lundi 2 mars 2026

Officiers haut-marnais de Napoléon : 78 nouveaux parcours

Le fait d'armes du lieutenant Jean-Baptiste Jobert, de Pressigny, en 1809.


    Dans "Officiers haut-marnais de Napoléon" (Collection A la Une, 2019), nous avons réuni 1 164 notices biographiques d'officiers nés ou domiciliés en Haute-Marne ayant servi dans les armées napoléoniennes entre 1804 et 1815. Depuis cette publication, 75 nouveaux parcours ont pu être identifiés, tandis que trois probables ont pu être confirmés, grâce surtout aux dossiers conservés par le Service historique de la Défense. 

Officiers identifiés 

BLIN (Claude), sous-lieutenant (Breuvannes-en-Bassigny 23 avril 1771 - Lons-le-Saunier, Jura, 26 mai 1825). Fils de François Blin, tixier, et dAnne Ravier. Canonnier au 6e régiment d'artillerie à pied, il se marie à Saint-Omer (Pas-de-Calais) le 9 décembre 1794 à Ernestine Sauvegrain. Il est toujours premier canonnier au 6e RAP à la naissance d'un enfant en 1796 à Saint-Omer. Sergent-major au 15e régiment d'infanterie légère, il est nommé chevalier de la Légion d'honneur le 6 août 1810. Sous-lieutenant d'infanterie, il se marie en secondes noces à Lons-le-Saunier (Jura) à Marie-Etiennette Piard le 5 juin 1815. A. Martinien mentionne un lieutenant Blin du 15e léger blessé le 16 juin 1815 à Ligny (Belgique). Officier en demi-solde à Lons-le-Saunier à la naissance d'un enfant en 1816. Cesse de servir le 21 août 1818. Receveur à l'octroi de Lons à son décès à l'âge de 54 ans. Note : son dossier au SHD le dit sous-lieutenant au 42e régiment d'infanterie de ligne. 

BOCQUENET (Jean-Baptiste), lieutenant (Bourbonne-les-Bains 3 février 1773 - Turin, Italie, 11 février 1808). Fils de Louis-Bernard-Gabriel-Augustin Bocquenet et de Béatrice Billot. Frère du chirurgien principal François-Bernard Bocquenet (Officiers haut-marnais de Napoléon, p 143). Lieutenant au régiment d'Isembourg, en garnison à Turin, il décède au numéro 6 de la section du Pô, à l'âge de 35 ans.

BOISSELIER (Claude), major (Longeau 30 août 1769 - La Moskowa, Russie, 7 septembre 1812). Fils de François Boisselier, tixier, et de Jeanne Maupin, qui résident ensuite à Champlitte (Haute-Saône). Major (lieutenant-colonel) du 5e régiment de hussards, il est tué à la bataille de La Moskowa, à l'âge de 43 ans. Lire sa biographie détaillée par ailleurs. 

BOUCQUIN (Benjamin), lieutenant (Joinville 31 mars 1774 - Tarbes, Hautes-Pyrénées, 30 juin 1807). Fils de François-Nicolas Boucquin, marchand, et de Louise-Elisabeth Dalle. Sous-lieutenant dans la 40e demi-brigade d'infanterie de ligne, promu lieutenant au même corps le 11 mars 1802 ; lieutenant au détachement de recrutement de la Haute-Garonne, décédé à l'hôpital civil sédentaire de Tarbes d'une fluxion de poitrine, à l'âge de 33 ans, après avoir été hospitalisé le 25 juin 1807.

BOULANGER (Hubert-Nicolas), sous-lieutenant (Suzannecourt 3 novembre 1773 - en Russie 30 décembre 1812 ?). Fils de Claude-Nicolas Boulanger et de Marie-Antoinette Prignot. Sous-lieutenant au 29e régiment d'infanterie légère. A. Martinien mentionne un sous-lieutenant Boulanger (29e léger) blessé le 27 décembre 1812 à Borisow (Russie) et décédé trois jours plus tard.

BRAYER (Antoine), adjudant-commandant (Langres 24 décembre 1756 - Paris 7 février 1825 ?). Fils de Claude Brayer, maître boulanger, et de Didière Henry. Son acte de baptême figure dans son dossier conservé par le SHD. En service au régiment de Piémont (1774-1776), il sert en Corse. Enrôlé ensuite au régiment de Berry cavalerie (1776), il se marie en 1779 à Langres avec Marie-Anne Gélin puis obtient son congé (1781). En service dans la maréchaussée (1782), il est nommé brigadier dans la gendarmerie nationale de la Haute-Marne le 25 mars 1792 et sert dans le secteur de Fayl-Billot. Commandant du 1er bataillon de réquisition du district de Langres le 15 septembre 1793, à l'âge de 37 ans, Brayer participe au combat du bois de Mietisheim, les 25 et 26 décembre 1793. Il est dénoncé le 31 mars 1794 au ministère de la Guerre par la Société républicaine de Fayl-Billot qui se fonde sur des attestations d'officiers du bataillon de Langres lui reprochant notamment sa "lâcheté au combat". Après la dissolution du bataillon, il est nommé, par le Comité de salut public, adjoint aux adjudants-généraux, afin d'accompagner l'adjudant-général Laurens à l'armée des Ardennes (1794). Après les combats devant Charleroi, il est nommé par Saint-Just, représentant du peuple auprès de l'armée du Nord, adjudant-général chef de brigade (colonel) le 28 mai 1794. Passé à l'armée de Sambre-et-Meuse, il conduit jusqu'à Paris, au printemps 1795, un détachement de 6 000 hommes. Puis il est nommé à Liège, et enfin en Hollande. Confirmé adjudant général chef de brigade le 11 août 1795, il est chef d'état-major de la 6e division de l'armée de Sambre-et-Meuse et se distingue le 19 septembre 1795 à Dientz à la tête e la 87e demi-brigade de bataille. Il est cité dans un rapport du général Bonnard pour sa conduite le 20 août 1796 lors des opérations entre le Rhin et le Main. Non retenu dans l'organisation de l'armée d'Allemagne, Antoine Brayer se retire à Torcenay (Haute-Marne), d'où il conspue le 11 décembre 1796 "la morgue des émigrés" et "le drapeau blanc abhorré". Puis il est admis au traitement de réforme le 13 février 1797. Ayant réclamé un commandement de place ou d'un régiment de cavalerie, il est rappelé au service par le Directoire, le 17 février 1798, comme chef d'escadron, commandant le 26e escadron de gendarmerie nationale dans les départements de la Nièvre et du Cher. Accusé de malversations au détriment de la compagnie de gendarmerie du Cher, il est arrêté à Cologne le 17 novembre 1800 et condamné le 19 mai 1801, par le conseil de guerre de la 29e division militaire à Poitiers. Il est emprisonné jusqu'au remboursement de la dette - dont il s'acquitte - et destitué. Libéré, il semble s'établir à Passavant (Maine-et-Loire). En octobre 1808, il sollicite un emploi dans l'armée impériale mais en vain. Selon ses déclarations, il s'établit en Vendée. Présent à Paris pour régler la question la question de sa retraite, il est appelé le 14 mars 1815 à servir comme adjudant-commandant (colonel) auprès du général commandant le département de Seine-et-Marne. Rentré dans ses foyers le 20 mars 1815, il ne semble pas avoir été appelé durant les Cent-Jours mais, le 30 juin 1815, il reçoit l'ordre de rejoindre le lieutenant général Drouet d'Erlon à Belleville. Il sert à l'armée de la Loire jusqu'à son licenciement en juillet 1815. Installé à Paris, Brayer ne cesse de faire des réclamations auprès du "meilleur des rois" (Louis XVIII) pour obtenir une solde de retraite. Marié à Paris en 1820 à Florence Desumblot, père de deux enfants en bas âge, il semble correspondre au sieur Antoine Brayer décédé à Paris le 7 février 1825 selon l'état civil reconstitué de la capitale. Son dossier ne conserve plus de requêtes de l'adjudant-commandant Brayer après cette date. A noter qu'Antoine Brayer, confondu avec le général Michel-Silvestre Brayer (proscrit), semble s'être réfugié au début de la Restauration "chez un marchand d'allumettes" de Fayl-Billot. 

BRULTE (Claude), capitaine (Dammartin-sur-Meuse 8 septembre 1769 - Saint-Hilaire, Seine-et-Oise, 26 décembre 1814). Fils de Jean-Baptiste Brulté, garde chasse, et de Françoise Michelot. Frère du capitaine Jean-Baptiste Brulté (cf Officiers haut-marnais de Napoléon, p. 149-150). Entré en service dans les Hussards braconniers (21e régiment de chasseurs à cheval) le 10 septembre 1792, il est nommé brigadier le 15 septembre 1792. Fourrier le 27 février 1795 puis maréchal des logis le 25 août 1795, il sert à l'armée du Nord de 1792 à l'an III, puis à l'armée de l'Intérieur de l'an IV à l'an VII, puis à l'armée d'Italie en l'an VIII et en l'an IX. Maréchal des logis-chef le 15 octobre 1799, il est nommé sous-lieutenant le 8 octobre 1802 au 21e RCC, à l'âge de 33 ans. Après l'armée des Côtes de l'Océan (ans XII-XIII), il se bat en Autriche, en Prusse et en Pologne. Blessé d'un coup de lance le 3 février 1807 à Ostrowo, il est retraité pour blessures le 15 avril 1808. Domicilié en Seine-et-Oise, il demande en mars 1813 à revenir en activité pour servir à l'intérieur mais, malade, il y renonce le 8 mai 1813. Capitaine de la 3e compagnie de chasseurs de la Légion de garde nationale mobile de Seine-et-Oise le 3 février 1814, il décède le 26 décembre 1814 des suites de blessures, à l'âge de 45 ans, dans la maison de M. Debrin. Il était l'époux de Marie-Elisabeth-Eloïse Hamet, 43 ans, domiciliée rue de la Calandre à Paris, en 1817.

CAILLET (Jean-Baptiste), lieutenant (Mareilles 31 décembre 1773 - en Guadeloupe 6 octobre 1805). Fils de Jean-Baptiste Caillet, menuisier, et de Simone Petit. Il est nommé sous-lieutenant le 20 juillet 1803, à l'âge de 30 ans. Lieutenant dans la 4e compagnie du 1er bataillon du 26e régiment d'infanterie de ligne, il décède à l'hôpital militaire des Saintes îles de Guadeloupe, à l'âge de 32 ans. 

CAMUS (François), capitaine (Champigneulles-en-Bassigny 12 mai 1761 - ?). Fils de Jean-Baptiste Camus et de Marguerite Limaux. Engagé le 12 août 1780 au régiment d'artillerie d'Auxonne (futur 6e régiment d'artillerie à pied), il sert en Amérique. Lieutenant le 19 février 1794, il est nommé capitaine de 2e classe le 1er mai 1802. Il passe avec ce grade au 7e régiment d'artillerie à pied, où il est situé en l'an XIII. En l'an 1805, l'état militaire du corps impérial de l'artillerie - qui le dit né en 1759 - précise qu'il est aux Colonies. Le capitaine Camus n'apparaît pas dans l'état de 1811.

CHAMEROY (Jean-Baptiste-Maurice), sous-lieutenant (Bussières-lès-Belmont 12 août 1789 - 6 juillet 1815). Fils de François Chameroy, tonnelier, et de Catherine Girardot. Tonnelier, il part le 28 octobre 1808 rejoindre le régiment des fusiliers de la Garde impériale. Incorporé au 1er régiment des tirailleurs de la Garde impériale le 9 novembre 1808, il fait les campagnes de 1809 et 1810 en Allemagne et en Espagne. Passé le 20 août 1811 au 76e régiment d'infanterie de ligne, il est promu sergent-major le 4 août 1813. Nommé sous-lieutenant par décret du 10 juillet 1813, à l'âge de 24 ans, officier au même corps, il est blessé à Ligny puis à Wavre (juin 1815), et décède des suites de ses ses blessures (selon A. Martinien), à l'âge de 26 ans. 

CHAMEROY (Pierre), capitaine (Rouvres-sur-Aube 24 janvier 1767 - Rouvres-sur-Aube 2 janvier 1835). Fils de Jean Chameroy et de Marie-Anne Andriot. Frère du lieutenant-colonel François Chameroy. Elu capitaine de la 8e compagnie du 21e bataillon de volontaires nationaux dit de la réserve le 21 septembre 1792, à l'âge de 25 ans, il est fait prisonnier le 18 mars 1793 à Neerwinden. Il est toujours officier au 16e régiment d'infanterie de ligne, en 1805. Marié avec Marie-Anne Bitzberger, maire de Rouvres-sur-Aube, il est officier au Corps-franc de la Haute-Marne pendant les Cent-Jours. 

CHAPEAU (Barthélémy), lieutenant (Vaux-la-Douce 2 décembre 1771 - 23 janvier 1829). Fils de Nicolas Chapeau, laboureur, et de Françoise Voilquin. Canonnier au 4e bataillon des volontaires des Vosges le 13 avril 1793, il fait les campagnes de 1793 à 1796 à l'armée du Rhin. Passé à la 4e compagnie de canonniers volontaires le 14 décembre 1796, puis au 2e régiment d'artillerie à pied le 11 septembre 1802, il participe aux campagnes de 1797 à 1802 à l'armée d'Italie et à l'île d'Elbe. Artificier le 11 janvier 1804, sergent le 5 octobre 1805, il sert à l'armée d'Italie (1806), à la Grande Armée en Poméranie (1807-1808). Sergent-major le 1er juin 1809, il prend part à la campagne d'Allemagne, puis est nommé chevalier de la Légion d'honneur le 18 octobre 1812. Nommé lieutenant de deuxième classe au même corps le 24 octobre 1812, à 41 ans, il se bat en Russie où il est fait prisonnier. De nouveau membre de la Légion d'honneur le 25 mars 1815, commandant l'artillerie du château de Ham en 1815, il est placé chef artificier au régiment de Metz artillerie à pied le 1er mai 1816. Garde d'artillerie, époux de Thérèse Durandeu, il est domicilié dans les Pyrénées-Orientales à son décès.

CHARLES (François), sous-lieutenant (Ravennefontaine 4 mars 1781 - La Moskowa 8 septembre 1812). Fils de Sébastien Charles et de Jeanne Dalloz. Remplaçant, il est incorporé le 19 juin 1799 dans la 57e demi-brigade d'infanterie de ligne. Caporal le 30 décembre 1805, il est promu sergent le 1er mai 1808. Blessé de deux coups de feu aux bras le 7 septembre 1812 à La Moskowa, il est nommé sous-lieutenant par décret du 25 septembre 1812, à l'âge de 31 ans. Il décède le 8 septembre 1812 des suites de ses blessures (Source : C. Penichon).

CHARLES (Nicolas-Marie-Abel) (Langres 14 octobre 1790 - ?). fils de Jean-Nicolas Charles, avocat en parlement, et de Marie-Claude Vérillot de Lorme (paroisse Saint-Amâtre de Langres). Filleul d'un lieutenant-colonel d'infanterie (son grand-oncle). Elève à l'école spéciale militaire, il sera capitaine au 10e régiment d'infanterie selon son dossier conservé au SHD.

CORNEVIN (Antoine), capitaine (Récourt 1er février 1765 - Fort de France, Martinique, 24 septembre 1805). Fils d'Antoine Cornevin et de Jeanne Martinot. Caporal (1788), il est nommé sergent le 30 janvier 1792. Sergent-major dans la 42e demi-brigade de bataille le 13 décembre 1793, il est nommé officier le 28 décembre 1793, à l'âge de 28 ans. Sous-lieutenant dans la 90e demi-brigade d'infanterie de ligne, il est nommé lieutenant par le général Brune le 23 octobre 1799, en raison de "la bravoure et les talents militaires que vous avez déployés dans les différentes affaires [...] pendant la présente campagne contre les Austro-Russes". Effectivement lieutenant le 30 octobre 1799, employé dans la 90e en 1802, il est capitaine, commandant la 2e compagnie du 1er bataillon du 82e régiment d'infanterie de ligne en Martinique. Il décède à l'hôpital, à l'âge de 40 ans. 

CORNEVIN (Pierre), capitaine (Récourt 13 janvier 1770 - Tortorse, Espagne, 3 ou 4 août 1810). Fils d'Antoine Cornevin et de Jeanne Martinot. Frère du précédent. Nommé capitaine adjudant-major le 1er mars 1808, il sert au 14e régiment d'infanterie de ligne où il commande une compagnie le 1er septembre 1809. Il est tué au siège de Tortose, à l'âge de 40 ans. Il était membre de la Légion d'honneur depuis le 21 juillet 1808.

DENAYER (Auguste), capitaine (Joinville 8 décembre 1775 - Donnau, Pologne, 27 juin 1807). Fils de Louis-Marie-Joseph Denayer, officier, et de Marie-Antoinette Myon. Neveu du général Denayer. Soldat au 1er régiment d'infanterie le 15 mai 1792, il est capturé à Breda la même année. Nommé sous-lieutenant dans la 2e demi-brigade de la Légion de police générale, le 8 novembre 1795, à l'âge de 20 ans, il est réformé et placé comme sous-lieutenant à la suite dans la 41e demi-brigade le 21 février 1797. Aide de camp du général Denayer, son oncle, le 20 mai 1798, il passe au 7e régiment de dragons le 3 septembre 1799. Lieutenant le 21 mai 1800, il est proposé pour le grade de capitaine par son oncle dont il est toujours aide de camp (le 26 mai 1801). Affecté comme lieutenant par le général Bonaparte au 11e régiment de dragons le 20 février 1802, de nouveau proposé pour le grade de capitaine au 8e régiment de dragons (22 août 1805), il l'obtient enfin le 25 mai 1807, au 11e régiment de dragons. Grièvement blessé par un coup de boulet le 14 juin 1807 au soir de la bataille de Friedland, hospitalisé à l'hôpital ambulant de Donnau le 23 juin 1807, il y décède le 27 juin 1807, à l'âge de 32 ans. Il était l'époux d'Adélaïde-Jeanne Gérard, née à Paris en 1774, pensionnée le 17 octobre 1807 par décret de Napoléon. Source : dossier d'officier, GR 2 YE 1115, SHD.

