mardi 3 février 2009

Premiers légionnaires

Ce message recense les premiers membres militaires connus de l’ordre de la Légion d’honneur (période an XII – 1815). Nous en avons identifié 92. Ne sont indiqués ici que les sous-officiers et hommes de troupe, les officiers, pour beaucoup légionnaires, ayant été répertoriés à part.
Cette liste se base d’une part sur différents dossiers conservés par les Archives départementales de la Haute-Marne (série M), d’autre part sur les notices biographiques publiées dans l’anthologie « Fastes de la Légion d’honneur » et sur quelques dossiers mis en ligne par les Archives nationales (base Léonore).
Il est à noter que plusieurs promotions faites durant les Cent-Jours n’ont pas été confirmées à la Restauration. C’est le cas de Jean-Baptiste Chalmandrier, qui sera finalement réintégré dans l’ordre en 1832.



Adam Antoine-Joseph (Sommerécourt 30 janvier 1776). Entré au 4e hussards (le 8 septembre 1798), admis aux chasseurs à cheval de la Garde (1803), il sert en Autriche, en Prusse, en Espagne (1810-1811), en Russie. Blessé et fait prisonnier le 28 août 1812 à Witebsk, il est rapatrié en 1814. Membre de la Légion d'honneur (1806). Médaillé de Sainte-Hélène.
Alexandre Jean-Baptiste-Pierre (Cirfontaines-en-Ornois 30 juin 1789). Fils de Jean-Baptiste, tisserand. Il sert du 31 mai 1808 à décembre 1815. Sergent-major au 1er régiment d’artillerie de marine, il est fait membre de la Légion d’honneur le 14 septembre 1813. Se retire à Cirfontaines..
Andriot Alexandre-Joseph (Rouvres-sur-Aube 18 mars 1774). Membre de la Légion d’honneur (23 mars 1806), il est maréchal des logis au 29e dragons. Sources : base Léonore.
Arminot Joseph (Latrecey 11 août 1785 – 4 août 1859). Il sert de 1805 à 1815 au 8e cuirs. Adjudant-sous-officier, il est membre de la Légion d’honneur le 28 septembre 1813. Retiré à Charleville (Ardennes). Sources : base Léonore.
Aubertin Jean (Saint-Urbain 18 août 1775 – Curel 1836). Entré en service au 1er bataillon de Joinville (1793), passé dans la 92e demi-brigade puis la Garde (an IX), blessé en l’an VII près de Vérone, il est promu sergent en juin 1809. Chevalier de la Légion d’honneur (1er mai 1808). Caporal de grenadiers à pied de la Garde. Sources : base Léonore.
Aubertot Anselme (Lamargelle 1770). Au 17e bataillon des réquisitionnaires de Paris (1793), il passe au 5e bataillon de Paris, puis dans les 2e puis 9e demi-brigades. Sert notamment en Italie et Orient. Membre de la Légion d’honneur (25 prairial an XII), il sert au 2e corps en l’an XIV et 1806, retraité le 25 octobre 1806. Ce grenadier meurt à Selongey en 1841. Sources : « Fastes de la Légion d’honneur ».
Bernard Nicolas (Choiseul 27 décembre 1788). Sergent au 27e de ligne, ne justifiant d’aucune blessure, il est membre de la Légion d’honneur. Vit à Choiseul, en 1816. Il s’agit sans doute du caporal dans la compagnie de grenadiers du 1er bataillon des gardes nationales de la Haute-Marne (1809), versé ensuite au régiment des gardes nationales de la Garde à Lille.
Bertin Jean-Baptiste (Doulaincourt-Saucourt 13 novembre 1779). Maréchal des logis au train d’artillerie de la Garde, il totalise quatorze ans de services. Membre de la Légion d’honneur, vit à Saucourt, en 1820.
Blanchot Jacques (Varennes 31 août 1766). Membre de la Légion d’honneur (14 avril 1807), grenadier à pied de la Garde. Caporal, il est retiré, en 1811.
Bourel Nicolas, né à Langres en 1772, maréchal des logis au 12e chasseurs à cheval, il est fait membre de la Légion d’honneur le 25 prairial an XII et meurt en l’an XIV. Sources : « Fastes de la Légion d’honneur ». Selon une autre source, il est tué en Prusse.
Brugnon Nicolas Membre de la Légion d’honneur (17 mars 1815), sergent au 14e de ligne, il est retiré à Maizières-sur-Amance, en 1816.
Carlin Jean (3 avril 1775). Brigadier à cheval de la Garde, membre de la Légion d’honneur, il est retiré à Rosières, en 1816.
Chalmandrier Jean-Baptiste (Bugnières 6 novembre 1775). Chasseur (ou grenadier) à pied de la Garde, il est fait membre de la Légion d’honneur durant les Cent-Jours (il a suivi Napoléon à l’île d’Elbe). Mais cette promotion est rendue nulle le 28 juillet 1815, sous la Restauration. Le 13 mars 1817, le préfet écrit au maire de Bugnières « en l’invitant à ordonner à Chalmandrier de ne plus porter la décoration ». Chalmandrier sera à nouveau fait membre de la Légion d’honneur en 1832.
Charbonelle Nicolas (Trampot, Vosges 25 février 1775). Sergent au 2e d’artillerie, membre de la Légion d’honneur, il vit à Wassy en 1818.
Chaufour Joseph (Saucourt 4 novembre 1780). Canonnier de l’artillerie à pied de la Garde, membre de la Légion d’honneur, il vit à Gudmont, en 1821. A subi la « perte totale de l’œil droit ».
Cornaire Mammès (ferme Gravaux, Epinant 21 février 1786). Il sert de 1806 à septembre 1815 au 14e de ligne. Sergent au 14e il est fait membre de la Légion d’honneur le 17 mars 1815, mais cette promotion sera annulée. Il sera rétabli en 1832. Médaillé de Sainte-Hélène, à Vicq.
Dechané Pierre, du 1er dragons, titulaire d’une carabine d’honneur le 22 frimaire IX. Retiré à Mandres-la-Côte.
Defrain Nicolas (Fresnes-sur-Apance 30 juillet 1779). Maréchal des logis au 15e dragons, chevalier de la Légion d’honneur, il est retiré à Fresnes, en 1817.
Delion Nicolas (Vignory 2 septembre 1768). Il présente quatre blessures dont deux au bras gauche et deux à la jambe gauche. Membre de la Légion d’honneur, vit à Vouécourt, en 1817.
Denis Nicolas, né à Chaumont le 4 avril 1766. Caporal au 34e RI, il a reçu deux balles à la poitrine côté droit en Catalogne. Membre de la Légion d’honneur.
Deschamps Pierre (Mussey 1772 – Castellazo 1806). Volontaire (1792), passé à la 93e demi-brigade, il est promu sergent (1806) dans la 7e compagnie du IV/93e de ligne. Membre de la Légion d’honneur (an XII), il est hospitalisé le 16 septembre 1806 pour fièvre, et meurt le 30. Sources : « Fastes de la Légion d’honneur ».
Dormoy Claude (Rouvroy-sur-Marne 1769 – Vauvillers, Haute-Saône 1808). Incorporé en 1792, passé à la 103e demi-brigade, il est pris le 2 floréal an VII. Rentré par échange le 23 floréal an VII, sergent (an X), il est fait membre de la Légion d’honneur (25 prairial an XII). Passé dans une compagnie de voltigeurs du 5e corps (an XIV), blessé à Iéna le 9 août 1808 (sic), il entre dans la 4e demi-brigade de vétérans. Sources : « Fastes de la Légion d’honneur ».
Dufour Jean-Baptiste-Armand Brigadier des chasseurs à cheval de la Garde, il est fait membre de la Légion d’honneur le 15 mai 1815, promotion annulée. Il s’agit sans doute du légionnaire né le 23 juin 1776 à Courson (Yonne).
Dufournet François (Guindrecourt-sur-Blaise 7 septembre 1777). Il sert du 26 avril 1799 à 1827, successivement au 22e de cavalerie, au 12e cuirs, au 13e cuirs, au 2e grenadiers à cheval de la Garde royale, aux grenadiers à cheval de la Garde. Membre de la Légion d’honneur (27 février 1814). Maréchal des logis au 2e grenadiers à cheval de la Garde, il est retiré à Guindrecourt. Médaillé de Sainte-Hélène.
Fevre Nicolas, de la 22e demi-brigade, titulaire d’un fusil d’honneur le 28 brumaire an IX (après Marengo), mort en 1805. Sources : « Fastes de la Légion d’honneur ».
