1813 ; aurait été blessé le 26 août 1813 à Dresde selon A. Martinien ; chevalier de l'ordre des Deux-Siciles le 2 novembre 1813 ; capitaine en second, même corps, le 12 mars 1814 ; démissionne du service de Naples le 15 février 1815 ; lieutenant français le 9 décembre 1815 ; en solde de non activité le 1er janvier 1816, retiré à Cerisières ; un courrier du 1er février 1816 du maréchal de camp Chabert, commandant le département de la Haute-Marne, note : "Cet officier a de l'instruction et surtout beaucoup de zèle. Moralité : excellente, très brave homme. Principes : pense bien, on m'a assuré qu'il était très dévoué au roi. Fortune : point. Physique : très beau, bien constitué. Opinion : j'estime que cet officier est susceptible de concourir aux emplois de son grade" ; déplore le 1er mars 1816 auprès du ministère de la Guerre la "grande disproportion de grade et de traitement d'officier d'artillerie que j'étais", pense "ne pas avoir démérité" pour obtenir son grade de capitaine ("je n'ai pris part à aucun évènement survenu en France depuis le mois de mars 1815") ; nommé le 22 octobre 1818 à la Légion de Corse ; nommé le 22 avril 1819 à la Légion du Gard comme lieutenant ; "cet officier n'a pas rejoint son corps et n'a pas donné de ses nouvelles", note le ministre de la Guerre en 1820. Jean-Baptiste Simon est en réalité décédé, propriétaire, dans son village, à l'âge de 42 ans. Il totalisait, au 1er juillet 1818, 19 années, huit mois, neuf jours de service, dont dix campagnes. Source : 2 ye 3799, SHD.
Humbert ROUSSEZ, autre natif de la Haute-Saône (Molay 22/01/1781), servit également dans les grenadiers de la garde royale du roi de Naples. Soldat devenu sous-lieutenant, comme nombre d'entre eux il quitta cette unité le 25/01/1814. Plus tard vers 1837, il devint maire de Preigney.
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