DENAYER (Jean-Isidore), capitaine (Dommartin-le-Franc 3 mai 1769 - en Russie 1812). Fils de Nicolas-Joseph Denayer et d'Elisabeth Marchand. Elève à l'Académie, il est employé de bureau au ministère de la Guerre (1791). Marié à Louise-Agnès-Catherine Mignot en l'an II, ingénieur topographe, il réalise le plan en relief du champ de bataille d'Austerlitz en 1806. Capitaine de 2e classe le 30 janvier 1809, il est envoyé en mission à Este (Italie). La même année, il se met à la tête de 70 dragons et de quelques fantassins du 32e léger italien, repousse des insurgés et capture leur chef. Au cours de la campagne de Russie, il devient aide de camp du général Mathieu Dumas et disparaît, à l'âge de 43 ans.

DENIS (Pierre), sous-lieutenant (Guindrecourt-sur-Blaise 7 juillet 1779). Fils de Juste Denis, laboureur, et d'Anne Buat. Entré en service le 1er décembre 1799 dans la 65e demi-brigade d'infanterie de ligne, il sert à l'armée des Côtes de l'an XI à l'an XIII, puis à l'armée du Nord de l'an XIV à 1806. Caporal le 6 juin 1806, sergent le 1er avril 1807, il sert en Hollande et en Zélande de 1807 à 1809. Sergent-major le 3 octobre 1809, en service à Walcheren en 1810, il est nommé sous-lieutenant au même corps, à l'âge de 33 ans. Il s'agit peut-être du lieutenant du 65e de ligne tué le 18 octobre 1813 à Leipzig selon A. Martinien.

DONNOT (Pierre), capitaine (Prauthoy 18 mars 1765 - Belfort, Territoire de Belfort, 24 décembre 1818). Fils de Jacques Donnot, vigneron, et de Marie Bourcey. Il se marie en 1792 à Bastia avec Marie Ghio. Sous-lieutenant, il sert dans la 63e demi-brigade d'infanterie de ligne, en 1802. Lieutenant le 5 octobre 1803, puis capitaine au même corps, il est blessé à Talavera (1809). Chevalier de la Légion d'honneur le 23 janvier 1811, il commande la 3e compagnie du 5e bataillon du 63e de ligne, à Belfort, en 1813-1814. Cessant de servir le 1er juillet 1818, il décède capitaine d'infanterie retraité en son domicile du 226, rue des Armes. Selon son acte de décès, il était l'époux d'Antoinette Guyon.

DROUOT (Claude), capitaine (Corgirnon 13 juillet 1777 - Dresde 21 octobre 1813). Fils de Pierre Drouot, laboureur, et de Jeanne Varney. Laboureur, entré en service le 20 juin 1799 dans la 76e demi-brigade d'infanterie de ligne, il est nommé caporal le 22 avril 1802, puis sergent le 22 mars 1805. Sergent-major le 1er juillet 1808, puis adjudant sous-officier le 14 novembre 1808, il est nommé sous-lieutenant au même corps le 13 mai 1811, à l'âge de 34 ans. Capitaine (1813) au même régiment, blessé le 13 octobre 1813, il décède le 21 octobre 1813, à l'âge de 36 ans. Il était membre de la Légion d'honneur selon C. Penichon.

DROUOT (Pierre), sous-lieutenant (Parnot 11 septembre 1774 - Vienne, Autriche, 23 octobre 1809). Fils de Blaise Drouot, laboureur, et de Jeanne Rolot. Entré en service le 1er septembre 1793, il sert au 2e bataillon de la 31e demi-brigade d'infanterie de ligne. Passé dans la 105e demi-brigade d'infanterie de ligne le 20 juin 1803, il a été nommé successivement caporal le 28 septembre 1799, caporal fourrier le 28 novembre 1799, sergent et sergent-major le 11 janvier 1803. Blessé d'un coup de feu à la jambe gauche à Eylau (1807), il est nommé par décret sous-lieutenant au même corps (1809), à l'âge de 35 ans. Il décède la même année à l'hôpital de Vienne (Autriche). 

DUCROCQ (François-Henri), lieutenant (Joinville 27 janvier 1783 - Leipzig 16 octobre 1813). Fils d'Antoine Ducrocq, cavalier italien au régiment de Languedoc dragons en garnison à Joinville, et de Jeanne Soyez. Il est promu sous-lieutenant au 6e régiment de chasseurs à cheval le 9 juin 1812, à l'âge de 29 ans. Blessé à La Moskowa, lieutenant le 16 août 1813 (rang du 24 juillet 1813), il est tué à la bataille de Leipzig (le 16 octobre 1813 selon le registre des officiers, le 18 selon A. Martinien).

GAILLET (Jean), sous-lieutenant (Chamouilley 6 juin 1775 - Wilna, Russie, 25 janvier 1813). Fils de Pierre, maréchal ferrant, et de Marie Pissot. Domicilié à Wassy. Engagé volontaire le 20 avril 1794 dans le 1er bataillon des chasseurs de la Marne, il passe dans la 16e demi-brigade puis la 20e demi-brigade d'infanterie légère. Incorporé le 18 janvier 1798 dans la 3e demi-brigade d'infanterie de ligne, il est blessé d'un coup de feu à l'épaule droite au blocus de Gênes le 30 avril 1800. Caporal le 29 mai 1800, il est nommé sergent le 30 juillet 1803. Sergent-major le 14 janvier (ou juillet) 1806, il passe au 105e régiment d'infanterie de ligne le 16 juin 1808. Adjudant sous-officier le 1er février 1811, nommé sous-lieutenant, il est blessé le 10 décembre 1812 devant Wilna en Russie (selon A. Martinien). Sous-lieutenant au 4e bataillon du régiment, il décède par suite de fièvre, à l'âge de 38 ans.

GELY (François), capitaine (Langres 6 avril 1759 - Auerstaedt 14 octobre 1806). Fils de Claude Gely, musicien de l'église cathédrale, et de Françoise Gillot. Engagé le 10 février 1778 au régiment d'infanterie du Boulonnais, dit Roland, il est congédié le 10 février 1786. Il est nommé capitaine le 15 mai 1793. Officier au 13e régiment d'infanterie légère, en 1804, puis en Prusse, il est tué à Auerstaedt selon A. Martinien.

GERARD (Pierre), lieutenant (Sommevoire 2 mars 1758 - Mâcon, Saône-et-Loire, 26 mars 1824). Fils de Nicolas Gérard, drapier, et de Marie-Anne Blumeray. Il se marie en 1800, à Chalon-sur-Saône. Lieutenant, il commande le dépôt de gendarmerie à Chalon-sur-Saône, en 1812.

GILLET (Joseph), capitaine (Bouzancourt 7 juin 1775 - Metz, Moselle, 14 juillet 1822). Fils de Claude Gillet et de Marie Duchêne. Officier d'état-major de place, il se marie en 1803 à Cologne avec Anne-Marie Schieffer. Il sera capitaine, archiviste dans la 3e division militaire.

GILLOT (Jean-Baptiste-Hubert), sous-lieutenant (Langres 3 novembre 1772 - Cintrey, Haute-Saône, 31 juillet 1832). Fils de Laurent Gillot, fondeur, et de Marguerite Henriot. Maréchal des logis au 11e régiment de dragons, il est nommé sous-lieutenant au même corps le 9 octobre 1813, à l'âge de 41 ans. Il est blessé le 14 octobre 1813 à Wachau et le 20 janvier 1814 dans une reconnaissance, selon A. Martinien. Puis il est mis à la retraite. Marié en 1820 à Cintrey (Haute-Saône) avec Anne-Catherine Chevallier.

GREPINET (Jean-Claude), sous-lieutenant (Bourbonne-les-Bains 25 juillet 1779). Remplaçant, il est incorporé le 19 juin 1799 dans la 57e demi-brigade d'infanterie de ligne. Caporal le 21 avril 1802, fourrier le 7 mai 1802, il est nommé sergent le 25 avril 1809. Adjudant sous-officier le 26 août 1809, il est promu sous-lieutenant par décret du 30 octobre 1812, à l'âge de 33 ans. Il disparaît le 16 novembre 1812 pendant la retraite de Russie selon C. Pénichon.

HABERT (Nicolas-Quentin), lieutenant (Nijon 12 juillet 1783). Fils de Jean-Baptiste Habert de Marie-Marguerite Quentin. Frère du lieutenant Jean-François Habert, demi-frère du colonel Jean-Nicolas Habert (Officiers haut-marnais, p. 66-68, p. 204). Lieutenant du génie.

HUOT (Pierre), sous-lieutenant (Langres 24 novembre 1779). Fils d'Etienne Huot et de Catherine Hugot. Tisserand, il est incorporé le 17 juin 1799 dans la 36e demi-brigade d'infanterie de ligne. Caporal le 21 mai 1802, fourrier le 23 septembre 1802, il est promu sergent le 29 avril 1804. Sergent-major le 1er juillet 1808 puis adjudant le 9 août 1809, il est nommé sous-lieutenant le 17 septembre 1809, à l'âge de 30 ans. Officier au même corps, il est blessé à Busaco (1810) selon A. Martinien.

JACQUIN (François-Joseph), capitaine (Poissons 21 septembre 1767). Fils de Nicolas Jacquin et de Marie Rambeau. Lieutenant au 155e régiment d'infanterie de ligne, il est blessé le 16 octobre 1813 à Leipzig puis le 9 février 1814 à La Ferté-sous-Jouarre. Il sera capitaine au même corps le SHD.

JACQUOT (Zéphirin), capitaine (Louvemont 24 août 1776 - en Espagne 14 mars 1811). Fils de François Jacquot, commis à la forge du Châtelier, et de Jeanne Adam. Entré en service en 1792, il est nommé lieutenant d'artillerie le 16 mars 1797, à l'âge de 21 ans. Capitaine le 29 octobre 1803, il est officier au 7e régiment d'artillerie à pied, à Strasbourg, comme capitaine en second. Officier au 5e régiment d'artillerie à pied, membre de la Légion d'honneur, il est blessé le 6 mars 1811 lors du siège de Badajoz - ses jambes ont été "fracassées par un éclat de bombe" - et décède le 14 mars 1811 (selon A. Martinien).

JEANDOT (Claude), lieutenant (Saint-Thiébault 9 novembre 1770 - Péronne, Somme, 10 juillet 1821). Dit aussi Charles-Claude Jeandot. Fils de Félix-Joseph Jeandot, domicilié à Vivier-le-Gros (Vosges), et de Lucie Chailly. Ayant perdu un oeil au passage du Mincio, adjudant sous-officier au 6e régiment d'artillerie à pied, en 1805, il est garde magasin d'artillerie de la place de Péronne quand, sur autorisation du ministre de la Guerre, il se marie le 11 décembre 1808 à Péronne avec Madeleine-Célestine Vaillant. Garde de 3e classe à Péronne, il défend jusqu'au 26 juin 1815 la place contre les Anglais après Waterloo (1815) et passe pour avoir tiré "les derniers coups de canon qu'on ait entendus jusqu'à Paris" (lettre de Béranger à A. Thiers en 1833). Il cesse de servir le 1er avril 1816 comme lieutenant garde d'artillerie. L'auteur d'une histoire de la ville de Péronne le qualifie de "zélé bonapartiste". Officier retraité, il est domicilié à Neuville-lès-Bray (Somme) où naît un fils - futur chef d'escadron d'artillerie - en 1819.

LAMORRE (Joseph), sous-lieutenant (Fronville 25 mai 1786 - en Espagne 26 août 1812). Fils de Charles Lamorre et de Madeleine de la Veuve des Chénois. Frère du lieutenant Antoine Lamorre (Officiers haut-marnais de Napoléon, p. 217). Admis comme vélite dans la Garde impériale le 11 avril 1805, il fait les campagnes de l'an XIV à 1807. Sous-lieutenant au 25e régiment d'infanterie légère, il est blessé le 22 juillet 1812 au combat en Espagne, et décède le 26 août 1812 (selon A. Martinien), à l'âge de 26 ans.

LAPAUME (Louis), lieutenant (Vaillant 16 janvier 1773 - en Italie 17 novembre 1805). Fils de Louis Lapaume, manouvrier, et de Madeleine Camus. Il est sous-lieutenant dans la 77e demi-brigade d'infanterie de ligne, en 1802. Lieutenant le 20 juin 1803, servant au 79e régiment d'infanterie de ligne (où a été versée la 77e demi-brigade), il meurt noyé au passage de l'Isonzo (selon A. Martinien), à l'âge de 32 ans. Frère de François Lapaume (1775-1835), lieutenant aux Invalides.

LAPROVOTTE (François), sous-lieutenant (Montesson 13 mars 1778). Fils de Nicolas Laprovotte et de Reine Fournier. Domicilié à Ouge (Haute-Saône), conscrit de l'an VII, il est incorporé dans la 23e demi-brigade d'infanterie de ligne le 13 décembre 1798. Caporal le 26 juillet 1802, il est nommé fourrier le 16 août 1809, puis sergent le 11 mai 1811. Sergent-major le 24 février 1813, vaguemestre le 11 avril 1813, il est nommé sous-lieutenant au même corps le 8 juillet 1813, à l'âge de 35 ans. Il est blessé le 6 septembre 1813 à Juterbock (Saxe) selon A. Martinien.

LEFE(B)VRE (Nicolas), lieutenant (Troischamps 17 mai 1757). Fils de Pierre Lefebvre et de Françoise Messager. Il est nommé sous-lieutenant le 23 septembre 1800, à l'âge de 43 ans. Officier au 102e régiment d'infanterie de ligne, il passe lieutenant le 21 septembre 1806 puis il est retraité le 19 octobre 1808.

LEGROS (Jean-Bernard-Louis), sous-lieutenant (Bourbonne-les-Bains 24 août 1782). Fils de Louis-Nicolas Legros, receveur des aides et directeur des postes, et de Claudette-Gasparine Le Normand. Il est nommé sous-lieutenant au 17e régiment de dragons le 7 décembre 1814, avec rang du 12 juin 1813, à l'âge de 32 ans.

LOGEROT (Jacques), lieutenant (Anrosey 4 décembre 1773 - Sorento, royaume de Naples, 16 janvier 1808). Fils de Jean Logerot, tonnelier, et de Marguerite Briandet. Il est nommé sous-lieutenant le 8 septembre 1803, à l'âge de 30 ans. Officier dans la 52e demi-brigade (puis régiment) d'infanterie de ligne, promu lieutenant, il est nommé membre de la Légion d'honneur le 23 octobre 1808. Lieutenant dans la compagnie de grenadiers du 1er bataillon du 52e régiment d'infanterie de ligne, il décède de maladie dans sa chambre, à l'âge de 35 ans.

MALAUMONT (Jacques-François), lieutenant (Bettancourt-la-Ferrée 23 août 1785). Fils de Claude-François Malaumont, manouvrier, et de Marie-Thérèse Burteau. Volontaire auprès du maréchal Lefebvre le 15 mars 1808, il est nommé sous-lieutenant à la suite du 26e régiment d'infanterie légère le 11 octobre 1809, à l'âge de 24 ans. Ayant pris part à la Campagne d'Allemagne, passé sous-lieutenant titulaire au 2e régiment d'infanterie de ligne le 15 décembre 1809 (en remplacement de M. Dieu), il est proposé pour le grade de lieutenant dans la 1ère compagnie du 1er bataillon (en remplacement de M. Lecoq, passé capitaine), le 26 décembre 1811. 

MALAUMONT (Jean), lieutenant (Bettancourt-la-Ferrée 25 février 1776). Frère du précédent. Entré en service au 1er bataillon de réquisition du district de Saint-Dizier (an II), il passe comme pionnier de la 6e compagnie à l'armée de la Moselle le 15 novembre 1793. Caporal au 8e bataillon de sapeurs le 5 mars 1794, il sert à l'armée de Sambre-et-Meuse en l'an III et l'an IV de la République. Sergent le 13 juin 1796, il est conservé au 3e bataillon de sapeurs à son organisation le 18 juin 1798. Ayant servi aux armées du Rhin (an V), du Danube et du Rhin (ans VII et VIII), il est nommé sous-lieutenant par le Premier consul le 28 février 1800, à l'âge de 24 ans, après les combats d'Ostrach et Libtengen. Le 26 novembre 1802, alors qu'il sert comme lieutenant en second dans la 7e compagnie du 4e bataillon de sapeurs, il fait une demande - appuyée par les généraux Moreau, Lecourbe et Montrichard - d'un sabre d'honneur. Le rapport stipule qu'il est distingué près de Sulgaw en délivrant une ambulance française prise par l'ennemi et en forçant ce dernier à retraiter ; que dans une reconnaissance du pont de l'Inn, le 9 décembre 1800, il est passé sur la rive opposée et a poussé l'ennemi à l'abandonner ; qu'il a donné des "preuves de son courage" lors du passage de la Salach, se jetant à l'eau sous les balles, découvrant un gué, revenant et passant le cours d'eau à la tête de trois compagnies de la 108e demi-brigade d'infanterie de ligne. Le 25 septembre 1805, le ministre de la Guerre demande au général Lauriston, gouverneur de Branau, que Malaumont soit "arrêté et livré aux tribunaux". L'officier voit sa démission acceptée le 31 janvier 1806. Source : dossier d'officier, GR 2 YE 2661, SHD.