Forgeot Nicolas (Occey 22 janvier 1784). Membre de la Légion d’honneur (7 août 1809), sergent-major au 8e - ou 88e – de ligne, il est blessé d’un coup de lance le 2 février 1807, d’un coup de sabre au bras gauche le 5 juillet 1809 à Wagram, d’un coup de feu le 16 mai 1811 en Espagne (à Albuera ?).
Geoffroy Pierre (Pont-la-Ville 12 juillet 1780). Sergent au 4e bataillon de sapeurs, il est blessé à Dantzig dans la nuit du 27 avril 1807 d’un coup de feu lui ayant traversé le corps ; d’un coup de baïonnette à la hanche ; aux deux jambes à Ebersdorff le 21 juin 1809, « s’étant trouvé pris entre deux barques au moment de la rupture du pont ».Membre de la Légion d’honneur, il vit à Pont-la-Ville, en 1812, puis est désigné lieutenant pour la garde nationale de la Haute-Marne le 9 juin 1815.
Gérard Claude (Varennes 7 septembre 1786). Part le 11 octobre 1806 pour les fusiliers de la garde, membre de la Légion d’honneur (5 juin 1809), il servait dans les chasseurs à pied de la Garde lorsqu’il se retire à Varennes.
Gérard François-Toussaint (Lénizeul 31 octobre 1771 ou 1777). Membre de la Légion d’honneur (27 février 1814), brigadier aux grenadiers à cheval de la Garde, il a été blessé d’un coup de feu à la jambe droite, d’un coup de sabre à la main gauche, victime d’une chute de cheval en Russie (un testicule touché).
Gervaisot Jacques (Louvemont 20 avril 1771). Sergent au 10e léger, reconnaissant trois blessures, il est membre de la Légion d’honneur, en 1821.
Girardot Jean (Montheries 22 février 1770). Brigadier des chasseurs à cheval de la Garde des consuls, il prend une pièce de canon à Marengo et reçoit une carabine d’honneur le 28 vendémiaire an XI. Maréchal des logis des dragons de la Garde, il a été blessé de deux coups de feu, d’un coup de biscaïen à travers le corps, d’un coup de sabre à la main gauche (autre source : il a reçu un coup de feu à l’épaule droite et un coup de baïonnette au côté gauche). Retiré du service en 1806, il est électeur dans l’arrondissement de Chaumont. Membre de la Légion d’honneur, il vit à Blaisy, en 1809.
Godard Henry (Saint-Dizier 15 avril ou 15 mai 1778). Sergent dans la 8e compagnie d’artillerie, il est à Boulogne-sur-Mer, en l’an XII. Membre de la Légion d’honneur, il vit à Saint-Dizier, en 1821.
Godard Pierre-Edme (Saint-Dizier 13 août 1788). Parti le 19 juin 1807 pour le 7e d’artillerie à pied, membre de la Légion d’honneur (17 mars 1814), ce caporal vit à Saint-Dizier, en 1818.
Godot (Gaudot, dit) Jacques-François (en Haute-Saône, 29 janvier 1776). Brigadier au 10e chasseurs à cheval, il est fait membre de la Légion d’honneur le 25 prairial an XII. Dragon de la Garde, retiré à Laneuvelle, il y meurt en 1840.
Gormont Brice (Gilley 13 décembre 1789). Parti le 4 décembre 1808 pour le 14e de ligne, il est fait membre de la Légion d’honneur le 17 mars 1815, comme adjudant sous-officier au 63e de ligne.
Gousselot François (Cirfontaines-en-Azois 17 mai 1782). Il sert du 4 messidor an XII au 1er septembre 1815, au 18e léger, terminant caporal. Membre de la Légion d’honneur (16 juin 1809), il a été blessé à Matarol (Catalogne) aux pied et bras gauches, et à Saint-Daniel (Italie) à la tête. Médaillé de Sainte-Hélène.
Gousselot Louis (Cirfontaines-en-Azois 26 mai 1785). De la classe an XIV, destiné au 14e de ligne, il est fait membre de la Légion d’honneur le 17 mars 1815, comme sergent-major du 14e.
Grandjean Louis (Villars-en-Azois 13 mai 1787). Cultivateur, il part le 24 avril 1807 pour le 14e de ligne. Sergent au 14e, il est fait membre de la Légion d’honneur (17 mars 1815). Se retire à Lanty.
Grenache Guillaume-Robert (Colmier-le-Bas 20 juin 1789). Membre de la Légion d’honneur (25 février 1814), maréchal des logis du train d’artillerie, il est retiré à Germaines.
Guérinot Denis (Langres). Chasseur à cheval de la Garde, il est membre de la Légion d’honneur, en 1811. Pas cité dans la base Léonore.
Guidor Jean (Cohons 3 mars 1776). Canonnier à cheval de la Garde, reconnaît « l’amputation aux deux-tiers de la cuisse droite par suite d’un coup de boulet reçu en Espagne le 5 mai 1811 ». Membre de la Légion d’honneur, vit à Langres, en 1820.
Guif Joseph-Benoit (Morancourt 11 juillet 1786). Il part le 12 octobre 1806 pour le 14e de ligne, puis sert jusqu’en juin 1814 au 1er régiment de chasseurs de la Garde. Membre de la Légion d’honneur (21 février 1814), caporal, il est médaillé de Sainte-Hélène.
Guillaume Nicolas-Marie (Arc 17 février 1781). Maréchal des logis retiré des dragons de France, en 1814, il justifie trois blessures graves. Membre de la Légion d’honneur, il est cabaretier à Aubepierre, en 1818.
Haroz Jean-François (Voisey 20 juin 1777). Il sert de l’an VII à 1814 au 57e de ligne, terminant sergent. Membre de la Légion d’honneur (19 octobre 1813), il est médaillé de Sainte-Hélène.
Hemard Hubert (Langres 1770 – Broncourt 1835). Volontaire au 8e dragons (1793), maréchal des logis (an VII), il se bat à Marengo. Membre de la Légion d’honneur (25 prairial an XII), il sert en Autriche, en Prusse, en Pologne. Dragon de la Garde (1808), brigadier, il sert en Allemagne. Retraité (1811). Sources : « Fastes de la Légion d’honneur ».
Henry Etienne (Vicq 16 mars 1790 – idem 20 septembre 1840). Il part le 21 mai 1809 pour le 14e de ligne. Sergent-major au 14e, il est fait membre de la Légion d’honneur le 17 mars 1815. Sera juge de paix à Varennes.
Heré (d’) (ou Dheré) François (Chaudenay 9 janvier 1759 – Fayl-Billot 1822). Soldat au 6e chasseurs à cheval (1783), maréchal des logis (an VIII), il reçoit un coup de biscayen à la jambe gauche et cinq autres blessures dont trois coups de sabre (dont une blessure dans les Abruzzes en 1807). Membre de la Légion d’honneur (26 frimaire an XII), il est retraité le 31 mai 1808. Retiré à Fayl-Billot.
Hu Augustin-François Adjudant-sous-officier des chasseurs à cheval, membre de la Légion d’honneur, il vit à Wassy, en 1818.
Humbert Jean (Joinville 29 février 1776). Entré en service le 1er septembre 1793, il sert au 34e de ligne, dans la gendarmerie jusqu'en 1816. Membre de la Légion d'honneur (12 septembre 1805), il était notamment gendarme en Toscane, en 1811. Médaillé de Sainte-Hélène.
Jacquinot Joseph dit Cadet (Langres). Brigadier au 1er carabiniers, membre de la Légion d’honneur, il est mortellement blessé à Austerlitz et meurt le 5 août 1806.
Jeanson Joseph-Pierre (Froncles 2 août 1779). Membre de la Légion d’honneur (27 décembre 1809), il était caporal dans la 4e compagnie d’ouvriers d’artillerie.
Lamontre Pierre (Montsaon 16 mars 1778). Sergent-major au 22e de ligne, blessé d’un coup de feu à la jambe droite, membre de la Légion d’honneur, il est retiré à Montsaon.
Laurent Antoine (en Haute-Saône 2 avril 1768). Membre de la Légion d’honneur (5 août 1804), sergent de grenadiers au 55e régiment (sic), il est retiré à Saint-Dizier. A été blessé notamment d’un coup de feu à la face.
Lefevre Nicolas, du 3e bataillon de sapeurs, il est titulaire d’un fusil d’honneur le 17 thermidor an VII, et membre de la Légion d’honneur le 1er vendémiaire an XII.
Legrand Louis (Puellemontier 4 août 1775). Brigadier de gendarmerie, reconnaissant deux blessures « marquantes » (un coup de feu et un coup de baïonnette), il est membre de la Légion d’honneur, vivant à Puellemontier, en 1821.
Malnuit Jean-Baptiste (Breuvannes 22 décembre 1789). Il sert à partir du 6 septembre 1807, au 2e fusiliers-grenadiers de la Garde, au 2e régiment de la Méditerranée, au 39e de ligne. Blessé d’un coup de feu à la jambe droite à Wagram, d’un coup de feu à la jambe gauche à Leipzig le 19 octobre 1813, il est fait membre de la Légion d’honneur le 12 octobre 1813. Adjudant-sous-officier au 39e de ligne. Médaillé de Sainte-Hélène.
Marchal Claude (Chambroncourt 15 décembre 1792). Membre de la Légion d’honneur (19 novembre 1813), caporal au 1er sapeurs, il est retiré à Laneuville-au-Bois, en 1818 (ou sergent).
Mariot Jean-Pierre (Leffonds 5 mai 1786). Il part le 11 octobre 1806 pour le 1er régiment d’artillerie de marine. Sergent-major dans l’artillerie de la Vieille Garde, une balle lui traverse la malléole du pied droit à Leipzig (1813). Membre de la Légion d’honneur, retiré à Chaumont, il est désigné lieutenant dans la 4e compagnie du 1er bataillon de la garde nationale de la Haute-Marne (17 avril 1815).
Martinot Michel (Epinant). Membre de la Légion d’honneur, il est sergent de grenadiers au 100e de ligne, en 1811. Pas cité dans la base Léonore, à moins qu’il ne s’agisse du légionnaire né à Paris en 1780.
Mathey Joseph (Rançonnières 13 décembre 1774). Brigadier des grenadiers à cheval de la Garde, membre de la Légion d’honneur, il vit à Saulxures, en 1820.
Mathey Nicolas (Rivière-les-Fosses 7 mars 1787). Il part le 25 mai 1809 rejoindre la Garde. Sergent au 6e tirailleurs de la Garde, membre de la Légion d’honneur, il vit à Rivière, en 1816.
Matouillot Thomas (Sandoncourt, Vosges 13 octobre 1782). Chasseur au 9e léger, blessé à la jambe droite et au bras gauche, « attaqué à la poitrine par des coups de crosse de fusil dans le combat», il est membre de la Légion d’honneur (1819). Vit à Colombey-lès-Choiseul, en 1813.
Mercier Edme (Consigny 2 novembre 1768). Membre de la Légion d’honneur (14 avril 1807), maréchal des logis, il est retiré à Doncourt.
Millot Charles-Toussaint (Saint-Dizier 31 octobre 1782). Sergent, membre de la Légion d’honneur, il vit à Saint-Dizier, en 1818.
Mullot Félix (Silvarouvres 8 février 1769). Membre de la Légion d’honneur (14 avril 1807), il était sergent au 12e de ligne.
Navarre Claude (Sommevoire 22 juin 1767). Maréchal des logis au 6e cuirs, membre de la Légion d’honneur, il est retiré à Rozières, en 1811.
Nicotte Claude-Michel (Esnouveaux 21 janvier 1780). Grenadier au 14e de ligne, il est blessé d’un coup de feu à la tête, blessé d’un coup de baïonnette sur le corps à Eylau. Membre de la Légion d’honneur (21 juin 1808). Vit à Esnouveaux.
Normand Nicolas (Aprey 1769 – Hièvre-Magny, Doubs 1840). Entré dans le régiment de Bourgogne (1786), passé dans la 17e compagnie d’artillerie à cheval puis au 5e régiment d’artillerie légère (an II), il se bat notamment en Egypte. Maréchal des logis (an VIII), membre de la Légion d’honneur (an XII), fourrier, il se bat en Autriche, Prusse et Pologne. Maréchal des logis chef (1806), il a le genou droit fracassé par un coup de boulet à Wagram. Retraité (1810). Sources : « Fastes de la Légion d’honneur ».
Numérot, brigadier de l’artillerie à cheval de la Garde consulaire, il est titulaire d’une grenade d’honneur le 3 thermidor an VIII (après Marengo).
Passerat Jean-Joseph (Joinville 7 mars ou mai 1759). Brigadier, pensionné (blessé d’un coup de feu à la cuisse gauche), membre de la Légion d’honneur, il vit à Saint-Dizier, en 1818, après avoir résidé à Buxières-lès Froncles.
Perrin François (Montcharvot 13 septembre 1780). Sergent au 14e de ligne, membre de la Légion d’honneur (14 avril 1807), il vit à Montcharvot, en 1816.
Perrin Jean-Baptiste (Dainville-aux-Forges, Meuse 31 janvier 1771). Issu des grenadiers à pied de la Garde, membre de la Légion d’honneur le 25 prairial an XII, il est pensionné à Suzannecourt en 1809 (est électeur de l’arrondissement de Wassy, en 1807).
Piot Nicolas (Marbéville 29 juillet 1780). Sergent au 14e de ligne, il est membre de la Légion d’honneur le 14 septembre 1813. Retiré à Ambonville.
Piot (4 juin 1775). Sergent-major de chasseurs à pied de la Garde, il est blessé les 2 septembre et 30 octobre 1813. Autre source : blessé à la hanche droite et à la tête. Il n’est pas cité dans la base Léonore.
Priaut Paul-Victor (Eurville 27 février 1770). Capitaine (ou caporal ?) au 1er lanciers, membre de la Légion d’honneur (6 août 1811), il vit à Saint-Dizier.
Prieur Joseph (Ambonville 18 février 1766). Ancien caporal du 4e d’artillerie à pied, blessé à la jambe gauche, il a servi en Afrique (sic). Retiré à Ambonville, en 1806, il était membre de la Légion d’honneur depuis le 7 fructidor an IX.
Prot Jean-Léonard (Cheminon 4 juin 1775). Grenadier au 108e de ligne, blessé d’un coup de lance à la tête et un coup de baïonnette à la hanche droite, il est retiré à Sarcey, en 1812. Membre de la Légion d’honneur.
Raoul(t) Jean-Baptiste (Chamoy, Aube 23 janvier 1775). Originaire de Darmannes, brigadier des chasseurs à cheval de la Garde, il est blessé à Eylau d’un coup de sabre au bras gauche et d’un autre à la tête. Vit ensuite à Orges.
Ravier (1er février 1778). Blessé d’un coup de feu à Dantzig (a le bras cassé), ce sapeur du 2e bataillon vit à Jonchery. Il meurt à Chaumont en 1812. Pas cité par la base Léonore.
Renaud Nicolas, né le 15 février 1769 à Saint-Urbain. De Reynel, grenadier au 103e de ligne, ce membre de la Légion d’honneur n’a pas été blessé.
Rignier Charles, de Sommevoire, fourrier, il est membre de la Légion d’honneur
Robert Jean (Vaux-sur-Blaise 27 septembre 1769). Maréchal des logis du 14e dragons, il reçoit son aigle en 1808.
Royer Jean ou Nicolas (3 mai 1784 à Bassoncourt). Chevalier de la Légion d’honneur, voltigeur de la Garde, retiré à Bassoncourt, il revendique trois blessures graves (un coup de lance, une balle…).
Royer Jean (1er mars 1774 ou 1er mars 1776). Chaumontais, caporal au 34e de ligne, il a été blessé d’un coup de feu à la cuisse gauche avec le 94e (sic), à la montagne de Spriomon ; à Iéna, d’un coup de feu et trois coups de sabre (un à la joue, deux à la tête). Membre de la Légion d’honneur.
Rouillot Simon. Chevalier de la Légion d’honneur, voltigeur de la Garde, il est retiré à Chaumont. Pas cité par la base Léonore.
Simonnin Nicolas-François (Paris 7 avril 1787). Membre de la Légion d’honneur (28 novembre 1813), lieutenant de gendarmerie, il est retiré à Montier-en-Der.
Sorel Louis (Joinville 12 avril 1773). Membre de la Légion d’honneur, maréchal des logis au 13e cuirs, il est à Joinville, en 1816.
Vanel Jacques (Valcourt 19 février 1789). Membre de la Légion d’honneur (2 février 1814), chasseur à pied au 1er régiment de la Garde, il est retiré à Doulevant.
Vaslot Antoine (Mathons 24 avril 1781). Membre de la Légion d’honneur (16 mai 1813), caporal dans la Garde, il est retiré à Soulaucourt.
Vignand Jean (Dommartin-le-Saint-Père 13 janvier 1774). Sapeur au 1er grenadiers à pied de la Garde, il sert en Russie où il est blessé. Membre de la Légion d'honneur, il a été blessé d’un coup de feu à tête, d’un coup de baïonnette à la main gauche.
Voillemin Etienne (Reclancourt 26 mars 1774). Il fait les campagnes de 1793 à 1807. Blessé d’un coup de feu à la cuisse gauche à Marengo, sergent de grenadiers du 96e (ou 88e) de ligne, membre de la Légion d’honneur, il est retiré à Chaumont, en 1809.
Voillemin Louis (9 avril 1779). Blessé à Essling (d’un coup de feu au bras droit), à Trafalgar (un coup de feu), ce sergent au 67e de ligne, membre de la Légion d’honneur, est retiré à Ozières.