MARIVET (Constant-Toussaint), lieutenant (Dammartin-sur-Meuse 25 septembre 1763). Il est sous-lieutenant au 1er bataillon de sapeurs, en 1802. Nommé lieutenant de 2e classe le 22 décembre 1801 ou 15 mars 1802, il sert au 2e bataillon de sapeurs, en 1804, en 1806, mais n'apparaît plus dans l'état de 1807.

MIELLE (François), capitaine (Vesvres-sous-Chalancey 16 mars 1748 - Saint-Martin-de-Ré, Charente-Maritime, 9 mai 1817). Fils de François Mielle, laboureur, et de Jeanne Baillet. Il s'engage en 1769 dans le régiment d'artillerie de Strasbourg. Nommé officier (1793), à l'âge de 45 ans, il est lieutenant en premier au 5e régiment d'artillerie à pied, grade confirmé depuis l'an IV de la République. Capitaine le 20 février 1801, il est capitaine en second au même corps, à l'île de Ré, en 1802, puis toujours capitaine dans ce régiment, en 1805. Marié en 1803 à Saint-Martin-du-Ré avec Marie-Thérèse Blaideau, il est retraité.

MITAUT (Joseph), lieutenant (Heuilley-Cotton 22 août 1787). Fils de Didier Mitaut et de Françoise Thirion. Etudiant, il part rejoindre le régiment de fusiliers de la Garde impériale le 28 octobre 1808. Lieutenant au 28e régiment d'infanterie légère, il est blessé le 13 décembre 1813 à Saint-Pierre-d'Irube.

MONIER (Hubert), lieutenant (Doulevant-le-Château 31 juillet 1785 - Castalla, Espagne, 13 avril 1813). Ou Monnier. Fils de Louis Monier, jardinier, et de Lucie Thomassin. Lieutenant au 3e régiment d'infanterie légère, il est tué en Espagne, à l'âge de 38 ans, selon A. Martinien.

MOUILLET (François), capitaine (Manois 14 juillet 1767 - en Russie 1812). Fils d'Urbain Mouillet, manouvrier, et de Françoise Mirandé. Entré en service en 1787, il est nommé lieutenant le 11 juin 1794, à l'âge de 27 ans. Capitaine le 23 septembre 1799, il est capitaine de 2e classe au 4e régiment d'artillerie à cheval, employé dans une place, en 1802. Passé capitaine de 1ère classe le 19 août 1802, il sert au même corps, à Turin, en 1804. Capitaine-commandant au même corps, en 1811, il commande la 6e compagnie (attachée à la division de cavalerie légère du 3e corps des réserves de cavalerie en Russie), d'après les souvenirs du général Griois. Il est blessé mortellement à la bataille de La Moskowa, selon A. Martinien, à l'âge de 45 ans.

PAILLETTE (François), sous-lieutenant (Andelot 3 septembre 1765 - Bar-le-Duc, Meuse, 1er avril 1837). Fils de Jean-Pierre Paillette et de Jeanne Royer. Il s'engage le 21 avril 1784 dans le régiment d'artillerie d'Auxonne. Sous-lieutenant quartier-maître trésorier de la gendarmerie de la Meuse, il se marie en 1802 à Montier-en-Der avec Marie-Emilie Lassire. Il occupe la même fonction, en 1807.

PARIZET (Charles-François-Louis), capitaine (Saint-Dizier 28 octobre 1766 - 11 août 1805). Capitaine dans la 101e demi-brigade (puis régiment) d'infanterie de ligne, il employé auprès d'un général (Montchoisy) au moment de son décès.

PEIGNOT (François-Emile), sous-lieutenant (Arc-en-Barrois 27 décembre 1793). Fils d'Etienne-Gabriel Peignot, célèbre homme de loi, avocat à Vesoul, et de Françoise Durget. Elève à l'école spéciale militaire de Fontainebleau (matricule 3 306), sous-lieutenant au 69e régiment d'infanterie de ligne, il est blessé le 26 août 1813 à Dresde (selon A. Martinien). Il serait décédé le 13 novembre 1813. Son demi-frère Jean-Joseph (1795-1860), né à Vesoul, a été garde d'honneur en 1813.

PERIN (Etienne), capitaine (Saint-Dizier 30 août 1765 - Molsheim, Bas-Rhin, 2 octobre 1809). Fils de Toussaint Perin et de Marie-Catherine Gaillard. Marié avant 1796 à Marie-Louise-Odile Haussmann, il est promu capitaine le 29 mai 1802. Quartier-maître trésorier du 8e régiment de dragons, en 1802, employé au dépôt du régiment, il décède en son domicile à l'âge de 44 ans.

PERROT (Benigne), capitaine (Aprey 4 novembre 1773). Fils de François Perrot, manouvrier, et de Jeanne Monjardet. Mémoire des Hommes le dit né le 30 avril 1773. Canonnier le 12 septembre 1792, il sert dans la 33e demi-brigade d'infanterie de ligne, puis passe au 5e régiment d'artillerie en l'an IV. Il est nommé sous-lieutenant le 30 mai 1799, à l'âge de 27 ans. Officier au 17e régiment d'infanterie de ligne, en 1805, il semble correspondre au capitaine Perot tué à Wagram selon A. Martinien.

PILLOT (Claude-Gabriel), sous-lieutenant (Soulaucourt-sur-Mouzon 19 décembre 1787 - 8 août 1815). Fils de François Pillot, charpentier, et d'Elisabeth Guillaume. Charpentier, il entre en service le 6 novembre 1808 dans le 1er régiment de tirailleurs-chasseurs de la Garde impériale. Il fait les campagnes d'Allemagne (1809) et d'Espagne (1810-1811). Admis dans le bataillon d'élite de Fontainebleau le 25 avril 1811, sergent le 26 septembre 1811, il passe au 6e régiment de voltigeurs de la Garde impériale le 5 octobre 1811. Il se bat en Russie puis passe au 5e régiment de tirailleurs de la Garde impériale le 7 mars 1813. Nommé sous-lieutenant par décret le 8 avril 1813, à l'âge de 26 ans, il sert dans la 2e compagnie du 1er bataillon du même corps. Blessé le 26 août 1813 à Dresde (selon A. Martinien), il est lieutenant au 23e régiment d'infanterie de ligne la même année, selon le SHD. Il s'agit sans doute du sous-lieutenant Pillot, du 23e régiment d'infanterie de ligne, blessé le 18 juin 1815 à Wavre (Belgique), décédé le 8 août 1815 (selon A. Martinien).

PITOIS (Jean-Baptiste), sous-lieutenant (Chaumont 16 mars 1765). Fils de Jean-Claude Pitoy [sic], compagnon drapier, et de Marguerite Angelot. Incorporé le 8 janvier 1785, caporal le 21 juin 1787, il est nommé sergent le 1er juin 1792. Sergent-major le 28 août 1793, adjudant sous-officier le 19 août 1800, il sert dans la 55e demi-brigade d'infanterie de ligne. Nommé sous-lieutenant le 21 mai 1804, à l'âge de 39 ans, il est congédié avec pension en 1809.

POPIN (Jean-Baptiste), lieutenant (Perrusse 9 avril 1783 - 29 juillet 1878). Il est nommé lieutenant le 24 septembre 1813. Adjudant-major au 1er régiment du génie, en 1820, il est capitaine au même corps, chevalier de la Légion d'honneur (1827). Il totalise 38 ans de services en 1838. Capitaine retraité, il est domicilié à Metz, en 1864.

RAULET (Nicolas), sous-lieutenant (Mussey-sur-Marne 10 juillet 1779). Ou Rollet. Fils de Jean Raulet et de Jeanne Olivier. Il est indiqué né le 13 juillet 1779 à Mussé (Marne) dans ses états de services (Rollet) ou né le 4 juillet 1779 sous le nom de Jean-Baptiste Rolet selon son dossier d'officier. Incorporé le 19 avril 1800 dans le bataillon complémentaire de la 85e demi-brigade (puis régiment) d'infanterie de ligne, fusilier, il est nommé caporal le 7 septembre 1806. Sergent le 18 février 1806, il est blessé à Iéna. Il est nommé sous-lieutenant au même corps le 11 août 1812, à l'âge de 33 ans.

REGNARD (Pierre), lieutenant (Chaumont 25 février 1776 - Dieppe, Seine-Maritime, 7 septembre 1816). Ou Renard. Fils de Louis Regnard, premier huissier à la maîtrise de Chaumont, et de Françoise Laurent. Frère du capitaine Jean-Baptiste Regnard (Officiers haut-marnais, p. 269-270). Originaire de la paroisse Saint-Jean-Baptiste. Son dossier au SHD le dit né le 28 septembre 1786 à Chaumont. Canonnier dans la 4e compagnie du 4e régiment d'artillerie à Granville (Manche), il se marie dans cette commune en janvier 1799 avec Jeanne-Nicolas Aubert. Officier dans la 5e compagnie de canonniers vétérans à Ostende (Belgique), en 1813 (à la naissance d'un fils à Granville), il est lieutenant dans la 12e compagnie de canonniers vétérans à son décès à Dieppe à l'âge de 40 ans. 

REGNAULT (Nicolas), lieutenant (Osne-le-Val 10 février 1772). Dit également Renaud. Fils de Joseph Regnault et de Marguerite de Bar (Debard). Sortant de l'artillerie, il est chasseur dans la 7e compagnie de la 10e (puis 20e) demi-brigade d'infanterie légère. Caporal le 8 mars 1799, hospitalisé le 15 août 1799, il est rayé des contrôles le 21 mars 1800. Passé au 7e régiment d'infanterie légère, il y sert comme lieutenant en Russie. Les documents militaires le disent né à Aimeleval (sic), district de Joinville, le 11 février 1771.

REMY (Dominique), capitaine (Soulaincourt 10 février 1775). Fils de Nicolas Remy. Sous-lieutenant au 5e régiment d'infanterie légère, il est blessé le 27 janvier 1809 à Saragosse, puis de nouveau dans cette même ville le 16 mai 1809, comme lieutenant. Capitaine au même corps, il est blessé le 23 mai 1809 à Arcaniz.

RICHARD (Remy), sous-lieutenant (Mertrud 26 janvier 1777 - Tarragone, Espagne, 8 juillet 1811). Fils de François Richard, vannier, et de Françoise Ferron. Conscrit de l'an VII, il entre en service le 19 juin 1799 dans la 25e demi-brigade d'infanterie légère. Il fait les campagnes des Grisons (an VII), d'Italie (ans VIII et IX), d'Angleterre (ans XII-XIII). Caporal le 27 mai 1804, il passe au 7e régiment d'infanterie de ligne le 3 janvier 1805 puis au 5e régiment d'infanterie légère le 13 janvier 1805. Nommé sous-lieutenant au même corps, il est blessé le 16 juin 1811 à Tarragone et décède le 8 juillet 1811, selon A. Martinien.

RICHOUX (Jean-Baptiste), lieutenant (Chaumont 1er juillet 1774). Fils de Nicolas Richoux, bourgeois, et de Marie-Louise Robert. Nommé sous-lieutenant le 8 juin 1803, à l'âge de 29 ans, il est officier au 37e régiment d'infanterie de ligne, en 1804.

ROBERT (Nicolas), lieutenant (Montigny-le-Roi 17 novembre 1776). Fils de Henry Robert et de Marie Galliere. Conscrit, il entre en service le 19 juin 1799 dans la 57e demi-brigade d'infanterie de ligne. Caporal le 30 mai 1802, fourrier le 21 avril 1804, il est promu sergent le 10 décembre 1806. Sergent-major le 11 décembre 1806, adjudant sous-officier le 25 avril 1807, il est nommé sous-lieutenant le 3 juillet 1807, à l'âge de 31 ans. Selon Christophe Pénichon, il passe lieutenant le 10 octobre 1812, est capturé le 26 novembre 1812 en Russie, où il est présumé mort.

ROGER (Pierre), capitaine (Arc-en-Barrois 7 avril 1758 - Paris 17 mai 1834). Fils de Léonard Roger, laboureur, et de Nicole Rossignol. Il est capitaine au 122e régiment d'infanterie de ligne, en 1809. Il décède capitaine aux Invalides.

RONDOT Louis, lieutenant (Dommarien - en Italie 6 mars 1808). Il est né le 11 novembre 1767 à Dommarien selon son dossier d'officier. Ne s'agit-il pas plutôt de Louis Rondot, fils de Nicolas Rondot et de Marie Odot, né le 23 novembre 1764, voire de Louis Rondot, fils d'Etienne Rondot et de Rose Lepargy, né le 19 septembre 1777 ? Il est nommé sous-lieutenant le 12 décembre 1800 au 7e régiment de dragons. Lieutenant au même corps le 14 novembre 1806, il est fait membre de la Légion d'honneur le 30 novembre 1807. Il meurt à la suite d'une chute de cheval en Italie.

RONOT (Michel), capitaine (Vivey 8 décembre 1767 - Tarragone, Espagne, 31 mai 1811). Fils de Germain Ronot, laboureur, et de Françoise Maistrot. Elu sergent-major au 21e bataillon de volontaires nationaux dit des fédérés le 21 septembre 1792, il est nommé sous-lieutenant le 10 août 1793, à l'âge de 26 ans. Lieutenant le 4 novembre 1794, situé au 16e régiment d'infanterie de ligne en 1804, il passe capitaine le 16 mai 1806. Capitaine de la 4e compagnie du 1er bataillon du 16e régiment d'infanterie de ligne, il meurt à 4 heures du soir le 31 mai 1811 des suites d'un coup de feu, à l'âge de 45 ans.

ROUSSELLE (Zénon), lieutenant (Wassy 21 décembre 1792 - Paris 4 novembre 1873). Fils de Nicolas-François Rousselle, greffier, et de Marie-Marguerite Humbert. Elève à l'école spéciale militaire de Saint-Cyr (matricule 3 178), il est lieutenant au 70e régiment d'infanterie de ligne, aide de camp du général Jamin, en 1814. Percepteur des contributions directes, il se marie en 1816 à Lion-devant-Dun (Meuse) avec Anne-Marguerite Riche.

ROUTIER (Edme-François), sous-lieutenant (Vaudrémont 18 juin 1781 - Dissangis, Yonne, 15 janvier 1849). Fils de François Routier, maçon, et de Marie Hugny. Il est sous-lieutenant au 12e régiment d'infanterie légère à son mariage, en septembre 1814 à Vaudrémont, avec Claudine Daumont. Le SHD le situe sous-lieutenant au 5e régiment de tirailleurs de la Garde de Paris (sic). Il se marie en 1818 à Dissangis (Yonne) avec Jeanne-Edmée Vernet, puis en 1821 à Massangis (Yonne) avec Edmée Riotte.

SERGENT (Georges-Amélie-Gabriel), capitaine (Saint-Dizier 28 février 1786). Fils de François Sergent, contrôleur des actes de domaines du roi, et de Marguerite Rabiat. Capitaine d'artillerie (de marine) retraité, il se marie en 1819 à Chalon-sur-Saône (où il est domicilié) avec Marie-Emmanuel Bonnot.

THEVENIN (François), lieutenant (Prez-sous-Lafauche 26 août 1784 - en Catalogne 2 octobre 1812). Fils de Jean-Baptiste Thévenin et de Marianne Ninot. Incorporé dans la 60e demi-brigade (puis régiment) d'infanterie de ligne le 4 mars 1803, il passe fourrier en l'an XI de la République. Successivement sergent (24 novembre 1804), sergent-major (20 février 1805), adjudant (1er mars 1807), il est nommé sous-lieutenant par décret le 11 mai 1810, à l'âge de 26 ans. Lieutenant de grenadiers du 3e bataillon du même corps, il "est décédé à Aumelience [...] en Catalogne par suite de blessures qu'il reçut dans un combat le 2 octobre 1812".

THIEBAUT (Aubin-François), lieutenant (Enfonvelle 2 mai 1766). Fils d'Aubin Thiébaut, sergent de justice et vigneron, et de Françoise Bouvier, sage-femme. Originaire de Tiffauges (Vendée), il entre en service comme volontaire le 3 septembre 1792 dans le 4e bataillon de Paris. Caporal le 20 mars 1793, il passe sergent le 10 décembre 1793 puis sergent-major le 13 mai 1794. Nommé sous-lieutenant dans la 102e demi-brigade d'infanterie de ligne (1800), à l'âge de 34 ans, il passe lieutenant au même corps le 8 février 1802. Il est admis comme lieutenant invalide à l'hôpital de Charenton, ayant été démissionnaire le 6 avril 1806.

THOMAS (Juste), lieutenant (Saint-Dizier 9 août 1755 - Saint-Dizier 20 juin 1808). Fils de François Thomas et de Barbe Mogeot. Incorporé dans la 5e compagnie du 3e bataillon de volontaires nationaux de la Marne le 10 septembre 1791, il est nommé sous-lieutenant le 20 décembre 1792, à l'âge de 37 ans. Lieutenant le 1er mai 1793 (ou le 9 avril 1794), il passe dans la Demi-brigade du Finistère. Officier dans a 66e demi-brigade d'infanterie de ligne, en 1802, il est retraité le 18 septembre 1805. Il se marie en 1806 à Saint-Dizier avec Marie-Anne Anus. Officier pensionné du gouvernement, il décède au 250, rue du Tripot (Ville), à l'âge de 53 ans.

TIRANT (Nicolas-Marie), lieutenant (Langres 8 mai 1781 - Strasbourg, Bas-Rhin, 7 novembre 1825). Dit Tirant de Bury. Fils de François-Narcisse-Baudoin Tirant, écuyer, seigneur de Morrains, Flavigny, Buri et autres lieux, et de Marie-Anne Barrois de Sarrigny. Elève à l'Ecole polytechnique (1798-1801), il est nommé lieutenant le 23 septembre 1802, à l'âge de 21 ans. Lieutenant en premier au 7e régiment d'artillerie à pied, en 1805, il démissionne en 1807 et se marie avec Sophie Roesch, dont il aura plusieurs enfants nés à Soultz-sous-Forêts en 1811 et 1816.