vendredi 23 janvier 2009

Charles Deponthon : l'homme qui a mis en garde Napoléon

De tous les officiers haut-marnais, celui qui a le plus suscité des éloges de la part de ses contemporains reste, à nos yeux, le général Deponthon. Pour preuve de son mérite, il suffit de préciser qu’il fut, de 1807 à 1813, l’officier d’ordonnance puis le secrétaire de Napoléon.
Dans son ouvrage sur la Grande Armée, l’historien Georges Blond a salué les qualités de cet officier suppliant l’empereur de ne pas se lancer dans une campagne militaire en Russie. Nous venons de retrouver sa source : il s’agit d’un des mémorialistes les plus fameux du Premier Empire, le futur général Marbot.
Rappelons dans ses grandes lignes la carrière de Deponthon avant cette mise en garde. Charles-François est né le 26 août 1777 dans la bourgade d’Eclaron, fils de Louis-François Deponthon (celui-ci signe Ponthon), qualifié d’écuyer-seigneur de Gueux, garde de la porte du Roy (lui-même fils de Claude, procureur et notaire), et de Marguerite Grimon. Filleul d’un prêtre, le jeune homme embrasse la carrière militaire durant la Révolution : sorti de l’école du génie, il se bat en Italie et en Egypte (au sein de la division Desaix). A l’issue du siège d’Aboukir, il est proposé par le général Bertrand pour le grade de capitaine.
Quelques années plus tard, il intègre comme officier d’ordonnance l’entourage de Napoléon. Qui le tient en estime. Ce « bon officier du génie », qui a servi sous les ordres de Jérôme Bonaparte et du général Vandamme lors de la campagne de Silésie (il a été cité dans le 74e bulletin de la Grande Armée pour sa conduite lors du siège de Neisse), est envoyé en septembre 1807, avec Périgord, l’aide de camp du maréchal Berthier, auprès de l’empereur Alexandre à Saint-Pétersbourg. « Si l’empereur (note : de Russie) a besoin d’un officier du génie pour Cronstadt, etc., il peut lui servir », écrit Napoléon. Le sapeur haut-marnais comble tellement le tsar de satisfactions que celui-ci le fait chevalier de l’ordre de Saint-Wladimir, et que Napoléon doit ordonner à Deponthon de faire un peu moins preuve de zèle (« Souvenez-vous que vous restez Français ! », lui aurait-il écrit).
Après cette mission de confiance en Russie, Deponthon est envoyé en Espagne où, durant l’hiver 1808-1809, il exécute plusieurs reconnaissances qui donnent naissance à autant de rapports détaillés. Membre du cabinet de Napoléon, Deponthon, passé chef de bataillon, est encore envoyé reconnaître les places de Hollande (à l’été 1810), puis les rades et passes de l’Atlantique entre Rochefort et Bordeaux (août 1811).

C’est alors que Napoléon évoque publiquement la menace d’une guerre avec la Russie. Est-ce à ce moment que le colonel (promu en 1810) Deponthon est interrogé, parmi les connaisseurs de cet empire, par le souverain des Français ? Marbot ne le précise pas. Quoi qu’il en soit, il met en exergue l’avis « courageux » d’un « homme des plus capables et des plus modestes ». Devant Napoléon, Deponthon aurait fait état du peu de cas qu’il fallait tenir des provinces lithuaniennes, de la rarereté des vivres et fourrages, des contrées presque désertes à traverser, des routes impraticables pour l’artillerie après la pluie, des rigueurs de l’hiver… Alors, poursuit Marbot, « au risque de déplaire et de compromettre son avenir, M. de Ponthon (sic) se permet de tomber aux genoux de l’empereur pour le supplier, au nom du bonheur de la France et de sa propre gloire, de ne pas entreprendre cette dangereuse expédition, dont il prédit toutes les calamités. L’empereur, après avoir écouté avec calme le colonel de Ponthon, le congédia sans faire aucune observation. » Mais à en croire l’officier de cavalerie, Napoléon fut « plusieurs jours rêveur et pensif ». Pas au point de le dissuader de se lancer dans cette campagne, à laquelle Deponthon participe. Sans plus de précision.
Ayant quitté le cabinet pour retrouver son arme, le le colonel haut-marnais participe à la campagne de Saxe, à la tête du génie du 6e corps. Le 18 juin 1813, Napoléon ordonne au maréchal Berthier de lui confier le commandement du génie du maréchal Davout, défenseur d’Hambourg. Il y rend de tels services que Davout prend l’initiative, fin mars 1814, de le nommer à titre provisoire général de brigade. «Vous nous avez rendu les plus grands services dans ces circonstances, en faisant de Hambourg et Harbourg des places fortes», justifiera le prince d'Eckmühl.
Confirmé dans son grade de maréchal de camp sous la Restauration, Deponthon participera à la mise en défense de la place de Paris durant les Cent-Jours, aurait refusé – c’est tout à son honneur – d’être le rapporteur du procès du maréchal Ney, deviendra lieutenant général, pair de France. Mis à la retraite en 1848, il retourne dans son bourg natal où il décède en 1849. Son nom est inscrit sur l'Arc de Triomphe.

mardi 9 décembre 2008

Léon Quilliard, mort à Waterloo



C'est un document fort intéressant que vient de nous communiquer M. Martin Quilliard.

Il représente son parent Léon Quilliard, officier du génie. La légende de ce document précise que Quilliard était lieutenant-colonel, chef d'état-major du général Drouet d'Erlon (commandant le 1er corps), et qu'il a été tué à Waterloo après avoir donné son cheval à son général. Une histoire de l'école polytechnique précise en effet que Léon Quilliard est présumé mort à Waterloo, Martinien se contentant d'indiquer que l'officier a été blessé durant la bataille.

Léon Quilliard est né à Aubepierre (canton d'Arc-en-Barrois), le 12 novembre 1781. Fils d'un maître de forges, il est polytechnicien de la promotion 1801, et sort de l'école deux ans plus tard pour rejoindre le corps - bientôt impérial - du génie. Lieutenant en second (1er vendémiaire an XII), lieutenant en premier (31 mars 1806) dans la 8e compagnie du 2e bataillon de sapeurs, il est capitaine, selon l'almanach impérial de 1813, et correspond sans doute à ce chef de bataillon Guillard (sic), commandant le génie du centre de l'armée Soult... que dirige le Rémois Drouet d'Erlon. C'est toujours avec le grade de chef de bataillon que ce sapeur, membre de la Légion d'honneur (même si la base Léonore ne le mentionne pas - le ruban rouge apparaît pourtant sur son uniforme), sert dans l'état-major du 1er corps durant les Cent-Jours, et qu'il finit à 33 ans une belle et prometteuse carrière.

Toute précision sur la carrière de ce brave et sur les circonstances de sa mort serait la bienvenue...

jeudi 4 décembre 2008

Le lieutenant Jacques Geoffroy et la 101e de ligne

Aux environs du 25 brumaire an VIII (16 novembre 1799), soit quelques jours après le coup d’Etat du général Napoléon Bonaparte, 1 765 jeunes Haut-Marnais sont sur le départ. Ils resteront dans l’histoire militaire française parmi les premiers conscrits institués par la loi Delbrel-Jourdan – d’autres les ont déjà précédés en l’an VII, pour rejoindre la 22e et la 109e demi-brigades d’infanterie de ligne.

Ceux-là appartiennent au 1er bataillon auxiliaire de la Haute-Marne, dont la mise sur pied fait suite à une loi prise sous le Directoire le 10 messidor an VII, et qui doit gagner l’armée du Rhin.

Nous savons peu de choses sur les conditions de formation de cette unité, si ce n’est que le département a notamment passé commande, pour les armer, de 1 600 fusils. Qui dirige ce corps ? Y a-t-il même un chef de bataillon ? Mystère. A priori, l’encadrement du bataillon paraît même incomplet. Seule une douzaine d’officiers ont été identifiés pour dix compagnies, là où il devrait y en avoir une trentaine.

Certains d’entre eux ont quelque expérience, puisqu’ayant déjà servi dans les bataillons de volontaires nationaux. C’est le cas du jeune capitaine Louis-Nicolas Perrot, un Bourmontais de 27 ans, du capitaine Gilles-Jérôme Ruelle, Chaumontais de 31 ans, et du lieutenant Antoine Palasson. A l’exception du capitaine Joseph-Ferdinand de Susleau de Malroy (rebaptisé Desusleau), des sous-lieutenants Hubert-Jean-Baptiste Devaux (un Chaumontais de 28 ans) et Claude-Florent Flocard (né en région parisienne en 1776), tous les autres officiers nous sont inconnus : il s’agit des capitaines Heno et Corbron, du lieutenant Dupont, des sous-lieutenants Champagne, Tairet et Jean Grommaire.

Effectif incomplet parmi les officiers, et surtout beaucoup d’absents dans les compagnies au moment du départ. La moitié de la 3e compagnie ne s’est pas présentée, la 6e déplore déjà 52 manquants… Autant dire que l’effectif de 1 765 hommes reste très, très théorique…

Parmi ces conscrits, Jacques Geoffroy. Comme la majorité des fusiliers et grenadiers, il est né en 1777. Le 26 mai, exactement, dans le village de Maizières-lès-Joinville, aujourd’hui canton de Chevillon, arrondissement de Wassy. Il n’est pas le seul de ce village, d’ailleurs : Claude Plique figure également sur le contrôle d’effectifs.

Fils de Jean et de Marie-Anne Perrot, Jacques Geoffroy (1) est affecté dans la compagnie de grenadiers du capitaine Ruelle, qui regroupe 176 hommes. Difficile de dire si ce fils de charpentier rêvait un jour de carrière militaire. Pourtant, et c’est une des sources d’intérêt supplémentaires d’un bataillon jamais étudié jusqu’alors, ils seront plusieurs dizaines, comme lui, à gravir les échelons de la hiérarchie, jusqu’à atteindre, à l’exemple de François Chameroy, le grade de lieutenant-colonel quatorze ans plus tard… Mais pour l’heure, Geoffroy, Chameroy et leurs camarades marchent vers le Rhin.

En majorité, ils sont versés dans la 101e demi-brigade d’infanterie de ligne, mise sur pied un an plus tôt à Strasbourg avec des éléments des 20e et 38e demi-brigades d’infanterie légère et de la 80e de ligne.

Ce n’est toutefois pas le cas des officiers. Dans un état des cadres du 101e de ligne dressé en août 1800 (et consultable sur le site Internet de Richard Darnault), deux Haut-Marnais seulement sont identifiés : Perrot, situé comme lieutenant (encore passera-t-il rapidement dans la 25e légère), et un chirurgien de 29 ans originaire d’Autreville-sur-la-Renne, Claude-Edme Vanderbach. Celui-ci ne faisait d’ailleurs pas partie du 1er bataillon auxiliaire de la Haute-Marne. En service depuis 1792, il était en poste dans un hôpital en Alsace lorsqu’il a rejoint, le 28 ventôse an VII (mars 1799), la 101e, comme chirurgien de 3e classe.

La 101e ne reste pas longtemps au sein de l’armée du Rhin, avec laquelle elle a participé à la défense de la forteresse d’Auenheim, puis à celle de la redoute de Kehl, avant que le 1er bataillon ne se batte à Stockach (mai 1800) sous les ordres du général Lecourbe.

Le gros de la demi-brigade a rejoint, lui, l’armée de réserve sous le commandement direct du Premier consul, qui va prendre part à la campagne d’Italie. Ce sont trois bataillons (soit 1 390 hommes) de la 101e, commandée par le chef de brigade Cardenneau, qui vont lutter dans le village de Marengo, le 14 juin 1800, au sein de la division Gardanne du corps Victor.

Devenue 101e régiment d’infanterie de ligne, l’unité va rester en bloc dans la péninsule italienne jusqu’en 1811.

Nombre de conscrits haut-marnais vont y décéder. Parmi ceux morts dans les hôpitaux sous le Consulat, nous avons ainsi relevé les noms de :
. François Aubertin, sergent, de Chaumont, III/101e, mort le 6 frimaire an IX à Bergame ;
. Jacques Bernard, de Vaillant, du dépôt du 101e, mort le 29 thermidor an IX à Dijon ;
. Claude Bouvier, de Saint-Dizier, III/101e, mort le 4 germinal IX ;
. Pierre Bruseaux, du II/101e, mort le 26 frimaire an IX à Treviglio ;
. Charles Chappuy, de Laferté, III/101e, blessé, mort le 10 ventôse an XI (février 1803) à Mantoue ;
. Pierre Clercy, de Blancheville, II/101e, mort le 4 vendémiaire an XI à Bologne ;
. Nicolas Demange, de Chevillon, II/101e, mort le 29 ventôse an XI à Bologne ;
. Charles Forret, de Perthes, I/101e, mort le 28 pluviôse an XI ;
. Pierre Fromont, né en 1777 à Châteauvillain, III/101e, mort le 16 ventôse an XI à Bologne ;
. Claude Laurent, de Laferté-sur-Amance, III/101e, mort le 23 ventôse an XI à Ferrare ;
. Joseph Lefevre, caporal, de Morionvilliers, mort le 14 nivose an XI à Bologne ;
. Edme Maillet, tambour de Saint-Dizier, II/101e, mort le 18 germinal an XII à San Benedetto ;
. Nicolas Mignard, de Chalancey, II/101e, mort le 1er vendémiaire an XI à Brescia ;
. François Sanrey, III/101e, mort le 2 frimaire an XI à Ferrare ;
. Didier Thevenot, de Bugnières, IV/101e, mort le 28 germinal an XI à Ferrare ; etc.

1805. L’Empire a été proclamé. Déjà, des conscrits de l’an VIII ont pris du galon. Dans un état des officiers en retraite en Haute-Marne, dressé en 1806, figurent trois hommes ayant servi au 101e : le lieutenant Pierre Vouriot, de Clinchamp, le sous-lieutenant Hyacinthe Senault, de Prez-sous-Lafauche (ancien sergent-major au bataillon auxiliaire) et le sous-lieutenant Palasson, de Cirfontaines-en-Azois. La même liste mentionne cette situation pour le capitaine Desusleau, qui n’a alors que 34 ans et qui était passé au 12e léger. Quant à Jacques Geoffroy, il a été nommé caporal à la date du 27 janvier 1804.

Précisons-le dès maintenant : le 101e ne sert pas dans la Grande Armée. Il n’est donc ni à Austerlitz, ni à Iéna, ni à Eylau et à Friedland. En garnison à Brescia, il se bat le 30 octobre 1805 à Caldiero (toujours au sein de la division Gardanne de l’armée d’Italie), puis prend part au siège de Gaëte. Selon le site de Richard Darnault, il est alors toujours commandé par le colonel Cardeneau, avec Châteauvieux comme quartier-maître-trésorier, Ducrieux, Boyer et Julien comme chefs respectifs des 1er, 2e et 3e bataillons.

Jacques Geoffroy passe sergent de grenadiers le 1er juillet 1806. Jusqu’en 1810, il sert en Calabre (l’historien Jérôme Croyet précise que le 101e, qui a son dépôt à Gênes, se bat contre les brigands de cette région), puis à partir de 1811, dans la péninsule ibérique.