TOUSSAINT (Christophe), sous-lieutenant (Saint-Dizier 26 septembre 1776 - Saint-Michel, Italie, 7 janvier 1813). Fils de Martin Toussaint, garde des bois du roi, et de Marie-Jeanne Roussel (paroisse de Gigny). Sous-lieutenant au 11e régiment de hussards, il est tué à la bataille de Saint-Michel, près de Vérone, le 7 janvier 1813 (selon son acte de décès). A. Martinien le dit plutôt tué le 19 novembre 1813 près de Caldiero.

VACHEROT (Jean-Baptiste), lieutenant (Luzy-sur-Marne 29 août 1772 - 24 mai 1809). Fils de Pierre Vacherot, tixier, et d'Anne Poncet. Il n'est pas né en 1776 à Luzy, contrairement à ce qu'indique le registre de son corps. Incorporé le 15 mars 1794, il sert dans la 12e demi-brigade d'infanterie, puis passe dans la 81e demi-brigade. Lieutenant au 81e régiment d'infanterie de ligne, blessé le 21 mai 1809 à Gospich (Croatie), il meurt le 24 mai 1809 selon A. Martinien. 

VARNEY (François), lieutenant (Prauthoy 16 juillet 1779). Ou Verney. Fils de Jacques Varney, vigneron, et de Reine Pretet. Entré en service le 19 avril 1800 dans le bataillon complémentaire de la 85e demi-brigade d'infanterie de ligne, fusilier, il est nommé caporal le 13 octobre 1802. Sergent-major de la 1ère compagnie du 1er bataillon le 26 avril 1805, il est nommé sous-lieutenant par décret le 7 avril 1809, à l'âge de 30 ans. Lieutenant au même corps, il est tué le 7 novembre 1812 sur la route de Smolensk, selon A. Martinien.

Officiers confirmés 

Parmi les 22 Haut-Marnais susceptibles d'avoir servi sous l'Empire recensés dans "Officiers haut-marnais de Napoléon", trois ont pu être depuis confirmés.

COLLIGNON (Sébastien), sous-lieutenant (Montier-en-Der 27 avril 1769 - Montier-en-Der 31 janvier 1815). Fils de Pierre Collignon, tailleur d'habits, et de Marie-Françoise Guillemin. Il est nommé sous-lieutenant le 28 février 1802, à l'âge de 33 ans, et sert dans la 44e demi-brigade d'infanterie de ligne, en 1804. Il est lieutenant d'infanterie pensionné. Il le frère de Louis Collignon, né à Montier-en-Der en 1768, engagé en 1786, grenadier puis caporal dans la 87e demi-brigade, passé dans la 78e demi-brigade en l'an IV.

NANCEY (Pierre), lieutenant (Chaumont 4 mars 1764 - Chaumont 18 octobre 1823). Fils de Claude-Bernard Nancey et de Marie-Jeanne Babouot. Magistrat du tribunal civil de Chaumont, il se marie dans cette ville en 1793 avec Sophie Levacher de Villeneuve. Incorporé dans le bataillon du train des équipages d'artillerie de la Garde impériale le 1er octobre 1811, comme maréchal des logis, il est promu maréchal des logis-chef le 1er février 1812 et sert en Russie. Nommé sous-lieutenant le 6 avril 1813, à l'âge de 49 ans, lieutenant de pionniers, il est en demi-solde à Chaumont, en 1815. Une fille épousera le capitaine Jacques-Nicolas Humbert.

PAILLARDIN (François), sous-lieutenant (Serqueux 14 juin 1771). Fils de Jacques Paillardin, laboureur, et de Jeanne Nicaise. Incorporé le 18 avril 1793 dans la 5e compagnie du 11e bataillon de volontaires nationaux des Vosges, passé à la 175e demi-brigade puis au 67e régiment d'infanterie de ligne, il est caporal le 23 septembre 1805. Sergent le 25 juin 1813, il est nommé sous-lieutenant au même corps le 4 décembre 1813, à l'âge de 42 ans. Il est officier retraité à Serqueux, en 1815. Son frère Jean-Baptiste, issu du régiment d'Austrasie, a servi également au 11e bataillon des Vosges.

Quelques compléments d'information

BERTRAND (Louis), lieutenant, de Louze (page 140) : il est sous-lieutenant au 17e régiment d'infanterie légère, en Russie.

DAUVERGNE (Jean-Claude), capitaine, de Joinville (page 166). Engagé dans l'armée du roi le 14 décembre 1787, il est nommé caporal le 1er avril 1791. Passé dans la 12e demi-brigade, il est nommé successivement sergent le 11 juillet 1795 et sergent-major le 16 décembre 1795. Passé à la 81e demi-brigade d'infanterie de ligne, il se marie en 1801. Lieutenant au même corps, en garnison à Besançon, il est père d'une fille en mai 1805. Il est blessé le 11 avril 1806 au siège de Curzolla (Italie). Il est ensuite capitaine au 8e bataillon de prisonniers de guerre, en 1811. Il décède le 14 mai 1826 à Lapalisse (Allier). 

GENUY (Jean), lieutenant, de Genevrières (page 189) : il entre en service le 13 août 1792 dans le 2e bataillon de volontaires nationaux de la Haute-Marne puis passe dans la 25e demi-brigade (puis régiment) d'infanterie de ligne. Admis dans la Garde consulaire le 17 février 1805, il est nommé caporal le 27 mars 1811 puis passe au bataillon d'instruction de Fontainebleau le 27 mars 1811. Il a servi notamment en Espagne en 1808 et en Allemagne en 1809.

GAUDRY (Jean-François-Augustin), sous-lieutenant, de Saint-Dizier (p. 187) : élève à l'école spéciale militaire le 8 mai 1809, il est nommé sous-lieutenant le 8 février 1812, à l'âge de 21 ans. Officier dans la 1ère compagnie du 5e bataillon du 48e régiment d'infanterie de ligne, il est pris le 10 décembre 1812 en Russie, et présumé mort. Source : C. PENICHON, Le corps du maréchal Davout dans la campagne de Russie.

LUQUET (François-Nicolas), lieutenant, de Langres (p. 230) : il est nommé lieutenant de 2e classe le 5 juillet 1800, à l'âge de, et sert dans le 1er bataillon de sapeurs, puis est promu lieutenant de 1ère classe le 7 janvier 1804, au 3e bataillon de sapeurs.

PERRIN (Prudent-Pascal), lieutenant, d'Autigny-le-Petit (p. 257) : il entre en service le 19 juillet 1795 dans la 54e demi-brigade devenue 89e demi-brigade. Il fait les campagnes de l'armée du Rhin (ans III à IX). Caporal le 20 janvier 1799, il passe fourrier le 21 janvier 1800. Sergent le 21 janvier 1802, il est promu sergent-major le 24 juin 1803. Il sert à Saint-Domingue (ans IX-XIII), où il est blessé le 16 septembre 1803 d'un coup de feu au bras gauche au Morne Pelé. Passé à la 86e demi-brigade d'infanterie de ligne le 23 septembre 1804, servant dans l'armée du Nord (an XIV), il est nommé sous-lieutenant le 17 octobre 1807, à l'âge de 33 ans.

ROBERT (Michel), capitaine (p. 275). Selon son acte de décès, il est né en Haute-Marne à Frete [sic] vers 1759. Il s'agit sans doute de Michel Robert, né à Frettes le 20 mars 1759, fils (posthume) de Jean-Louis Robert, pâtre, et d'Antoinette Moris. Capitaine dans la 95e demi-brigade d'infanterie de ligne, il est provisoirement destitué en l'an VIII de la République. Chef de bataillon en retraite, il vit à Gray (Haute-Saône) lorsqu'il déclare la naissance d'un fils, Charles-Michel Robert, né le 30 juin 1813, de Marie-Catherine-Suzanne Deshaies, couturière née à La Vespière (Calvados). Cet enfant décède à Neuf-Brisach le 9 avril 1814 à l'âge de 9 mois. Lui décède le 12 mai 1814 dans la même ville. Il s'agit peut-être de Michel Robert, adjudant-major du 6e bataillon des chasseurs du Nord le 6 février 1793, aide de camp le 17 juillet 1793, chef du 3e bataillon de la formation de Doué puis réintégré comme capitaine par décision du 13 mars 1796. 

ROBERT (Nicolas), capitaine, de Montier-en-Der (p. 275). Sous-lieutenant au 44e régiment d'infanterie de ligne, il est nommé lieutenant sur proposition datée du 13 octobre 1808. Affecté au 2e bataillon, passé capitaine, il est demandé pour occuper la fonction d'aide de camp du général de brigade Boussard (3e corps de l'armée d'Espagne) le 13 mai 1810. Il est tué le 26 décembre 1811 au passage du Guadalaviar. Dans son rapport, le général Suchet écrit : "Le général Boussard, à la tête de 60 hussards, passa la rivière, et chargea un escadron qu'il rompit, mais s'abandonna à la poursuite, il arrive sur la ligne des insurgés, blessé, il tomba aux mains de l'ennemi ; son brave aide de camp Robert périt en voulant lui faire un rempart de son corps..." Dans ses souvenirs, Aymar de Gonneville évoque aussi de cet officier qui "laissait une jeune veuve et deux enfants". Source : dossier d'officier, GR 2 YE 3545, SHD.

RUELLE (Gilles-Jérôme), capitaine, de Chaumont (p. 307) : il est capitaine au 6e bataillon de vétérans, en 1811, année où il est destiné à rejoindre un bataillon de prisonniers de guerre. Jorge Planas Campos et Antonio Grajal de Blas précisent qu'il a auparavant servi dans la 3e Légion de réserve et qu'il a été blessé le 19 juillet 1808 à Baylen (Espagne).

SYMON de LATREICHE (Charles-Guillaume-Fortuné), chef de bataillon, de Bourmont (p. 284). Selon ses déclarations, cet ancien émigré, qui s'est battu dans les rangs hollandais puis autrichiens, sert au 11e régiment de hussards sous le nom de "Berthoud" du 4 mai 1796 au 15 février 1798 ; se dit employé comme aide de camp volontaire dans la division de grenadiers Oudinot (an XIV - 1806) ; capitaine de la Légion hanovrienne le 10 juillet 1806 ; aide de camp du maréchal Kellermann le 21 septembre 1806 ; chef de bataillon dans la Légion du Nord le 2 janvier 1807 ; à l'état-major de la Grande Armée le 20 juillet 1807 ; à l'état-major du gouvernement de Dantzig en 1808 ; à l'armée d'Allemagne le 1er avril 1809 ; à l'état-major de l'armée du Midi en Espagne le 9 novembre 1810, ne rejoint pas ; à l'état-major de l'armée d'Espagne et du Portugal le 27 mai 1811 ; à l'état-major de la Grande Armée le 3 mai 1813 ; à l'état-major de la 3e division militaire de Metz le 21 janvier 1814 ; présent au blocus de Mayence. Source : dossiers individuels d'officier, GR 2 YE 3858 et GR 3 YF 43129, SHD.

Sources complémentaires : dictionnaires biographiques d'officiers établis par Christophe Pénichon ; Jorge PLANAS CAMPOS et Antonio GRAJAL DE BLAS, Officiers de Napoléon tués ou blessés pendant la Guerre d'Espagne (1808-1814), deux volumes, Foro para el studio de la historia militar de Espana, 2020 ; registres de contrôles de troupes et registres matricules, site Mémoire des Hommes, SHD ; Geneanet ; actes d'état civil mis en ligne par différentes Archives départementales. 






























vendredi 6 février 2026

Le chef de bataillon Joseph-Antoine Mougeot, dit Demougeot (1766-1811)

 

La bataille de Cholet, où fut blessé l'Eclaronnais.


    Fils de Jean Mougeot, voiturier puis manouvrier, et de Marie-Madeleine Colson, Joseph-Antoine Mougeot naît à Eclaron (Haute-Marne) le 25 mars 1766, cinquième des six enfants du couple. Il grandit dans le bourg et s'engage le 26 janvier 1785 dans le régiment de Bassigny dont le dépôt est à Metz, compagnie Lanoailles. Le soldat Mougeot dit Moujot mesure cinq pieds, trois pouces. Son état de militaire ne l'empêche pas de revenir à Eclaron pour assister aux obsèques de son neveu Jean-Emmanuel Chabridon, le 30 mai 1785, puis au baptême d'un autre neveu, Louis-Antoine Chabridon, le 9 mars 1788.

    Pendant la Révolution, alors que son corps est devenu 32e régiment d'infanterie, Mougeot est désigné le 25 novembre 1791 pour servir dans la garde constitutionnelle du roi Louis XVI, compagnie du capitaine de Marcilly. Il y est bien noté pour son service. Après le licenciement (le 5 juin 1792 aux Tuileries) de cette garde cantonnée à l'Ecole militaire à Paris, le Haut-Marnais est nommé capitaine de pionniers le 10 mars 1793. Dès lors, il fait les campagnes de l'Ouest de la France, entre l'an II et l'an VI.

Cher de bataillon à 29 ans

    Il est blessé le 24 octobre 1793 à Entrain puis le 8 février 1794 à la reprise de Cholet (Maine-et-Loire), quand - dit Mougeot - l'adjudant-général Moulin "se brûla la cervelle, se voyant pris par les brigands". Capitaine au 12e bataillon de sapeurs dont il commande la 1ère compagnie le 8 mai 1794, Mougeot se marie le 20 juillet 1794 à Brest (Finistère) avec Marie-Julienne Rebour*, 20 ans, originaire de Lorient (Morbihan). L'union est célébrée devant Félix Nouvelle, chef du bataillon, et le capitaine Vincent Provence, du même corps. Son fils Vincent-Marie-Joseph Mougeot naît le 3 juillet 1795 à Brest, sa fille Marie-Louise-Adélaïde** le 16 juin 1796 dans la même ville.

    Entre-temps, Joseph-Antoine Mougeot est passé chef de bataillon du 12e bataillon de sapeurs, le 20 juin 1795, à l'âge de 29 ans, en remplacement de son ami Nouvelle destitué. Après la réduction du nombre de bataillons de sapeurs (de douze à quatre), après le traité de Campo Formio, il est réformé le 17 août 1798. Toutefois, occasionnellement, le Haut-Marnais occupe différents postes en l'an VII et l'an VIII de la République : commandant du dépôt d'Indre-et-Loire, chef du bataillon auxiliaire du Loir-et-Cher, chef de bataillon auxiliaire en Seine-et-Oise, chef de bataillon à Lyon, membre du premier conseil de guerre de la 19e division militaire, attaché au dépôt général des réquisitionnaires et conscrits... C'est à Lyon, le 31 mars 1800, que naît un troisième enfant, Elisabetth-Joséphine - Mougeot, "chef de bataillon attaché au premier conseil de guerre de la 19e division militaire", est alors logé au 110, place de la Liberté.

    Localisé par la préfecture de la Haute-Marne comme chef de bataillon en non activité à Eclaron, Mougeot retrouve un emploi comme adjudant de côtes le 6 juillet 1803, dans la direction d'artillerie de Cherbourg (14e division militaire). Il a rang de chef de bataillon. Membre de la Légion d'honneur le 14 juin 1804, il  est soupçonné d'être impliqué dans une affaire de contrebande entre les côtes de la Manche et l'Angleterre, mais il ne semble pas qu'il y ait eu de suite à ce dosier. La même année, Mougeot perd son épouse Marie-Julienne Rebour le 31 mars 1805, à Cherbourg, section du nord. Dans l'acte de décès, il est alors qualifié - à tort - de lieutenant-colonel.

Le Hanovre, la Hollande, l'Espagne

    Le 28 octobre 1808, le chef de bataillon Mougeot est admis au traitement de réforme en attendant un commandement d'arme de 4e classe. Remplacé à Cherbourg par Fortunat Milon, il fait l'objet, le 16 mai 1809, d'une proposition de mise à disposition du général Lasalcette, gouverneur de Hanovre. Remarié, le 8 juin 1809, avec une jeune Parisienne, Anne-Edmée-Marcelline Douis, 22 ans, il reçoit enfin l'ordre le 3 juillet 1809 de commander la place de Lunebourg (Hanovre). Puis il est affecté à la place de Grave (Hollande).

    Nouvelle affectation : en Espagne. Le chef de bataillon Mougeot - qui se fait appeler Demougeot ou de Mougeot voire de Mongeot - est nommé chef d'état-major du 3e gouvernement de la province de Grenade, dans le périmètre de l'Armée du Midi. Au 1er avril 1811, il a pour aide de camp le lieutenant Augustin. 

    Mais la fièvre jaune fait des ravages en Andalousie. Elle emporte l'officier haut-marnais le 19 avril 1811, à 7 heures du matin, à l'âge de 45 ans. Sur l'initiative de son frère François-Laurent Demougeot, qui réside à Paris, son nom sera rectifié en Demougeot par jugement du tribunal civil de Wassy (Haute-Marne) le 30 octobre 1811.

    Par décret du 9 septembre 1811, sa veuve, qui habite au 30, rue Mazarine à Paris, perçoit une pension viagère de 300 F. Non remariée, elle meurt en 1841 à Charenton-Saint-Maurice.

    Son fils Vincent Demougeot, élève au lycée de Caen, intègre en 1813 le bataillon d'instruction des grenadiers à pied de la Garde impériale. Nommé fourrier, il sert successivement au 13e régiment de tirailleurs et au 3e régiment de voltigeurs de la Garde. Sous-lieutenant dans la 3e compagnie du Bataillon du Sénégal, il décède le 2 novembre 1816 à l'hôpital militaire du port de Gorée (Sénégal), à l'âge de 21 ans. Sa fille Elisabeth-Joséphine, confiée à la Maison d'Ecouen, fera un beau mariage puisqu'elle épousera en 1826 le comte Barnabé de Guernon-Ranville à Paris (elle décède dans la capitale en 1840).