Entre-temps, deux frères du sous-officier ont été appelés aux armées. D’abord Nicolas, né en 1782, charpentier mesurant 1,73 m, figurant parmi les conscrits de l’an XI mais non retenu. Ensuite Simon, né en 1789, charpentier mesurant 1,65 m, « inspecté » en mars 1808 et placé, comme on disait alors, « à la fin du dépôt ». On précisait alors qu’il « est le frère d’un conscrit sous les drapeaux » : Jacques, évidemment. L’année suivante, Simon sera appelé, en août 1809, pour servir dans le 1er bataillon des gardes nationales de la Haute-Marne, destiné à servir sur les côtes de la Mer du Nord après le débarquement britannique dans l’île de Walcheren. Avec un autre jeune de Maizières, Antoine Chevalier, Simon Geoffroy figure sur le contrôle d’effectifs de la 2e compagnie. Par la suite, on le retrouvera dans les rangs de la garde nationale durant les Cent-Jours…

Revenons au 101e de ligne. C’est donc en 1811 que le régiment rejoint ce théâtre d’opérations ibérique où les troupes impériales s’enlisent dans une guérilla depuis plus de trois ans. Il appartient alors à la 3e division (général Souham) du corps d'observation de la réserve qui reçoit l'ordre de faire mouvement le 27 juin 1811. Elle donnera naissance à la 7e division de l'armée du Portugal, confiée au général Maucune puis au général Thomières. C'est donc au sein de cette armée que commande le maréchal Marmont - dont l’aide de camp est un Chaumontais, Charles Denys - qu'il forme la 2e brigade de la 7e division avec le 23e léger. Apparemment, cette brigade est aux ordres du général Charles Rémond.

Le 22 juillet 1812, l’armée du Portugal affronte les troupes britanniques de Wellington aux Arapiles, non loin de Salamanque. La bataille, funeste, est âpre. Son colonel, Dherbez-Latour, est mis hors de combat, et sur 61 officiers et 1 388 hommes présents, ne subsisteront au soir que 29 officiers et 412 hommes. Martinien a identifié six officiers tués (dont le chef de bataillon Dutrieux) et 19 blessés (dont le chef de bataillon Lesterpy et le capitaine Flocard, ancien sous-lieutenant du 1er bataillon auxiliaire de la Haute-Marne).

Parmi le millier de fantassins mis hors de combat, figure le sergent Geoffroy : il a reçu un coup de feu à la hanche gauche et un coup de sabre au bras droit. D’autres Haut-Marnais sont victimes de ce combat : ainsi, le sergent François Richard, d’Eclaron, blessé et pris, et le lieutenant François-Barthélémy Gérard, de Reynel, prisonnier. Par ailleurs, comme le 101e a reçu au cours de l’Empire des conscrits de l’Ain (490 identifiés, dont 185 décéderont), Jérôme Croyet indique que douze soldats de ce département ont été pris dans la bataille et conduits sur les pontons d’Angleterre.

Les survivants du 101e sont en majorité versés dans le 1er bataillon qui va rester stationné en Espagne, les autres rentrant en France où se reforment les 2e et 3e bataillons. Il semble que le sergent Geoffroy fasse partie des premiers. Ses blessures ne l’empêchent pas d’accéder, le 8 février 1813, à l’épaulette d’officier : l’enfant de Maizières-lès-Joinville est sous-lieutenant à 36 ans.

1813. La guerre fait rage dans toute l’Europe. En Espagne, donc. Mais aussi en Saxe : les II, III et IV/101e prennent part à cette campagne au sein de la division Pacthod, 12e corps du maréchal meusien Oudinot. Ils se battent notamment à Bautzen, les 20 et 21 mai 1813, bataille au cours de laquelle le régiment s’empare des hauteurs de Tronberg. Un Haut-Marnais s’y distingue : c’est Pierre Chameroy, de Rouvres-sur-Aube, l’ancien sergent de l’an VIII devenu chef de bataillon, blessé dans l’affaire. Il sera major du 104e de ligne, nouveau corps créé le 8 décembre 1813 à Mayence après avoir intégré des éléments du 101e. Chameroy n’est pas seul : l’ont rejoint deux Chaumontais, les capitaines Jean-Baptiste Rose et Jean-Baptiste Denatz, qui étaient respectivement sergent et caporal au 1er bataillon auxiliaire.

Et encore dans la péninsule italienne. Un 6e bataillon, formé à Gênes, au sein de la 29e demi-brigade d’infanterie provisoire, se bat à San Martin le 19 novembre 1813. Le chef de bataillon Flocard y est blessé et mis à l’honneur dans un rapport du prince Eugène, vice-roi d’Italie. C’est peut-être à ce VI/101e qu’appartient désormais Jacques Geoffroy, promu lieutenant le 30 octobre 1813 : ses états de services mentionnent en effet sa présence à Gênes, dans la 24e division militaire, en 1814.

Lorsque Napoléon Ier abdique, que Louis XVIII prend possession de son trône, le lieutenant Geoffroy reste dans l’armée. Le 101e de ligne cesse d’abord d’exister au profit du 82e, à Toulon, au sein duquel sert l’officier haut-marnais. Puis il renaît durant les Cent-Jours. Nouvelle campagne pour le 101e, toujours aux ordres du colonel Dherbez-Latour : le Bas-Rhin. Le régiment participe en effet à la défense de Neuf-Brisach. Coïncidence : le commandant de place, le général Dermoncourt, avait eu sous ordres, durant l’hiver 1813-14, les cohortes des gardes nationales de la Haute-Marne.

Après ce blocus, qui a vu plusieurs officiers du 101e blessés, Jacques Geoffroy rentre en Haute-Marne. Il n’est pas mis en demi-solde, mais situé en activité. Il n’est pas le seul, parmi ces 253 officiers, à être issu du 101e : sont identifiés également le lieutenant Mathias Oudinot, de Perthes, le lieutenant François Gérard, de Reynel, le sous-lieutenant Jean-Nicolas Chanpied, de Fresnes-sur-Apance, et le capitaine Louis Henry, de Villegusien – sans compter le major Chameroy, les capitaines Rose et Denatz, passés par le 104e.

Lorsqu’il s’agit de mettre sur pied la Légion de la Haute-Marne, des appréciations sont portées par la préfecture sur chaque officier. En ce qui concerne Geoffroy, elle ne met pas un veto à un réemploi de l’officier : Geoffroy « ne s’est jamais permis le moindre propos contre le gouvernement… Son caractère est doux et il n’a de liaison habituelles qu’avec des gens bien pensants… »

Mais il ne servira finalement pas dans cette légion. On ne retrouvera pas non plus sa trace parmi les officiers en demi-solde. A-t-il retrouvé un poste dans l’armée ? A-t-il quitté la Haute-Marne (il ne se marie ni ne décède à Maizières) ? La réponse est donnée par son dossier : ses blessures justifient sa mise à la retraite. Il percevra 450 F selon une décision du roi du 4 septembre 1816. Retraite qu’il passera… à Dommartin-le-Franc, à une dizaine de kilomètres de Maizières ! Dommartin, patrie du général éponyme et du colonel Le Masson du Chesnoy, deux grands artilleurs.

C’est là que Jacques Geoffroy se marie, le 20 mars 1816, avec Rose-Joséphine Masson, en présence d'un ami, Joseph Senet (originaire de Dommartin), lieutenant de cavalerie dans la Garde, et de son frère Simon. Et c’est là que le père de Charles-Auguste (cultivateur dans le village) décède, en 1844. Il est alors qualifié de propriétaire et lieutenant en retraite. Lui quin n’a pas été fait membre de la Légion d’honneur ne recevra donc pas la médaille de Sainte-Hélène en 1857. Ce sera le cas de quelques vétérans haut-marnais du 101e, comme Joseph Forgeot (passé à la 17e légère), de Faverolles, Nicolas Geliquot, de Chalmessin, Jean-Baptiste Janniot, de Sarcicourt, ou François Richard, d’Eclaron.

(1) Jacques Geoffroy est le petit-fils de notre ancêtre (à la 8e génération) Jacques Geoffroy, né à Brauvilliers (Meuse) et mort à Maizières-lès-Joinville. Le 1er bataillon auxiliaire de la Haute-Marne accueille également d’autres conscrits apparentés à nos aïeux : Louis Fayolle, de Roches-sur-Rognon (il semble correspondre au futur sergent du 12e de ligne), Claude-Nicolas Labrevois, de Flammerécourt, Claude et Jacques Séclier, de Froncles…
Sources principales : dossier de retraite 2YF 171 830 (Service historique de la Défense), communiqué par Gérard Tissot-Robbe (par l’intermédiaire d’un fort honorable correspondant) ; différents dossiers déposés aux Archives départementales de la Haute-Marne (conscrits de l’an VII, Légion de la Haute-Marne, etc.) ; état civil des communes de Maizières-lès-Joinville et Dommartin-le-Franc ; « Historique du 101e régiment d’infanterie de ligne », 1875 (communiqué par M. Claudel) ; tableau des officiers tués et blessés, Martinien ; article sur le 101e de ligne, Jérôme Croyet (http://www.histoire-empire.org/historiques_de_regiments/101e_ligne.htm) ; site de Richard Darnault sur les armées de Napoléon (http://www.darnault-mil.com/Militaires/index.php)


Compléments : après la défaite des Arapiles, seul le I/101e reste donc servir en Espagne. En 1813, il fait partie, avec deux bataillons du 17e léger et deux bataillons du 105e de ligne, de la brigade Montfort de la 7e division Maucune, aile droite de l'armée des Pyrénées. Après le départ de Maucune pour l'Italie, c'est le général Leval qui prend le commandement de la division.
Lorsque Wellington prend l'offensive le 7 octobre 1813, le 101e se bat devant Saint-Jean-Pied-de-Port, lors du combat dit de la Rhune, plateau qui est perdu. Cette action a pour conséquence le passage de la Bidassoa par les Britanniques. Le capitaine François Canuel est blessé dans ce combat, près de Biriatou.
Les 9 et 10 décembre 1813, deux officiers du 101e sont tués, et un blessé devant Bayonne (combat de Barroillet).
Puis, le 20 janvier 1814, le 101e, toujours au sein de la brigade Montfort (avec le 17e léger et le 105e de ligne) de la 7e division Leval, quitte l'armée des Pyrénées pour rejoindre le 7e corps (Oudinot) de la Grande-Armée. C'est avec lui qu'il se bat le 27 février à Bar-sur-Aube, au pont de Dolancourt,puis à Arcis-sur-Aube (deux officiers blessés), et vraisemblablement à Saint-Dizier - la division Leval enlève la ville le 26 mars 1814.

samedi 15 novembre 2008

Officiers haut-marnais : liste complémentaire

AUBRY. Né à Narcy, capitaine au 94e de ligne, il meurt en 1814 à l’hôpital de Wessenfeld (Prusse).
AUBRY Jean-Louis-Marie. Fils d’aubergiste, né à Châlons-en-Champagne le 18 septembre 1778. Dragon au 13e régiment (1798), il est foulé aux pieds de chevaux à Friedland et laissé pour mort. Maréchal des logis (1809), sous-lieutenant (18 mars 1813), il est fait chevalier de la Légion d’honneur le 14 juillet. Lieutenant le 17 août 1813, toujours au 13e dragons. A servi notamment de 1809 à 1813 en Espagne, en 1814 en France. En demi-solde sous la Restauration, rallié aux Cent-Jours. Réside à Langres en 1816. Mort le 22 mars 1841. Source principale : base Léonore.
BESANCON Simon-Clément (Choiseul 27 octobre 1764). Soldat au 2e régiment de Pondichéry (1782), engagé au 2e bataillon de la Haute-Marne (1792), sous-lieutenant puis lieutenant (1794), il sert aux 16e et 26e demi-brigades. Toujours en service en 1803. Source : Jacquot.
BRACHOT Jean-François. Adjudant-lieutenant au 3e d’artillerie à cheval, domicilié à Troisfontaines-la-Ville, est lieutenant de 1ère classe dans la compagnie d’artillerie de la garde nationale de la Haute-Marne aux Cent-Jours.
CHAMEROY Pierre (Bussières-lès-Belmont 4 août 1775). Volontaire au 2e bataillon de la Haute-Marne (1792), passé à la 16e puis à la 26e demi-brigades, sergent (1800), il est promu sous-lieutenant au 26e le 5 octobre 1803. Selon PG Jacquot, il pourrait s’agir du maire de Rouvres-sur-Aube, officier de corps-franc de la Haute-Marne aux Cent-Jours et frère du major Chameroy.
COURTEVAL Jean-Nicolas (Bar-le-Duc 26 septembre 1785 – Chalvraines 4 février 1860). Il sert du 4 novembre 1806 à 1815 au 67e de ligne. Chevalier de la Légion d’honneur le 1er novembre 1814. Sous-lieutenant, vit à Chalvraines, en 1822. Terminera sa carrière capitaine retraité du 37e de ligne. Médaillé de Sainte-Hélène.
DHIEVRE Jean-Louis-Marie (Montier-en-Der 17 septembre 1763). Soldat au régiment de Boulonnais infanterie (1782), lieutenant au 2e bataillon de la Haute-Marne (1792), passé à la 16e, aide de camp du général Vincent (1795). Passé au III/26e, capitaine (1799), il est réformé avec pension le 13 décembre 1804 puis sollicite sa remise en activité en février 1806. Source : Jacquot. Martinien signale qu’un capitaine D’Hièvre, du 26e, a trouvé la mort au Portugal.
GEORGE Remy. Membre de la Légion d’honneur, capitaine de grenadiers, il commande la 8e demi-cohorte des gardes nationales de la Haute-Marne, en 1813.
GESTAS (de) Louis, fils du seigneur de Donjeux (exécuté sous la Révolution), vélite, sous-lieutenant au 15e de ligne, blessé à Friedland, mort le 6 juillet 1807.
HENRYOT Claude-Théodore. Nogentais, élève à Polytechnique, il est lieutenant de 2e classe dans la compagnie d’artillerie de la garde nationale de la Haute-Marne aux Cent-Jours.
NETTANCOURT-VAUBECOURT (de) Etienne-Gabriel-Aimé, né au château de Doncourt-sur-Meuse le 17 avril 1787. Elève à Fontainebleau (1805), sous-lieutenant au 28e léger (1806), lieutenant (1809), capitaine (1811), il fait les campagnes de 1806 à 1808 en Prusse et Pologne, de 1809 à 1812 en Espagne, de 1813 en Saxe. Pris à Dresde, il sera à son retour garde du corps dans la Maison royale, et suivra Louis XVIII en exil. Chef d’escadron du 1er régiment de cuirassiers de la garde royale, chevalier de Saint-Louis, il termine sa carrière comme lieutenant-colonel. Sources : « Histoire généalogique et héraldique des pairs de France » (1822). Selon le baron de l’Horme, il est promu chef d’escadron le 1er mars 1815, démissionne de l’armée en 1830, meurt à Nancy le 20 avril 1846. Note : un capitaine de Nettancourt est blessé en Espagne le 4 août 1812 (source : Martinien).
PERNOT (Painnerot, dit) Jean-Baptiste. Né le 1er mars 1784 à Longchamp-lès-Millières, fils de Nicolas, manouvrier. Capitaine du 44e de ligne en demi-solde, il meurt le 28 septembre 1818 à Issoudun, apparemment à la suite d’un duel qui a inspiré les pages d’un roman de Balzac (« Rabouilleuse »), contre le capitaine Fix, officier de gendarmerie.
PYOT Jean-Jacques-Richard, né à Isômes en 1792. Fils de Franc-Comtois, il sert comme chirurgien sous-aide en Russie en 1812. Docteur, il exercera dans le Jura. Auteur d’ouvrages d’histoire locale, il meurt à Clairvaux (Jura) en 1841. Source : biographie de Michaud.
REINE Joseph. Né à Graffigny-Chemin, lieutenant au 120e de ligne, il est blessé au cours des campagnes impériales.
SORBE Pierre. Capitaine en demi-solde du 95e de ligne, à Langres, en 1816.
TAINTURIER Pierre. Chirurgien sous-aide-major au grand état-major de la Garde, il est chirurgien aide-major du 3e bataillon de la garde nationale de la Haute-Marne aux Cent-Jours.