Sources : dossier individuel d'officier, GR 2 ye 2985, SHD, Vincennes - contrôles du régiment de Bassigny, SHD - état civil d'Eclaron, Brest, Cherbourg et Paris - Lionel FONTAINE, Officiers haut-marnais de Napoléon, A la Une, 2019.

* C'est ainsi que signe l'intéressée.
** Nous ignorons le destin de ce deuxième enfant. 









mercredi 28 janvier 2026

Les chefs de bataillon Pierre et François Legendre, de Fresnes-sur-Apance

 

La bataille de Neerwinden (détail). 

        Le village de vignerons de Fresnes-sur-Apance, près de Bourbonne-les-Bains, présente cette singularité d'avoir donné aux armées impériales cinq officiers d'artillerie, dont quatre officiers supérieurs ! Parmi eux, deux frères : Pierre et François Legendre.

    Le premier, Pierre, né le 13 novembre 1754, est le mieux connu puisqu'une notice des "Fastes de la Légion d'honneur" lui a été consacrée. Il s'enrôle, à l'âge de 20 ans, dans le régiment d'artillerie de Toul, à Grenoble, en novembre 1774. Son "pays" Antoine Claudel, né à Fresnes le 22 février 1792, l'accompagne dans ce choix. Les deux compagnons seront, avant la Révolution, sous-officiers dans un régiment qui s'installe à La Fère (Aisne) en 1786.

    Moins de trois ans après ses aînés, François Legendre s'engage à son tour comme canonnier dans le régiment de Toul, le 1er avril 1777. Le fils du vigneron Jean Legendre et d'Anne Bouvier n'est âgé que de 16 ans, puisqu'il a vu le jour à Fresnes-sur-Apance le 23 mars 1761.

Trois frères dans le même régiment

    Affecté comme son frère dans la compagnie Ducastel, François Legendre, dit Legendre "cadet", prend part aux campagnes de 1778 à 1783 sur les côtes de Normandie et de Bretagne, puis de 1787 en Hollande. Nommé sergent le 9 août 1788, il se marie, le 4 novembre 1788 à La Fère, avec Jeanne-Marie Molard. Cette Grenobloise de naissance de 18 ans est la fille d'Antoine Molard, lui-même caporal au régiment d'artillerie de Toul. Parmi les témoins de l'union, figurent deux frères de François Legendre, qui servent dans le même corps : Pierre, qui est sergent, et Pierre-Antoine, qui est deuxième canonnier ! 

    Quelques semaines avant que n'éclate la Révolution française, Jeanne-Marie Molard donne une fille à son époux : Marie-Jeanne, née le 4 mars 1789 à La Fère.

    Pour les deux frères, dont le régiment est devenu 7e d'artillerie à pied en 1791, commence une succession quasi ininterrompue de campagnes. Sergent-major le 11 août 1792, Legendre cadet prend part, avec l'armée du Nord, au siège de la citadelle d'Anvers. Enfin officier (il est promu lieutenant en second le 1er décembre 1792), il est du siège du fort Saint-Michel, près de Venlo, et de la bataille de Neerwinden (18 mars 1793). Quelques semaines plus tard, le 1er mai 1793, François Legendre se distingue près de Valenciennes : ses états de services précisent que ce jour-là, il "commandait deux pièces de 4 attachées au 2e bataillon de la Meurthe ; ayant été abandonné par les trois bataillons formant la brigade de droite de l'armée, il s'est défendu avec ses deux pièces, se battant seul en retraite par échelon contre quatre pièces d'artillerie à cheval et un escadron de cavalerie qu'il parvient d'arrêter".

Des bords du Rhin à la péninsule italienne

    Nouvelle  promotion après ce fait d'armes : le voilà lieutenant en premier le 1er juillet 1793. L'officier haut-marnais de 32 ans quitte l'armée du Nord pour celle de la Moselle, le 20 août 1793, servant au sein de la 20e compagnie de son régiment. Capitaine le 19 juin 1794, il est appelé à de nombreuses fonctions. Coïncidence : sa carrière croise la trace de nombreux Haut-Marnais. C'est ainsi qu'il se voit confier la surveillance du parc d'artillerie de la division du général Rémy Vincent, de Montier-en-Der. Après le blocus de Luxembourg, il passe à l'armée de Rhin-et-Moselle en avril 1795. Il est au siège du fort de Kehl, sous les ordres des chefs de brigade Lemasson-Duchesnoy (de Dommartin-le-Franc) et Lobréau (qui s'est marié à Chaumont), puis se rend à Deux-Ponts (théâtre d'opérations de l'armée du Rhin). Autre Haut-Marnais, le général Dommartin (également de Dommartin-le-Franc) lui ordonne, le 10 février 1797, de quitter l'armée du Rhin pour rejoindre le dépôt de son corps à La Fère, avant d'être employé dans l'armée d'Angleterre. 

    Prochaine affectation : l'armée de Naples, que le capitaine Legendre rejoint le 9 octobre 1798. Il quitte la péninsule le 20 juillet 1799 pour rejoindre le dépôt du 7e RAP à Metz, afin d' "y guérir un mal d'yeux gagné en Italie, qui le mettait hors d'état de faire un service actif aux armées sans exposer à perdre la vue entièrement". En avril 1800, on le retrouve à l'école d'artillerie de Metz, puis, le 10 juin 1800, il conduit le bataillon de Metz à Schaffhouse pour être incorporé et compléter les compagnies d'artillerie de l'armée du Rhin. Le 21 janvier 1802, il est réformé, désirant "jouir de son traitement de réforme à Metz".

Campagnes impériales 

   Mais, tout comme son frère Pierre également capitaine, François est affecté au 1er RAP le 2 juillet 1802. Nommé à l'armée des Côtes-de-l'Océan, François Legendre participe ensuite aux campagnes de la Grande Armée : l'Allemagne, la Prusse, la Pologne. Durant cette période, son frère Pierre, promu chef d'escadron d'artillerie à cheval en mai 1803, membre de la Légion d'honneur, est mis à la retraite le 27 octobre 1805.

    A son tour, François qui commandait sans doute l'artillerie de la division Rivaud (1er Corps) en 1805, est nommé chef de bataillon le 9 mars 1806, à l'âge de 45 ans, et passe au 8e RAP. Membre de la Légion d'honneur sous le numéro de brevet 8 652 le 14 mars 1806, il est nommé sous-directeur d'artillerie à Metz le 25 mars 1808.

    Le 17 novembre 1808, le chef de bataillon Legendre cadet est affecté à la place de Luxembourg, succédant à l'officier Dorveaux comme sous-directeur d'artillerie. C'est dans cette ville dont il intègre le collège électoral qu'il marie sa fille Marie-Jeanne au capitaine Louis Damas-Laurent, du 59e régiment d'infanterie de ligne, en 1810.

    Pendant ces événements, la guerre fait toujours rage en Espagne - où l'ami Antoine Claudel, commandant le parc d'artillerie du 2e corps d'observation de la Gironde, meurt le 29 avril 1810 en rade de Cadix après avoir été fait prisonnier à Baylen - et au Portugal. Le 5 août 1811, ordre est donné au commandant Legendre de se rendre à Bayonne pour commander l'artillerie d'une division destinée à la péninsule. Mais à la date du 20 novembre 1811, se plaint le général Clarke, ministre de la Guerre, "non seulement, il [n'a] point exécuté [cet ordre], sous prétexte de santé, mais il a fini par faire en octobre la demande de sa retraite". Clarke serait enclin à ce qu'on la lui accorde. Mais Napoléon refuse le 23 novembre 1811. En outre, ordonne l'Empereur, "il faut le faire arrêter, mettre le scellé sur ses papiers, et le traduire à une commission militaire". Le 7 février 1812, Legendre est destitué.

    La disgrâce est relativement brève. Le 22 avril 1812, le chef de bataillon est réemployé à l'armée du Portugal. En février 1813, il commande l'artillerie de la place de Santona (Espagne), sous les ordres du général Lameth. Un poste qu'il occupe jusqu'à l'évacuation de la péninsule.

    Au retour du roi, François Legendre est retraité le 1er septembre 1814, percevant une retraite de 2 000 F. Il est domicilié à Ars-sur-Moselle. Mais le Haut-Marnais profitera peu de sa retraite, comme son aîné Pierre décédé à Metz le 15 mars 1814 : le 16 février 1817, il meurt à l'hospice Saint-François de Saint-Nicolas-de-Port, "des suites d'une maladie occasionnée par les dernières campagnes d'Espagne", selon son épouse qui est alors logée près de Dôle (Jura).

    Deux autres enfants de Fresnes-sur-Apance furent également officiers d'artillerie sous l'Empire : le sous-lieutenant François Renaud (1781-1842) et le commandant Antoine-Nicolas Lejoyand. Quatre officiers supérieurs d'artillerie issus d'un même village sans aucune tradition avec cette arme : voilà qui est peu courant. 

Source principale : SHD, 2 YE 2433, dossier individuel d'officier de François Legendre - état civil des communes de Fresnes-sur-Apance et La Fère.

lundi 2 janvier 2023

Officiers haut-marnais de la Révolution et du Consulat

AGERON (Etienne), capitaine (Langres 31 décembre 1747 - Tourcoing 29 août 1793). Marié en 1777 à Cohons avec Catherine Gely. Ayant servi 20 ans dans la ligne, capitaine de la 1ère compagnie du 1er bataillon de volontaires nationaux de la Haute-Marne le 17 septembre 1791, il est tué à la tête de sa compagnie en poursuivant l'ennemi vigoureusement et en lui ayant pris une pièce de canon le matin. Source : Pierre-G. Jacquot. 

ALIPS (Nicolas), lieutenant (Sainte-Livière 3 mars 1737 - Joinville 11 mai 1816). Marié en 1774 à Busson. Soldat au régiment de Dauphiné (1759-1785), lieutenant au 3e bataillon de volontaires nationaux de la Haute-Marne le 25 août 1792, passé au 3e bataillon de la 127e demi-brigade de bataille puis à la 3e demi-brigade d'infanterie de ligne. Blessé d'un coup de feu à la tête au siège de Kehl le 11 décembre 1796. Source : P.-G. Jacquot.

ARGENTON (Pierre), capitaine (vers 1772). Capitaine au bataillon de réquisition du district de Langres. Sans doute Pierre-Antoine Argenton, né à Langres le 9 avril 1772, décédé à Esnoms-au-Val le 19 novembre 1859.

ARMAND (Jean-Baptiste), capitaine (Droyes 31 octobre 1749 - Wassy 16 décembre 1815). Engagé dans les dragons de Montmorency (1772), rengagé en 1778, il est nommé brigadier en 1786, année d'un nouvel engagement. Sous-lieutenant au 2e régiment de chasseurs à cheval, il est blessé le 2 juillet 1794 à Germersheim. Capitaine le 3 août 1794, il commande, six jours plus tard, un détachement qui fond "avec impétuosité", en avant de Neresheim, sur une colonne ennemie, la mettant en déroute,  prenant "beaucoup d'hommes" et onze cavaliers. En Italie, à Crémone, le 6 juin 1800, le capitaine Armand capture 24 cavaliers et 200 fantassins. Il se marie en décembre 1802, à Wassy, avec Madeleine Barthelemy. Retraité par arrêté du 22 septembre 1803, il se retire à Wassy.

AUBERT (Claude), sous-lieutenant (Isômes 31 janvier 1752 - ?). Engagé en 1777 au régiment d'Artois (48e régiment d'infanterie), il est nommé caporal en 1782, puis sergent en 1785. De nouveau engagé en 1785 puis en 1789, il passe fourrier en 1790, puis sergent-major le 16 janvier 1791. Nommé sous-lieutenant le 22 juillet 1792, il est en service au 48e régiment d'infanterie, en 1793.

AUBERT (Louis-Pierre), lieutenant (Wassy 8 juin 1752 - ?). En service dans le régiment de la Marine (1773-1783), caporal en 1782, il est incorporé au régiment d'Armagnac (6e régiment d'infanterie) en 1783. Sergent en 1784, de nouveau engagé en 1789, il est nommé sergent-major le 9 mai 1792, puis sous-lieutenant le 1er  juillet 1792. Servant au 1er bataillon du 6e régiment d'infanterie, en 1793, il sera lieutenant dans la 28e demi-brigade de bataille.

AUBRY (Claude-Anne), dit La Forêt (ou Laforest), sous-lieutenant (Chaumont 22 septembre 1758 - ?). Sous-lieutenant dans la 97e demi-brigade d'infanterie de ligne, en 1802.

BADET (Nicolas), sous-lieutenant (Prauthoy 1768). Dit Le Vainqueur. Sous-lieutenant (1794) au 1er bataillon de volontaires nationaux de la Haute-Marne. Passé à la 85e demi-brigade de bataille puis adjoint à l'adjudant-général Brayer.  
BALLEY (Louis), sous-lieutenant (Bourbonne-les-Bains 1770). Sous-lieutenant (1793) au 1er bataillon de volontaires nationaux de la Haute-Marne. Passé à la 85e demi-brigade de bataille. Une blessure. Démissionne en 1796.
BANCELIN (Nicolas-Louis), lieutenant-colonel (Joinville 1739 - Lunéville 1803). Dit Bancelin de Sannevoix. Capitaine aux carabiniers de Monsieur (1788). Chevalier de Saint-Louis (1792). Lieutenant-colonel au 1er régiment de carabiniers, blessé à Arlon (1793). Admis au traitement de réforme (1798).
BARBIER (Pierre-Claude), capitaine (Saint-Dizier 1753). Capitaine (1792) au 3e bataillon de volontaires nationaux de la Haute-Marne. Réformé pour infirmités (1794).
BARRIE (Louis), chef d'escadrons (Fresnes-sur-Apance 1754). Dit Prince. Cavalier du roi. Capitaine (1792) dans la Légion franche des Américains et du midi (1792). Chef d'escadrons le 4 novembre 1793. Passé au 13e régiment de chasseurs à cheval en 1795. Retraité sous le Consulat. 
BEAULT (Jean-Pierre), lieutenant (Châteauvillain 1770). Sous-lieutenant (1793) au 1er bataillon de réquisition du district de Chaumont. Lieutenant (1794). Passé dans la 170e demi-brigade de bataille. Démissionnaire (1796).
BEAUVALET (Jean-Baptiste), sous-lieutenant (Lanty-sur-Aube 1768). Sous-lieutenant (1801) dans la 12e demi-brigade d'infanterie de ligne. Démissionnaire, en l'an X.
BERNIER (Jean), lieutenant (Perrusse 1754 - Millières 1805). Soldat du roi (1777). Lieutenant au 54e régiment d'infanterie, blessé à Fleurus (1794). Pensionné en 1796.
BERTHIER (Nicolas-Mâlo), lieutenant (Chaumont 1769). Sous-lieutenant (1793) au 1er bataillon de Chaumont, puis lieutenant. Passé à la 170e puis à la 12e demi-brigade. N'est plus présent au 11 février 1797.
BEUGNOT (Claude), sous-lieutenant (Langres 1765). Dragon du roi (1783). Sous-lieutenant (1796) au 6e régiment de chasseurs à cheval. Démissionne en 1801. Retiré à Langres.
BOCQUENET (Gilles-François), quartier-maître trésorier (Chaumont 1770 - en forêt d'Haguenau 1793). Quartier-maître trésorier au 1er bataillon de Chaumont (1793). Tué au combat.
BOUDE (Jean), sous-lieutenant (Dinteville 1769 - 1795). Sous-lieutenant (1793) au 1er bataillon de Chaumont. Mort en service.
BOUROTTE (Henry), capitaine (Chaumont 1759). Capitaine dans la 18e demi-brigade d'infanterie légère, blessé à Caldiero (1796).
BRELET (Etienne), lieutenant (Chaumont 1771). Lieutenant (1793) au 1er bataillon de Chaumont. Blessé en forêt d'Haguenau, réformé (1793).
BROCARD (Pierre), sous-lieutenant (vers 1771). Originaire de Silvarouvres. Sous-lieutenant (1793) dans le 2e bataillon de volontaires nationaux de la Haute-Marne. 

CARBILLET (Anselme), sous-lieutenant (Dampierre vers 1760 - Celles-en-Bassigny 1812). Sous-lieutenant (1793) au 17e régiment de cavalerie. Démissionne en 1802.
CARBILLET (Claude), capitaine (Hûmes 1748). Soldat du roi. Officier au 12e régiment de dragons, nommé capitaine (1793). Retraité (1798). Père du garde d'honneur Didier Carbillet.
CARBILLET (Jean-Baptiste), lieutenant (Heuilley-le-Grand 1770 - idem 1801). Lieutenant dans la 11e (ou 110e demi-brigade), blessé. Rentré dans son village en l'an IV.
CARRIERE (Antoine-Alexis), sous-lieutenant (Villars-Saint-Marcellin 1764 - Niort 1803). Sous-lieutenant (1796) au 4e régiment de chasseurs à cheval. Décédé en service à l'hôpital de Niort.
CAULET de LONGCHAMPS (Joseph-Charlemagne), sous-lieutenant (Saint-Dizier 1777). Sous-lieutenant au 1er bataillon de chasseurs des Ardennes, en 1793.
CAYETEL (Jean), lieutenant (Goncourt 1174). Sous-lieutenant (1793) au 2e bataillon de volontaires nationaux de la Haute-Marne, puis lieutenant (1794).
CHALONS (Louis-Hubert), lieutenant (Roches-sur-Marne 1764 - Egypte 1798). Sous-lieutenant (1793). Officier au 18e régiment de dragons. Lieutenant (1794), tué lors du massacre de Mansourah en Egypte.
CHEREY (Joseph), lieutenant (Anrosey 1746). Lieutenant au 9e bataillon de chasseurs.
CLEMENT (François), capitaine (Eclaron 1746 - Eclaron 1815). Soldat du roi. Capitaine (1792) au 3e bataillon des volontaires nationaux de la Haute-Marne. Passé à la 127e demi-brigade. Rayé des cadres en 1797. Adjoint au maire d'Eclaron.
COLLET (Claude-Julien), capitaine (Choiseul 1766 - dans l'Ouest 1795). Capitaine (1792) au 1er bataillon des volontaires nationaux de la Haute-Marne. Passé à la 85e demi-brigade. Tué d'un coup de feu par les Chouans.
COLLIN (G.), sous-lieutenant au 2e bataillon des volontaires nationaux de la Haute-Marne.
CONTAULT (Louis-Charles-Léopold de), lieutenant (Wassy 1771). Lieutenant (1793) dans les chasseurs à cheval de la Légion du Nord. Sert dans l'Ouest. Lieutenant au 13e bis régiment de chasseurs à cheval jusqu'en 1795. Frère d'un chef de bataillon.
COURTAUT (Louis), lieutenant (vers 1769). Originaire de Soncourt-sur-Marne, lieutenant au 6e bataillon de Paris, en 1795.

DACHEVILLE (François), lieutenant (Neuvelle-lès-Voisey 1756). Lieutenant de gendarmerie en 1793. 
DAGUIN (Jean-Pierre), lieutenant-colonel (Langres 1733 - idem 1810). Lieutenant-colonel du 13e bataillon de chasseurs.

DAUBRIVE (Nicolas), sous-lieutenant (Fayl-Billot ? 1761 - prairial an IV). Dit Dufayl. Cavalier du roi. Sous-lieutenant au 7e régiment de dragons. Détaché comme adjoint de l'adjudant général Brayer à l'armée de Sambre-et-Meuse. Tué à Linz sur le Rhin.

DELAPLAIX (Pierre), lieutenant-colonel (Breuvannes 1758 - Niederbonn 1793). Ou Delapaix. Lieutenant-colonel (1792) au 2e bataillon des volontaires nationaux de la Haute-Marne. Lieutenant-colonel en premier (1793). Tué en Alsace le 11 décembre 1793.
DELOUZE (Claude), lieutenant (Fayl-Billot 1746). Soldat du roi. Lieutenant au 25e régiment d'infanterie, en 1793.
DEPONTHON (Louis-François), lieutenant (Eclaron 1772 - idem 1835). Lieutenant au 5e régiment d'artillerie légère. Frère du général.
DESCHAMPS (Joseph-Ferdinand), chef de bataillon (Saint-Dizier 1762 - idem 1823). Capitaine (1792) du 3e bataillon des volontaires nationaux de la Haute-Marne. Lieutenant-colonel en second (1792). Chef du bataillon (août 1793). Passé dans la 127e demi-brigade. Blessé en 1794. Passé à la 3e demi-brigade (1796). Retraité (1797).

DIDIER (Charles-François), sous-lieutenant (Fresnes-sur-Apance 1754). Soldat du roi (1775). Sous-lieutenant (frimaire an III). Passé à la 81e demi-brigade d'infanterie de ligne, jusqu'au Consulat.
DINET (Jean-René), chef d'escadrons (Domrémy-en-Ornois 1754 - Paris 1821). Cavalier du roi. Capitaine au 27e régiment de cavalerie, en 1793. Chef d'escadrons, réformé pour blessures.

DORE (Jean-Baptiste), chef de brigade (Sexfontaines 1750 - Altendorf 1796). Dit Doré. Cuirassier du roi (1770). Sous-lieutenant (1786). Capitaine (août 1793) puis chef d'escadrons (juillet 1794) au 8e régiment de cavalerie. Chef de brigade (colonel) en août 1795. Tué le 6 août 1796 au combat.

DUCHE (Claude-Charles), sous-lieutenant (Langres vers 1747 - Tourcoing 1793). Soldat du roi (1766). Sous-lieutenant (1791) au 1er bataillon de volontaires nationaux de la Haute-Marne. Atteint par un coup de boulet à la cuisse gauche au combat.
DUCHESNE (Nicolas-François-Joseph), lieutenant (Bettancourt-la-Ferrée 1775). Lieutenant en second au 3e régiment d'artillerie à pied, en 1800.
DUCLERGET (Jean-Baptiste), sous-lieutenant (Melay 1765). Sous-lieutenant (1791) au 1er bataillon de volontaires nationaux de la Haute-Marne. Destitué (février 1794).
DUSAUSSAY (Bénigne-Louis), chef de brigade (Chaumont 1752). Dit Dussaussay de Mély. Lieutenant-colonel en premier du 3e bataillon de volontaires nationaux de l'Aube (août 1792). Commande une brigade d'infanterie, en septembre 1793. Chef de la 38e demi-brigade d'infanterie (1794). Occupe la fonction de général de brigade aux Pays-Bas, en décembre 1794. Conseiller municipal de Troyes.

FEBVRE (François-Nicolas), dit Nicolas-Victor Lefebvre, lieutenant (Vaux-sous-Aubigny 1769 - Langres 1808). Soldat du roi. Elu sous-lieutenant (1791) au 1er bataillon de volontaires nationaux de la Haute-Marne. Lieutenant (1794), passé à la 85e demi-brigade de bataille. Marié en 1802 à Champlitte (Haute-Saône).
FERRANT (Jean-François-Etienne), lieutenant (Chaumont 1773). Ou Ferrand. Sous-lieutenant au 8e régiment de hussards, en 1793.
FOREST (Nicolas de), lieutenant (Gonaincourt 1768 - an IX). Sous-lieutenant (1791) au 1er bataillon de volontaires nationaux de la Haute-Marne. Passé à la 85e demi-brigade de bataille. Lieutenant, réformé comme surnuméraire (1797).
FRAUX (Jean-Louis), capitaine (Lavilleneuve 1759). Soldat du roi (1775). Maréchal des logis de dragons. Volontaire au 2e bataillon de volontaires nationaux de la Haute-Marne (1792). Adjudant sous-officier puis adjudant-major (novembre 1793). Passé à la 16e demi-brigade de bataille. Capitaine (octobre 1795). Passé à la 26e demi-brigade d'infanterie de ligne, abandonne son poste à Novi (1799).
FROMONT (Jean-Nicolas), lieutenant (Doulevant-le-Châteaau 1764). Sous-lieutenant puis lieutenant au 2e bataillon de volontaires de la Haute-Marne. Démissionnaire, retiré à Doulevant.
FROMONT (Louis), lieutenant (Enfonvelle 1752). Lieutenant à la 181e demi-brigade de bataille, en l'an III, puis à la 78e demi-brigade d'infanterie de ligne. En service sous le Consulat.
FRONT (Jean-Baptiste), capitaine (Robert-Magny vers 1736 - Bruxelles 1793). Capitaine au 4e régiment de cavalerie (ex-régiment de la Reine cavalerie), mort des suites de blessures.

GARNIER d'AIGLANCEY (Gérard-Nicolas), chef de brigade (Auberive 1739). Dit Daiglancey. Ecuyer, il est officier commandant de maréchaussée de Chaumont à son mariage en 1759. Capitaine de la gendarmerie nationale du Var, en 1793, il se distingue à Toulon, ce qui lui vaut d'être nommé chef d'escadron (février 1794). Il commande la gendarmerie du Cher et de l'Allier, est promu chef de brigade (mars 1795) au quartier général de l'armée des Côtes de Cherbourg. Affecté aux vétérans nationaux, il décède à Paris.
GARNIER d'AIGLANCEY (Jean-Baptiste-Gabriel), capitaine (Chaumont 1763). Fils du précédent. Entre en service en 1776. Sous-lieutenant à la suite au corps de volontaires de Luxembourg (1782), il est volontaire au 1er bataillon du Nord (1791), puis lieutenant au 67e régiment d'infanterie (janvier 1792), enfin capitaine (juillet 1792). Démissionnaire (mars 1793), il est en poste à Chaumont, à Nevers, à Moulins, à Rochefort à partir de juillet 1797 comme commis extraordinaire.
GARNIER (Jean-Baptiste), sous-lieutenant (Langres 1762). Au 21e bataillon de volontaires nationaux (septembre 1792), caporal puis sergent, il est nommé sous-lieutenant en février 1794, à l'âge de 31 ans.




mardi 22 juin 2021

La bataille de Saint-Dizier du 26 mars 1814


Dans son étude «1814 : Napoléon en Haute-Marne», parue en 2013, le club Mémoires 52 s'est attardé longuement sur la bataille du 26 mars 1814 dans la plaine de Saint-Dizier, jusqu'à Saudrupt dans la Meuse. Voici cette relation de l'avant-dernière victoire de Napoléon Ier, dont on commémore cette année le bicentenaire du décès.


« Une forte colonne talonne les Français

Conformément au souhait exprimé la veille, Napoléon a quitté Saint-Dizier. Le 24 mars 1814, à 5 h, il est à Doulevant, logeant au domicile de Jean-Baptiste Jeanson. Lequel n'est pas là pour accueillir son souverain : ce notaire de 52 ans est mort chez lui le 13 mars (à 2 h de l'après-midi), semble-t-il victime des cosaques.

L'armée suit le mouvement et quitte peu à peu la région bragarde pour remonter la vallée de la Blaise. Au 25 mars, selon Steenackers, le 2e corps, désormais confié au général meusien Gérard, est à Valcourt, le 7e du maréchal Oudinot (autre Meusien) à Humbécourt, le 11e du général Molitor à

Attancourt, donc entre Saint-Dizier et Wassy, le quartier général est à Mathons. Les généraux de cavalerie Defrance et Sébastiani observent la route de Montier-en-Der, la division Lefol est à Brousseval, la division Exelmans à Rachecourt (sur-Blaise), Ney et Colbert sont à Wassy...

Macdonald : «A peine étais-je sorti d'Humbécourt pour aller à Valcourt, une forte colonne de cavalerie débouchait d'Eclaron... Dans le même temps, 8 à 900 hommes de cavalerie et 40 à 50 bouches à feu s'étaient fait voir sur la route de Vitry à Saint-Dizier et entraient dans cette ville...»

Ainsi donc, l'armée française attire dans son sillage une forte colonne ennemie, commandée par le lieutenant-général Ferdinand F. Wintzingerode, 44 ans, cavalier d'origine hessoise au service de la Russie, vétéran d'Austerlitz, des campagnes de Russie et de Saxe. L'avant-garde des armées alliées ? Répondons tout de suite à cette interrogation : non. Wintzingerode, c'est un écran de fumée. Ainsi en ont décidé les généralissimes alliés, déterminés cette fois à marcher sur Paris.

Les effectifs dont dispose Wintzingerode : trois régiments de dragons et trois régiments de hussards (23 escadrons), douze régiments de cosaques, 42 bouches à feu et 800 fantassins du 6e régiment de chasseurs, soit un peu plus de 7 000 hommes, ajoutés aux troupes de Tchernitcheff (environ 2 800) et au corps volant de Falkenhausen, soit un peu plus de 10 000 hommes et 46 canons (Weil).


Le prologue...

A peine l'ennemi paraît que, déjà, des escarmouches s'engagent. Lors du mouvement de l'arrière-garde de Saint-Dizier sur Wassy, le 2e corps est pris, à hauteur de Valcourt, sous le feu de l'artillerie établie par le général baron Tettenborn, brillant cavalier originaire du Grand-duché de Bade. Weil évoque des pertes enregistrées par l'infanterie française avant qu'elle ne rejoigne le couvert de la forêt du Val, grâce à l'intervention des dragons de Trelliard.

Voilà qui détermine Napoléon à faire demi-tour et à affronter les troupes alliées à Saint-Dizier. A 21 h, le maréchal Berthier, son major-général, écrit aux commandants de corps (ainsi qu'au général Sorbier, commandant l'artillerie, et au général de Léry, commandant le génie) : «L'intention de Sa Majesté est d'attaquer l'ennemi demain 26 mars, de l'acculer à la Marne et de reprendre Saint-Dizier. Tout porte à croire que nous aurons une bonne journée.»


La nuit du 25 au 26 mars est marquée par des tirs entre avant-postes français et cosaques établis à Humbécourt. L'arrivée des divisions de Milhaud et Lhéritier oblige le général baron Tettenborn à évacuer le village. Quelques mots sur Friedrich-Karl von Tettenborn : âgé de 36 ans, il s'est distingué en 1813 au service de la Russie et mourra à Vienne en 1845.


Les cosaques mettent pied à terre pour reprendre Humbécourt, avant de lancer une attaque. «Les cavaliers russes arrivèrent jusqu'aux haies de clôture des jardins et à peu de distance des premières maisons du village ; mais, accueillis par les feux de salve de l'infanterie française qui garnissait la lisière Nord et Ouest d'Humbécourt et par des volées de mitraille, ils durent renoncer à une entreprise dont l'insuccès eut été certain » (Weil). Devant le mouvement français, Tettenborn envoie la cavalerie régulière et six canons sur la rive droite de la Marne. Ce général badois manoeuvre habilement, se replie sur le gué d'Hoëricourt, s'offrant le luxe de capturer un officier de l'état-major de Macdonald : le commandant Nicolas L'Olivier, un Belge de 22 ans, adjoint à l'état-major du 11e corps, chef de bataillon depuis seulement cinq jours, blessé de cinq coups de lance et capturé.

Pour Weil, Wintzingerode aurait dû refuser un combat «inégal». L'armée de Napoléon présentait, en effet, des effectifs de l'ordre de 30 000 hommes. En outre, le général russe «eût dû s'apercevoir que le terrain, coupé de haies et de vignes, ne se prêtait nullement à l'action» de la cavalerie.

Voici, selon l'historien militaire, comment le général dispose ses troupes, un peu avant midi, le 26 mars, de sa gauche à sa droite :

. deux bataillons de chasseurs à pied dans Saint-Dizier ;

. la division de dragons du général Balk, couverte sur son front par douze pièces d'artillerie à cheval ;

. en réserve, derrière l'aile gauche, les généraux Orurk et Benkendorf, avec deux escadrons de hussards d'Izioume, cinq régiments de cavalerie régulière, trois régiments de cosaques, 30 canons ;

. sous Tettenborn, les hussards d'Elisabethgrad, deux escadrons de cavalerie d'Izioume, deux escadrons de landwehr prussienne (major von Falkenhausen), neuf régiments de cosaques et huit pièces de canon, à l'aile droite ;

. l'artillerie de Balk et Tettenborn (20 pièces) en batterie derrière la levée formée par la route de Saint-Dizier à Vitry.


Weil : «L'empereur, arrivé en personne sur le plateau de Valcourt, embrassant d'un coup d'oeil les positions occupées par la cavalerie russe sur la rive droite de la Marne, donnait à son artillerie l'ordre de se mettre en batterie et d'ouvrir immédiatement le feu...»

Koch racontera dès 1819 : Napoléon «ordonna aussitôt à la cavalerie de franchir la Marne au gué d'Hallignicourt. Le comte Sébastiani la passa en colonne en pelotons, et se déploya à droite et à gauche du gué, soutenu par les corps des comtes Saint-Germain, Milhaud et Valmy (Note : Kellermann), qui se formèrent sur les flancs. L'infanterie de la Garde, celle du comte Gérard et du duc de Tarente suivirent la cavalerie... Dès que l'armée française fut formée, la cavalerie en première ligne, l'infanterie en seconde, entre Hallignicourt et Hoéricourt, l'action s'engagea à gauche par échelons, le centre et la droite marchant en ligne...»

Selon l'officier et historien Koch, c'est donc au gué d'Hallignicourt que le passage de la Marne a été réalisé. Précision – légèrement - erronée, car la Marne ne coule pas dans ce village, mais à Laneuville-au-Pont. De son côté, le capitaine Charles Parquin, des chasseurs à cheval de la Garde, penche pour le gué de Valcourt, et le dragon Louis-Antoine Gougeat – un «pays» , puisque natif de Larzicourt – pour celui d'Hoéricourt. Maurice-Henri Weil met tout le monde d'accord : c'est à Hoéricourt et à Laneuville-au-Pont que passent, d'abord les quatre divisions de la cavalerie de la Garde, puis les dragons de Milhaud et de Treillard, puis les cuirassiers du général de Saint-Germain et les cavaliers du général Lefebvre-Desnouettes. Et c'est toujours à Hoëricourt que passent le 2e corps (Gérard) et le 11e corps (Molitor), Ney et la Garde devant les suivre.


Le champ de bataille est aujourd'hui majoritairement occupé par les installations de la base aérienne 113. Il s'étend entre la Marne et l'actuelle route nationale 4 (entre Vitry-le-François et Saint-Dizier), limité à gauche par le village d'Hallignicourt, à droite par Saint-Dizier et l'ancien site du village d'Hoëricourt (aujourd'hui disparu).


La bataille va s'engager. Lisons le cavalier Gougeat, du 20e dragons (division Lhéritier, 5e corps de cavalerie), qui vient de se porter sur Moeslains : «Ce village est situé sur une petite côte de vignes au bas de laquelle coule la Marne. De l'autre côté est le bourg d'Hoëricourt, avec une vaste plaine. Il est 10 h du matin, le temps est splendide, le soleil brille d'un vif éclat. L'armée russe évolue dans la plaine. A la vue de l'ennemi, notre armée, guidée par des habitants du pays, traverse la Marne au gué d'Hoëricourt, en masse et dans un ordre parfait.»