dimanche 26 octobre 2008

Un "conspirateur" chaumontais jugé sous la Restauration

Pierre-Gérard Jacquot, dans son étude « Opposition et Terreur blanche en Haute-Marne », s’est étonné du faible nombre d’officiers en demi-solde dans le département impliqués, entre 1815 et 1817, dans des affaires d’actes ou de propos jugés séditieux contre le roi. Une absence qui, relève le premier historien de l’Empire dans le département, met à mal la légende du demi-solde conspirateur. Nous avons toutefois trouvé trace d’un cas d’officier haut-marnais traduit devant un conseil de guerre, non pas en Champagne, mais à Paris : le capitaine Pierre-Joseph Thomassin.
Ce gendarme est né à Chaumont le 19 mars 1770, fils de François-Nicolas, avocat en parlement, et de Germaine Voillemin. C’est vraisemblablement en 1805 qu’il prend, comme capitaine, le commandement de la compagnie de gendarmerie de la Dordogne (14e légion), à Périgueux. Un poste qu’il occupe jusqu’en 1812. Ensuite, il est affecté au commandement de la compagnie de la Marne, à Châlons-en-Champagne. A noter que les différents almanachs impériaux le signalent membre de la Légion d’honneur (il ne figure pas dans la base Léonore).
C’est pour son comportement durant les Cent-Jours que Pierre-Joseph Thomassin est inquiété sous la Seconde Restauration. « L’Ami de la religion et du roi » précise, en 1816, que la justice a en mains « une lettre de lui dans laquelle il se vante de son zèle pour l’usurpateur ». Un courrier apparemment adressé au général Lallemand. Arrêté, emprisonné à l’Abbaye, Thomassin, d’ailleurs l’un des rares – sinon le seul – officiers subalternes inquiétés, est jugé le 16 mai 1816, devant le 2e conseil de guerre de la 1ère division militaire, en même temps que le général Antoine Rigau, l’ancien commandant du département de la Marne à Châlons – jugé par contumace, car réfugié à l’étranger. Si ce dernier est condamné à mort (il mourra en 1820 à La Nouvelle-Orléans), le Chaumontais est acquitté, ayant, selon « L’Ami de la religion », expliqué « cette lettre par la peur qu’il avait ».
Thomassin retournera en Haute-Marne et deviendra brièvement maire du village de Saint-Martin (canton de Juzennecourt), en 1826-1827 (selon Nicole Mourot, auteur d’une monographie sur Saint-Martin-sur-la-Renne). Revenu à Chaumont, sa ville natale, ce capitaine retraité, marié avec Victoire Applagnat, décède au 490 de la rue du Palais, le 27 février 1832, à l’âge de 61 ans, onze mois et huit jours.

dimanche 12 octobre 2008

Fratries d'officiers (2) : les Mercier

Un autre exemple de fratrie avéré : celle des trois frères Mercier, de Bourbonne-les-Bains. Le père, Nicolas, est boulanger, la mère s’appelle Jeanne-Marie Maupin.

L’aîné, Jean-Claude, voit le jour (et est baptisé) le 27 février 1769 dans la cité thermale. Comme Hoche, il sert au moment de la Révolution dans les Gardes françaises, puis dans la garde de Paris, avant de rejoindre, en 1792, comme capitaine, le 1er bataillon des volontaires de la Liberté. Sa carrière est fulgurante : chef de bataillon en juin 1792, chef de brigade en octobre 1794 – il a 25 ans, il prend le commandement de la 72e demi-brigade d’infanterie de ligne (dite de deuxième formation) en 1796. Il se bat en Hollande, lorsqu’il est mortellement blessé, le 10 vendémiaire an VIII (septembre 1799), lors de la bataille de Bergen (remportée par l’armée du Nord du général Brune contre les Anglo-Russes). Dans sa correspondance, le général Vandamme rapporte la grave blessure du « brave » chef de brigade Mercier, qui aurait été promu général de brigade sur le champ de bataille, selon certaines sources – mais Georges Six ne le recense pas dans son dictionnaire. Le Bourbonnais succombe quatre jours plus tard… A noter que celui qui le remplacera à la tête de la 72e se nomme également Mercier, mais lui est Ardennais...

Deux frères de Jean-Claude Mercier ont servi dans cette même 72e demi-brigade. D’abord Charles-Antoine, né à Bourbonne le 29 janvier 1772. A 19 ans, il est élu lieutenant au 1er bataillon de volontaires de la Haute-Marne. L’homme est brave : il est blessé près de Menin (1793) et à Sprimont (1794). Avec son bataillon, il passe dans la 85e demi-brigade, puis il rejoint son frère Jean-Claude à la 72e. Capitaine (1796), officier de grenadiers, il se marie en l’an VII dans sa ville natale – mais divorcera rapidement. Après 1800, sa carrière s’oriente vers le commandement des places : il est en poste à Cherbourg, puis obtient la responsabilité de Saint-Quentin (Aisne) en 1809, avant de recevoir celle du fort Saint-André et d’être retraité en 1810. Nous ignorons le lieu et la date de son décès.

Il semble que Pierre-Gérard Jacquot ait commis une – rare – erreur en indiquant, dans sa thèse sur les bataillons de volontaires nationaux de la Haute-Marne, que Charles-Antoine servait comme capitaine dans la Garde et qu’il était membre de la Légion d’honneur. Il y a visiblement confusion avec un autre frère, Charles-Nicolas, né à Bourbonne le 3 avril 1781. Lui aussi rejoint la demi-brigade commandée par Jean-Claude, en 1797 (il a 16 ans). Deux ans plus tard, il est sous-lieutenant, puis lieutenant en 1800. Privilège : Mercier va rejoindre la prestigieuse Garde impériale. En 1811, il est identifié comme capitaine de la 3e compagnie du 1er bataillon du 2e régiment de tirailleurs. Il est alors membre de la Légion d’honneur, et surtout chevalier d’Empire (depuis le 9 mai 1811). Il est toujours capitaine lorsqu’il est blessé à Lutzen (2 mai 1813), dans les rangs du prestigieux 1er régiment de grenadiers à pied de la Garde (à la tête de la 4e compagnie du 1er bataillon). Il passe la même année chef de bataillon au 10e régiment de tirailleurs de la Garde, puis, sous la Restauration, il sert successivement au 43e puis au 3e de ligne, comme major. Chevalier de Saint-Louis le 26 août 1814, il se rallie aux Cent-Jours. Selon Richard Darnault, il aurait été muté au 5e régiment étranger mis sur pied à Amiens avec des déserteurs belges, sous les ordres du colonel Douarche, et selon Pierre G. Jacquot, il servait plutôt au 7e régiment de tirailleurs de la Garde, avant d’être licencié en septembre 1815. Mercier, qui avait été blessé à la jambe droite à Friedland (1807), à la cuisse gauche à Eckmühl (1809), se retire à Bourbonne.

Cette ville où résident de nombreux officiers des armées impériales fait l’objet d’une surveillance particulière de la part des autorités publiques. Le sous-préfet de Langres n’a-t-il pas dénoncé au préfet le « mauvais esprit » soufflant sur la cité, insufflé selon lui par un certain colonel Lacroix, fils d’un ancien préfet des Bouches-du-Rhône, qui y a « séjourné tout le printemps et l’été » 1815 ? En fait, Charles-Henri Delacroix (Paris 1779 – Bordeaux 1845), effectivement fils d’un préfet à Marseille, frère du fameux peintre Eugène Delacroix, colonel du 9e chasseurs à cheval sous l’Empire et aide de camp du prince Eugène de Beauharnais.
Les cas qui préoccupent particulièrement les représentants du roi, ce sont ceux de deux majors, chevaliers d’Empire d’ailleurs : Joseph Armand, né à Taulignan (Drôme) en 1772, major du 12e puis du 23e léger, établi à Bourbonne où il s’est marié en 1813 (il y meurt en 1845), et Mercier. « On observe, peut-on lire dans une note préfectorale transmise au gouvernement, que le sieur Mercier, qui fait sa résidence à Bourbonne, y voit beaucoup M. Armand, ex commandant au 22e de ligne (sic), retiré aujourd’hui dans cette ville où il est remarqué par ses mauvaises opinions, et malgré que le major Mercier affecte depuis environ deux mois de mettre quelque réserve dans ses discours, on lui a entendu tenir, de concert avec le sieur Armand ces jours derniers, des propos très insultants contre la famille royale. »
Ce qui ne l'empêchera pas de reprendre du service, comme lieutenant-colonel, au sein du 63e régiment d'infanterie de ligne à Clermont-Ferrand, en 1824, en compagnie d'autres officiers supérieurs haut-marnais (son compatriote et conscrit bourbonnais François-Armand Mongin-Forcelle, chef de bataillon, Jean Naudet, de Hortes, major).
Resté célibataire, Charles-Nicolas Mercier décédera dans sa ville natale le 30 juin 1836, à seulement 55 ans.