Choc entre cosaques et dragons

Cavalier d'ordonnance du capitaine de Marcy, le Marnais Gougeat ne prend pas part au combat. Mais il en est un témoin privilégié, «du haut de la petite colline de Moeslains, où je me trouvais avec l'officier payeur du régiment. La traversée de la Marne par notre cavalerie, dont les chevaux ne nous paraissaient pas plus gros que des moutons au milieu de la rivière, et le choc des escadrons dans la plaine d'Hoëricourt aux rayons d'un beau soleil qui faisait jaillir des milliers d'étincelles des armes et des casques, constituaient l'un des plus beaux spectacles qu'il m'ait été donné de contempler...»

«L'on se forma en colonne serrée par escadron, pour passer la rivière au gué, ce qui se passa en présence de l'ennemi, témoigne le lieutenant Charles de Sallmard de Peyrins, du 22e dragons. Le premier escadron passé, Buonaparte passa après, l'épée à la main à la tête de l'artillerie, qu'il dirigea lui-même pour protéger le passage.»

Napoléon, effectivement, dirige les opérations. Après avoir ordonné à son artillerie, mise en batterie sur le plateau de Valcourt (Weil), de faire feu - «mon artillerie occupait la gauche» du dispositif, précise le major Griois -, il aurait donc pris pied, ainsi que Sallmard le précise, sur la rive droite de la Marne. Ce que confirme Guillaume Lecoq, maréchal des logis-chef des grenadiers à cheval de la Garde, faisant ce jour-là fonction de sous-officier d'ordonnance auprès du général Lefebvre-Desnouettes : «En arrivant sur les bords de la Marne, l'empereur ordonna que l'on passa la rivière au gué, cavalerie, infanterie et artillerie, sous le feu de l'ennemi, ce qui fut exécuté dans un instant. L'empereur passa lui-même au gué et sous la mitraille de l'ennemi...»


Commandant Weil : «Dès l'arrivée des escadrons français sur la rive droite de la Marne, (Tettenborn) avait envoyé son aide de camp, le capitaine von Lackmann, inviter le général Balk à lui prêter son concours et à se porter avec lui devant les régiments de Sébastiani. Ce mouvement offensif était d'autant plus nécessaire que les bagages, les convois et les chevaux de main

encombraient la route de Vitry. Balk, tout en acceptant les propositions de Tettenborn, ne voulut, toutefois, se porter au devant de la cavalerie française qu'après avoir essayé de l'arrêter par le tir à mitraille de son artillerie. Continuant leur mouvement, les escadrons français de la première ligne s'étaient déjà tellement rapprochés des positions occupées par les Russes, que Tettenborn se décida à se jeter sur eux sans attendre les dragons de Balk. Se plaçant en personne à la tête des hussards d'Elisabethgrad, il fait sonner la charge. Deux de ses régiments de cosaques, disposés à sa droite, se dirigent contre l'extrême gauche des Français. Deux escadrons de hussards d'Izioume prolongent la gauche de sa première ligne. Les sept autres régiments de cosaques suivent en deuxième ligne... Les huit escadrons de cavalerie régulière et les deux régiments de cosaques se portent en avant avec tant de vigueur et de rapidité qu'ils parviennent à rompre et à traverser la première ligne de la cavalerie française et à la rejeter sur la deuxième au moment même où l'un des régiments de la division Balk (dragons de Saint-Pétersbourg) se dispose à les rejoindre...»


«Aussitôt passé, l'on se chargeait réciproquement, toutes les lignes s'ébranlaient alternativement, nous chargions, étions chargés» (lieutenant de Sallmard).

«Le choc fut long et rude ; mon artillerie étant placée sur les hauteurs au pied desquelles coule la Marne, je dominais le champ de bataille ; depuis le commencement de la guerre, je n'avais pas eu l'occasion de voir une si nombreuse cavalerie s'entremêlant...» (maréchal Macdonald).


Weil : «Les cuirassiers de Saint-Germain ne se sont pas laissé décontenancer et, dès que la première ligne, culbutée par Tettenborn, les a démasqués, ils s'avancent tranquillement, et en rangs serrés, contre les escadrons russes, qu'ils chassent à leur tour devant eux et dont la retraite devient d'autant plus difficile que les Français, se renforçant sans cesse, les chargent maintenant de front et de flanc, et que toute la ligne française, se portant simultanément en avant et exécutant un mouvement de conversion vers la droite, culbute les trois autres régiments de dragons de Balk, crève le centre de la ligne ennemie et s'empare de sept canons.»

Le lieutenant de Sallmard fait partie de cette charge : «Notre colonel (Note : Charles- François Adam, Lorrain de 44 ans, fait colonel quelques jours plus tôt) seul s'était refusé à tous les ordres, ne bougeait pas. Tous les autres régiments avaient été ramenés. Les cosaques à portée de pistolet, nous menaçaient de la lance. Le colonel fit faire haut les armes et feu. Les cosaques reculent. Il profite de ce mouvement pour entamer la charge. Les autres régiments avaient eu le temps de se remettre. Ils se portent en avant, la déroute fut complète...»


Le 22e dragons forme brigade avec le 25e dragons, au sein de la division Lhéritier du 5e corps de cavalerie. Voici comment l'historique du 25e, commandé par un Normand de 35 ans, Texier d'Hautefeuille, relate ce combat : «Placé à la gauche de notre ordre de bataille, le régiment appuie par ses charges les mouvements du général Lefebvre-Desnouettes. Sous les yeux du duc de Tarente, le 25e dragons, commandé par son brave colonel d'Hautefeuille, soutint pendant plus d'une demi-heure l'effort de 3 000 hommes de cavalerie de la Garde russe. Aidé du 22e, il finit par enfoncer la cavalerie ennemie et s'emparer de six pièces de canon. Le lieutenant d'Inglemare et le sous-lieutenant Rigolfo sont grièvement blessés dans cette charge ; le dragon Debruyne est tué ; plusieurs autres cavaliers du régiment sont mis hors de combat...» La brigade était aux ordres d'un Hollandais, Jean-Antoine de Collaert, qui, dans une note qu'il rédigera et qui sera publiée par l'historien Arthur Chuquet, écrira qu'il «sut contenir sa brigade dans la charge générale qui s'engagea».


La poursuite

Weil : «Poursuivi par la cavalerie française, exposé aux feux des batteries de la rive gauche, séparé du reste du corps de Winzingerode, Tettenborn se résigne à quitter le champ de bataille et à se replier sur Vitry. Les sept régiments cosaques de sa deuxième ligne se déploient entre la chaussée et la Marne, retardent la poursuite des Français et atteignent sans trop de peine le village de Perthes.

Macdonald (…) arrêta la poursuite sur ce point et se contenta de faire observer les cosaques par quelques escadrons. Tettenborn en profita pour rallier son monde à Perthes. Vers le soir, il continua sans encombre sa retraite sur Vitry et sur Marolles...»

Selon Koch, c'est le corps du général Milhaud qui exécute le mouvement offensif en direction de Vitry, s'emparant au passage de six pièces de canon – celles à mettre au crédit de la brigade Collaert. Laquelle appartient à la division Lhéritier, composée également des 18e, 19e et 20e dragons, qui forment brigade sous les ordres du général Auguste-Etienne-Marie Gourlez, baron de Lamotte – dont un rapport dira qu'ils se sont «couverts de gloire» à Saint-Dizier. Au sein de ces trois régiments, les lances des cosaques ont causé certains dommages, notamment parmi les officiers : le chef d'escadrons Cosnard, Normand de 45 ans, les sous-lieutenants Gauguier, Lillois de 25 ans, Antoine Paradis, Picard de 32 ans, touché à la jambe gauche, pour le 19e dragons ; le chef d'escadrons Algay, Limousin de 43 ans, touché à la jambe gauche par un coup de feu, les sous-lieutenants de Gisancourt et Sébastien Lallemand, Franc-Comtois de 31 ans (un coup de lance au ventre), pour le 20e dragons...


La prise de Saint-Dizier

Weil : «Une partie de la réserve de Winzingerode, sous les ordres du général Orurk, avait vainement essayé de dégager les dragons de Balk... Ces deux généraux avaient été obligés de reculer et de venir se réformer sur une deuxième position plus en arrière. Les dragons du général Balk s'établirent alors sur une ligne qui courait parallèlement à la lisière Sud du bois de Maurupt et de la forêt de Troisfontaines, entre cette lisière et les villages de Vouillers, Saint-Eulien et Villiers-en-Lieu. La cavalerie d'Orurk leur servait de réserve. Benkendorf, rappelé par Winzingerode avant même d'avoir rejoint Tettenborn sur la rive gauche, avait vivement traversé Saint-Dizier pour venir prendre position en arrière de cette ville, sur la route de Bar-le-Duc, et garder ainsi l'unique ligne de retraite qui restât désormais à Winzingerode. Malgré la rapidité qu'il avait imprimée à sa marche, Benkendorf avait d'ailleurs rencontré quelque difficulté dans l'exécution de ce mouvement. Au sortir de Saint-Dizier, il avait donné à Bettancourt contre un bataillon français auquel Oudinot avait fait passer la Marne en amont de Saint-Dizier, et qu'il dut faire charger et rejeter jusque sur les bords de la rivière. La droite de Benkendorf se reliait à la cavalerie d'Orurk, qui s'étendait jusqu'aux marais voisins de Villiers-en-Lieu, sa gauche était couverte par trois régiments de cosaques sous les ordres de Norischkine et postés du côté d'Ancerville, Bettancourt et Chancenay. Son artillerie était en batterie sur la route même de Bar-le-Duc. Sur ces entrefaites, la division Leval, ayant à sa tête le maréchal Oudinot, débouchait de la forêt du Val. »

Le comte Jean-François Leval, vieux briscard de 52 ans, commande la 7e division de l'armée d'Espagne et des Pyrénées, dépêchée en janvier 1814 pour rejoindre le 7e corps de la Grande- Armée. Ses hommes sont donc des vétérans des campagnes de la péninsule. On y retrouve un bataillon du 3e de ligne, où servent encore quelques rescapés du 3e bataillon de volontaires nationaux de la Haute-Marne ainsi que le père de l'illustre Louis Pasteur, le 1er bataillon du 15e (colonel Levasseur et commandant Nicolas-Philippe Gruat, un Troyen), le 1er bataillon du 101e (régiment héritier du 1er bataillon auxiliaire de la Haute-Marne), des éléments du 17e léger ou du 105e de ligne, du 10e léger et du 130e de ligne, tous répartis entre les brigades Pinoteau, Montfort, Chassé.

Les détails manquent sur ce combat. Un témoin précieux : le peintre Pernot. L'ennemi, racontera-t-il, «laissa un corps de cosaques irréguliers avec quelques pièces de canon placées sur le grand pont près le dépôt de mendicité». Le pont en question est celui connu aujourd'hui sous le nom de Godard-Jeanson, sur la Marne, entre le Jard et le centre hospitalier spécialisé qui succéda au dépôt de mendicité. «Alors sortirent du bois, qui se trouve sur la route de Wassy (Note : la forêt du Val), un nombre immense de tirailleurs, qui se joignirent à un petit corps qui avait été jusqu'à Joinville et qui en arrivait dans le moment. L'ennemi tint bon pendant une heure ; ensuite il fut obligé de céder et nos troupes rentrèrent à Saint-Dizier aux cris mille fois répétés de Vive l'Empereur. Il était deux heures de l'après-midi lorsque l'ennemi fut mis en déroute sur tous les points. Ceux qui soutenaient la retraite de l'autre côté de la Marne et ceux qui tenaient la position du grand pont furent défaits en même temps...»

Le témoignage de Pernot est recoupé par les recherches de Weil : «Malgré la résistance acharnée des chasseurs à pied russes, (la division Leval) pénétrait au pas de charge et tambour battant dans Saint-Dizier en même temps que la Garde, qui avait suivi la grande route, passait la Marne plus en aval et au moment où Winzingerode, voyant son infanterie et sa ligne de retraite menacées, donnait à sa cavalerie l'ordre de se rabattre sur sa gauche et de gagner la route de Bar.»


La déroute

Weil : «Lançant la cavalerie de Milhaud, de Lhéritier, de Treilliard et de Letort contre les régiments de Balk et d'Orurk, (Napoléon) les culbute et les rejette dans la forêt de Troisfontaines où ils se débandent et s'enfuient en toute hâte dans la direction de Bar-le-Duc, pendant que, sur sa droite, la cavalerie d'Oudinot rejoint et sabre les chasseurs russes avant qu'ils aient réussi à gagner le bois. Heureusement pour Winzingerode, Benkendorff, posté à son extrême gauche avait, malgré le feu meurtrier des batteries françaises, réussi à se maintenir sur sa position, et ce fut seulement lorsque les lanciers de la Garde eurent culbuté ses hussards qui se dévouèrent pour sauver son artillerie, lorsqu'Oudinot lui-même se fut mis à la tête des dragons de Trelliard, qu'il se décida à se mettre en déroute... »

Le 2e régiment de chevau-légers lanciers de la Garde est aux ordres du général Edouard de Colbert, et son choc contre les hussards russes a deux témoins. D'abord le jeune chef d'escadron Jean-François Dumonceau, 24 ans, fils d'un général belge au service de la France, officier au sein du 5e chasseurs à cheval (commandé par un Barisien de 46 ans, Louis Baillot) : «Je me rappelle, entre autres, que notre brigade fut appuyée à sa droite par un beau régiment de lanciers polonais, que nous vîmes s'avancer déployé en ligne, dans un ordre parfait, ayant les lances baissées en arrêt et offrant l'aspect imposant d'une calme résolution. Il y avait en face un corps de hussards aux pelisses rouges, qui se porta bravement à sa rencontre et parut vouloir se mesurer avec lui ; mais, pris en flanc par nous, se mit en débandade dès le premier choc...»

Ensuite le capitaine Charles Parquin, des chasseurs à cheval de la Garde : «Je marchais avec ma troupe en tête de la colonne, lorsque le général vint me donner l'ordre de charger à outrance sur 18 pièces que les Russes avaient établies en plein champ... Arrivé à 100 pas des pièces, la mitraille vint tellement éclaircir les rangs de mon escadron, que je donnai l'ordre aux deux pelotons de droite et aux deux pelotons de gauche de se jeter en tirailleurs, laissant ainsi derrière eux le terrain à découvert. Bientôt les lanciers rouges de la Garde arrivèrent, chargèrent les pièces, et nous nous en emparâmes. Une division de cuirassiers russes venue au secours de l'artillerie se heurta contre les lanciers de la Garde qui, soutenus à temps par les 3e et 6e dragons, sous les ordres du général Michaut (sic) (Ndlr : Milhaud), mirent en déroute cette grosse cavalerie, dont près de 600 restèrent en notre pouvoir... » Le 6e dragons appartient à la 1ère division de dragons (général Ludot, un Aubois) du 5e corps de cavalerie, laquelle revendiquera la prise de quatorze pièces de canon.


Si les dragons resteront dans l'Histoire comme les héros de cette journée, la cavalerie légère n'a pas été en reste. Le 5e chasseurs à cheval, nous l'avons vu, a pris part à la charge, au sein de la 4e division de cavalerie légère (Jacquinot) du 6e corps de cavalerie. Division qui réunit des éléments des 4e, 5e, 10e, 13e, 15e et 28e chasseurs à cheval, sous Ameil, des 9e chevau-légers, 21e et 22e chasseurs, 2e, 4e et 12e hussards, sous Wolff. Un officier du 22e chasseurs à cheval est blessé et se distingue dans l'affaire : le capitaine Adrien-Louis-Joseph Lestocquoy. Ancien vélite de la Garde, aide de camp du général Montbrun en Espagne, ce Ch'ti de 28 ans était capitaine depuis 1812. Il a été blessé à Leipzig, et Adrien Pascal, qui présente les bulletins de la Grande Armée, écrira qu'à Saint-Dizier, «après avoir chargé deux fois avec succès à la tête d'un escadron du 22e chasseurs puis du 13e chasseurs, et enveloppé un corps nombreux de hussards de la garde russe, emporté par son bouillant courage, il se trouva encore séparé des siens, et reçut à la joue droite un coup de sabre qui lui enleva presque toutes les dents. A la suite de cette affaire, il fut proposé par le général de division Jacquinot pour le grade de chef d'escadron...» Un maréchal-des-logis-chef de ce même régiment, le Normand Jean-Jacques Le Saché, 25 ans, est également cité pour sa conduite à Saint-Dizier.


Pernot : les Russes refluant en direction de Bar-le-Duc «furent inquiétés le long de la route par de l'artillerie française mise en embuscade dans le village de Bettancourt et dans la ferme et le moulin de l'Allombert... Ils tirèrent à gauche de la route et voulurent, comme les autres, se réfugier dans les bois près de Chancenay, mais nos gens arrivèrent avant qu'ils n'y fussent cachés et alors se livra un petit combat.»

Le fameux «grenadier» François Pils, Alsacien de 29 ans attaché à la personne du maréchal Oudinot, arrive à Chancenay dont Claude-François Thomas est maire : «Le duc de Reggio prit à sa droite dans les marais pour contourner le village (de Chancenay) et envoya un de ses aides de

camp, M. de Lesperets72, pour le reconnaître. Au moment où cet officier rendait compte de sa mission, un boulet lui enleva son shako sans le blesser. M. le maréchal, en traversant Chancenay, trouva tous les habitants dehors réunis pour lui souhaiter la bienvenue. Voyant les femmes qui se désolaient sur leur triste situation et sur la crainte qu'elles avaient d'être pillées et peut-être égorgées, il s'arrêta au milieu d'elles sans descendre de cheval et essaya de les réconforter. Pendant ce temps, l'infanterie eut le temps de le rejoindre. L'ennemi avait placé sa cavalerie sur les hauteurs à la limite des départements de la Meuse et de la Haute-Marne. M. le maréchal trépignait d'impatience en attendant l'arrivée de son artillerie, lorsqu'une femme vint en pleurant lui dire que les pillards s'étaient introduits dans l'église. Voulant s'assurer du fait par lui-même, le duc de Reggio se dirigea de ce côté et aperçut une cantinière et un dragon de la Garde qui s'échappaient par le cimetière, emportant leur butin dans des mouchoirs noués ; le dragon sauta par dessus le mur et retrouvant son cheval, part au galop dans la direction de Saint-Dizier. Mais le maréchal transporté d'indignation lui donna la chasse, l'atteint à une centaine de mètres du village et lui passe son épée à travers le corps. La cantinière fut arrêtée par les gendarmes et tous les objets furent restitués à l'église... L'artillerie arrivée avait été placée en batterie en dehors des maisons, les dragons reçurent l'ordre de marcher par la droite en suivant le ravin, mais l'ennemi ne donna pas le temps de faire feu, il descendit la colline au galop et s'éparpilla dans la plaine où notre cavalerie le poursuivit jusqu'à la hauteur de Saudrupt. M. le maréchal s'arrêta au coin du bois de ce nom avec le général Exelmans et mit pied à terre. A ce moment arriva une bordée de mitraille au milieu de l'état-major. Le coup de tonnerre attira un grand nombre de paysans qui étaient réfugiés dans les bois, parmi eux plusieurs étaient fermiers du duc de Reggio... Soudain, l'empereur arriva au galop, il était absolument seul, il allait ouvrir la bouche pour parler à M. le maréchal, un canonnier à cheval qui se trouvait à quelques pas d'eux, fut emporté par un boulet.»


A Saudrupt, la courte révolte des Russes «fut sévèrement punie»

Le capitaine Antoine de Montarby – un Haut-Marnais, puisque né en 1780 à Dampierre -, commandant la 6e compagnie du régiment des dragons de la Garde (en 1814, y servaient aussi les officiers haut-marnais Senet, touché à Craonne, et Fortier), notera : «Nous reçûmes l'ordre (…) de soutenir sur la route de Bar-le-Duc le mouvement de l'empereur. Le régiment était en colonne sur la route et marchait à pied. L'empereur arriva et ordonna au général Letort de se former et de jeter dans le ravin au défilé de Saudrupt tout ce qu'il avait d'ennemis devant nous ; le général (sic) Menestrat sur la route à la tête du 2e escadron, le 1er fut envoyé à droite de la route, marchant en bataille, et les 3e et 4e à gauche, marchant aussi en colonne serrée. L'ennemi canonna inutilement pour retarder notre marche. Chaque escadron aborda franchement la cavalerie qui était devant lui, en nombre quatre fois supérieur. Tout fut renversé au premier choc : 2 000 chevaux ennemis furent culbutés et menés pendant une lieu dans les reins ; deux bataillons d'infanterie ennemie, l'un dans le bois, à droite et soutenant la cavalerie, l'autre à gauche de la route à l'entrée du village et en arrière d'un mur de vignes, furent sabrés et dépassés ; plusieurs officiers allèrent avec une quarantaine de dragons jusqu'au-dessus de la montagne de l'autre côté du village.»


Le major d'artillerie Griois restera admiratif du comportement de l'arrière-garde russe : «Hors d'état de résister, ils eurent toujours bonne contenance ; dès qu'ils trouvaient une position avantageuse, ils s'y établissaient ; leur artillerie faisait un feu vif et soutenu sur les troupes qui les suivaient de plus près, et ils tenaient ainsi jusqu'à ce qu'ils vissent nos escadrons s'ébranler pour les charger. Alors, ils se retiraient sur une autre position où ils s'arrêtaient de nouveau. Ils parurent vouloir opposer une résistance plus opiniâtre en avant du village de Saudrupt situé sur la route. Des carrés d'infanterie et plusieurs escadrons, appuyés par l'artillerie, en défendaient les approches. On se battit vivement et le combat durait depuis quelque temps lorsque les dragons de la Garde reçurent l'ordre de charger. Cette charge, extrêmement brillante, eut un succès complet, malgré les haies et les fossés derrière lesquels l'infanterie était postée. Ce qui ne fut pas tué se rendit, et les dragons, sans s'arrêter, poursuivirent la cavalerie qui fuyait au galop en traversant le village, et gagnait une position au-delà d'une petite rivière. Mais dès que l'infanterie qui venait de se rendre vit nos dragons s'éloigner, elle reprit ses armes et tira sur eux.

On se précipita sur cette infanterie et sa courte révolte fut sévèrement punie. Quant aux dragons, ils revinrent sur leurs pas parce que le jour était près de finir...»

Josef Grabowski, aide de camp polonais de Napoléon, gardera un souvenir particulier de la poursuite : «La cavalerie française à la poursuite des Russes, qui avaient abandonné (des voitures chargées de grands tonneaux, brisa ceux-ci) ; ils étaient pleins de tabac à prise. Toute la chaussée en fut couverte. Les caisses du trésor russe furent aussi brisées et des paquets de billets de banque russes de différentes couleurs se répandirent partout sur la route. Pendant plus de mille pas, nous marchions sur le tabac et les billets de banque russes, dont les soldats français ne soupçonnaient pas la valeur. J'essayai, mais sans y réussir, de piquer un de ces paquets avec mon sabre ; mais je sais bien que ceux qui purent en ramasser les vendirent fort bien à Paris... Le tabac était tellement fort qu'il suffoqua presque ceux qui en prirent ; les prisonniers qu'on fit passer par cette route en ramassèrent avec grand plaisir...»


Retour triomphal

François-Alexandre Pernot, alors âgé de 21 ans, n'est pas seulement le fameux peintre auquel son département d'origine rendra hommage en 2012 par une exposition et un magnifique ouvrage. Il est ainsi un témoin fidèle des événements («Narration des événements arrivés à Vassy, Saint-Dizier et dans les environs pendant la guerre de 1814», collection Barotte, Archives départementales de la Haute-Marne) : «L'empereur rentra à Saint-Dizier à 8 h 30 du soir. Il faisait un temps superbe. Les troupes qui avaient été à la poursuite de l'ennemi, restèrent bivouaquées sur la route de Bar-le-Duc. Cette route assez droite jusqu'à Chancenay, offrait dans ce moment-là un très beau coup d'oeil. Les soldats avaient allumé des feux de distance en distance et, comme la route monte, l'on apercevait de la ville toute la campagne éclairée, et les feux qui brillaient dans l'ombre faisaient un très bel effet. Avant de rentrer à Saint-Dizier, l'empereur traverse cette route, où il fut salué par les soldats, assez contents de cette journée, qui n'avançait pas beaucoup les choses...»


La satisfaction du devoir accompli est résumée par le capitaine Parquin : «Ce fut la dernière fois que la Garde mit le sabre à la main contre l'ennemi ; mais cette journée était bien digne de clore cette admirable campagne de 1814 que des tacticiens ont comparée, pour les manoeuvres, aux campagnes d'Italie par le général Bonaparte. Dans le compte-rendu que le général Sébastiani fit à l'Empereur de cette journée, il s'exprima ainsi : « Il y a 20 ans, sire, que je suis officier de cavalerie et je ne me rappelle pas avoir jamais vu une charge plus brillante que celle qui vient d'être exécutée par l'escadron d'avant-garde.»


«Brillant trophée, le dernier, hélas !, de cette héroïque et fatale campagne», notera Thiers...


Les pertes

Au soir du 26 mars 1814, le corps Winzingerode n'existe presque plus. Dès le 29 mars, les journaux français annonceront 2 000 prisonniers, la prise de canons et de voitures. Ils se fondent sur un bulletin de la Grande Armée qui revendiquait 3 000 prisonniers et 18 canons pris (le même bulletin distingue les dragons de Milhaud et la cavalerie de la Garde comme étant les artisans du succès). L'historien Beauchamp ne concède que «quatre ou cinq pièces de canon» enlevées à l'ennemi ; le maréchal Macdonald évoque 3 000 chevaux perdus sur 10 000 par les Russes ; Ségur, 1 800 prisonniers, neuf canons, un équipage de pont ; le commandant Koch, 1 500 à 1 800 hommes, dont environ 500 prisonniers, neuf canons, un équipage de pont, contre moins de 600 hommes côté français ; Thiers, environ 4 000 hommes et 30 bouches à feu, contre 3 ou 400 Français ; pour le capitaine de Montarby, «l'ennemi a perdu au moins 300 hommes, tant tués que blessés, 450 cavaliers pris et 1 155 hommes d'infanterie, beaucoup d'officiers...» Pour Weil - le plus précis -, quatorze officiers et 585 chasseurs à pied perdus, sur environ 1 500 tués, blessés et prisonniers et neuf canons. «Cette perte du général Winzingerode avait été prévue et était bien légère en comparaison du service qu'il nous rendait, en retardant le retour de Napoléon», estimera le général émigré Langeron qui ne reconnaît que cinq canons perdus... et quelques prisonniers !


Combien de canons tombés entre les mains françaises ? Dans sa notice biographique consacrée au général Ludot, Courcelles (1823) dira que la 1ère division de dragons du 5e corps prit quatorze pièces de canon, dont trois revendiquées par le colonel Chaillot du 15e dragons ; la charge des 22e et 25e dragons de la division Lhéritier aurait permis d'en enlever six ; la cavalerie de la Garde, 18 – mais ce chiffre englobe sans doute les pièces attribuées par la division Ludot. Quoi qu'il en soit, le chiffre de neuf pièces donné par Weil nous paraît sous-estimé.


Quelques héros du 26 mars 1814

Qui, l'Histoire a-t-elle retenu parmi les héros de cette journée ? Par exemple Marie-Henry-François-Elisabeth de Carrion de Nisas, simple dragon, malgré son âge (47 ans), au sein du 20e régiment... mais en réalité adjudant-commandant (colonel) ! Cet ancien officier de cavalerie du roi, baron d'Empire, avait été mis sur la touche par Napoléon en 1813, ce qu'il explique qu'il ait souhaité reprendre du service comme humble cavalier...

L'adjudant-commandant Eugène-Edouard Boyer de Peireleau, 40 ans, chef d'état-major de la division Duhesme (2e corps), promu général de brigade sur le champ de bataille de Saint-Dizier, mais non confirmé...

Vétéran d'Espagne, le maréchal des logis Dominique Frémaux, du 13e régiment de dragons, originaire de Breteuil (Oise), est un autre héros de ce 26 mars 1814. Son compatriote Levavasseur rapporte : «Près de la ville, après avoir passé le pont, que l'ennemi croyait pouvoir défendre avec de l'artillerie, les dragons du général Lamotte enfoncèrent et sabrèrent avec vigueur tout ce qui se présentait devant eux. Dans cette belle charge, le brigadier (sic) de dragons Fremaux, de Breteuil, pénétra seul au milieu des rangs ennemis sur une batterie et eut l'audace de ramener au trot une pièce d'artillerie, qu'il vint lui-même présenter à l'Empereur. Napoléon ordonna immédiatement qu'on donnât à Frémaux, comme indemnité de la valeur du canon, qui lui appartenait, 25 louis et la croix.» Dans Le Spectateur militaire (1865), Chénier précisera que durant l'action, près de Valcourt, le dragon a mis en fuite les deux sous-officiers qui escortaient la pièce, la ramena attelée de quatre chevaux avec deux prisonniers, et que la fameuse décoration promise ne sera reçue... qu'en 1831...

Le jeune chef d'escadron Anatole de La Woestine, 27 ans, ancien aide de camp du général wasseyen Defrance, se distingue encore dans la charge de cavalerie... Venu du 22e régiment, le colonel Chaillot, du 15e dragons (division Ludot), «chargea à la tête de son régiment une colonne de cavalerie russe, fit beaucoup de prisonniers et prit trois pièces de canon». L'anthologie «Victoires et conquêtes» cite encore la valeur dont a fait preuve, à Arcis-sur-Aube et à Saint-Dizier, le capitaine Albert-Pierre-Louis-Gabriel Lallemand, 28 ans, du 2e régiment d'artillerie à cheval...


Napoléon est donc vainqueur. Il sait déjà, par les prisonniers, qu'il n'a battu qu'un corps allié. Ce qu'il ignore, en revanche, c'est que l'affaire de Saint-Dizier est son dernier succès de sa Campagne de France, l'avant-dernier de sa vie de grand capitaine...


Officiers blessés à Saint-Dizier

Qui sont les officiers victimes de ce combat ? Grâce aux travaux de Martinien et aux dossiers de légionnaire des personnes concernées, il est possible de les nommer :

. au 4e dragons : sous-lieutenant Jean-François Parent, né en 1775 dans le Nord (il n'y a pas de mention de cette blessure dans son dossier).

. au 11e dragons : capitaine Joanet, blessé le 25 dans une reconnaissance près de Saint-Dizier (en fait, il était sous-lieutenant, et a été touché à Fère-Champenoise).

. au 13e (selon Martinien) ou 18e (selon son dossier de légionnaire) dragons : sous-lieutenant (ou lieutenant) Charles-Richard Delapille, né en 1784 dans l’Eure, touché par un coup de lance au bras droit, mort en 1823.

. au 15e dragons : sous-lieutenant Estienne de Souspiron, né en 1783 à Paris, «grièvement blessé d'un coup de lance dans le flanc gauche entre Vitry et Saint-Dizier».

. au 16e dragons : sous-lieutenant Fournier.

. au 18e dragons : capitaine Gaëtan Viora, né en 1786 en Italie (blessé d'un coup de feu à la cuisse droite le 25 mars) ; sous-lieutenant Ardouin (un capitaine François Ardouin servait bien au 18e dragons, mais en qualité de quartier-maître-trésorier, et aucune mention de blessure ne figure dans son dossier de légionnaire).

. au 19e dragons82 : chef d'escadron Pierre-Jean-René Cosnard, né en 1769 dans l'Orne, blessé par un coup de lance ; sous-lieutenant Charles-Séraphin-Joseph Gauguier, né à Lille en 1789, touché par un coup de lance (chevalier de la Légion d'honneur le 3 avril) ; sous-lieutenant Antoine Paradis, né dans la Somme, touché à la jambe.

. au 20e dragons : chef d'escadron Jacques-Blaise-Pierre Algay, né en 1771 en Corrèze, touché par un coup de feu à la jambe gauche (il sera promu major le 3 avril) ; sous-lieutenant de Gisancourt (sans doute Amédée Berthe de Gizancourt, né en 1790 à Avesnes, dans le Nord, futur chef

d'escadron de cuirassiers) ; sous-lieutenant Sébastien Lallemand, Haut-Saônois de 31 ans, blessé d'un coup de lance au ventre (ou à l'épaule selon le témoignage du cavalier Gougeat) – promu lieutenant le 30 mars ;

. au 22e dragons : capitaine Silvestre-Maurice de Spada, né en 1779 dans la Meuse, blessé le 26 (sic) janvier 1814 («atteint de deux coups de feu aux reins, du côté gauche et une balle qui lui a occasionné une forte contusion à l'épaule droite»), fait officier de la Légion d'honneur le 3 avril.

. au 25e dragons : capitaine Charles Molard, né en 1773 dans le Gers (il n'y pas de mention de cette blessure dans son dossier, mais celui-ci signale qu'il est fait officier de la Légion d'honneur le 3 avril 1814 après Saint-Dizier) ; sous-lieutenant Ricolfo ou Rigolfo ; lieutenant Stanislas d'Inglemarre (ou Dinglemarre), né en 1790 en Seine-Inférieure.

. au 30e dragons : lieutenant Jacques Bouillon, né en 1776 dans les Basses-Pyrénées, membre de la Légion d’honneur depuis 1813, mort en 1836 (blessure qui n'apparaît pas dans son dossier).

. au 2e lanciers de la Garde : lieutenant G.-G. Buys, né en 1788 à Nimègue (Pays-Bas), qui sera fait membre de la Légion d’honneur le 5 avril 1814 à Fontainebleau. A noter que Martinien cite également un lieutenant Buys, du 5e lanciers, blessé le 27 janvier 1814 à Saint-Dizier ; lieutenant de Chavannes.

. au 72e de ligne, le sous-lieutenant Saucisse.

. dans le train d'artillerie, le sous-lieutenant Pignière.


Martinien et les dossiers des membres de la Légion d'honneur signalent également les blessures de plusieurs officiers, survenues à Saint-Dizier, mais à des dates différentes de celles couramment admises. Ont-elles été occasionnées lors d'escarmouches oubliées, même si cela peut

paraître improbable, ou bien s'agit-il plutôt d'erreurs de date ou de lieu ? Difficile de trancher.

. Duchevreuil Jacques-Antoine-Henry, né en 1786 en Normandie, sous-lieutenant au 5e chasseurs à cheval, blessé d’un coup de feu au bras droit et à l’épaule le 25 mars 1814.

. Fonville François, né en 1790 dans l'Ain, sous-lieutenant au 27e chasseurs à cheval, blessé le 19 (sic) mars 1814, ainsi que le sous-lieutenant Millet, du même régiment. Selon ses états de services, Fonville a été touché d'un coup de feu au genou gauche à la bataille de St-Diez (sic), sans précision de date. Rappelons que ce régiment, attaché à la division Piré, n'a pas chargé à Saint-Dizier.

. L’Hermitte Jacques-Joachim, né en 1781 dans la Sarthe, lieutenant au 24e chasseurs à cheval, blessé le 17 (sic) mars 1814. Il a reçu au total sept blessures dont une à Vandeuvre (23 février 1814) et donc le 17 mars 1814 à St Lizier (sic).

. Migneret Nicolas, né en 1785 à Paris, sous-lieutenant au 19e dragons, blessé le 22 janvier d'un coup de feu au bas-ventre ».