vendredi 22 janvier 2010

Les carrières "jumelles" de deux capitaines "cousins" de Sommancourt (2e partie)

L’Espagne : le capitaine Gardel pris à Arroyomolinos…

Voilà donc les 34e et 40e de ligne, brigade Dumoustier, 1ère division du 5e corps, faisant leur entrée en Espagne où Napoléon est lui-même intervenu à la suite de la capitulation de Baylen. Le 19 décembre 1808, le régiment arrive devant Saragosse qui, assiégée, assaillie, capitule le 21 février 1809 après de terribles combats. Le 34e souffre moins que d’autres unités, mais durant ces opérations, le chef de bataillon Hersant, les capitaines Chaud et Devosges sont blessés.

Opérant toujours en Aragon, le régiment, agissant sous les ordres de l’adjudant-commandant Fabre, chef d’état-major de la division Suchet, contribue le 22 mars 1809 à la prise de la ville de Jaca et de sa citadelle. Puis, le 8 août, au sein de la 1ère brigade, il participe à la traversée réussie du Tage vers Arzobispo, victoire des maréchaux Mortier, commandant le 5e corps, et Soult.

A ce moment, le 34e est ainsi articulé : le colonel Charles-François Rémond le commande (de 1806 à 1811), le I/34e est aux ordres du chef de bataillon languedocien Jean-Michel Cazeneuve, le II/34e du chef de bataillon Cadillon (il était capitaine depuis 1793). Le III/34e a pour chef le commandant Casimir Jouan, un Normand de 42 ans qui est en fait passé au 96e de ligne en février 1809. Tous trois servent dans la péninsule. Le IV/34e, à Givet, est aux ordres du chef de bataillon Vandermaesen, et le V/34e, du commandant Vecten, à Hanau, en Allemagne (au sein de la 5e demi-brigade de réserve).

Lieutenant depuis le 10 septembre 1806, Gardel est de cette campagne d’Espagne. Pas Jacquot, qui lui appartient au détachement de recrutement. Petit retour en arrière.

Le 8 novembre 1808, premier des deux cousins, Joseph Jacquot se marie. Non pas en Haute-Marne, mais dans le Pas-de-Calais : à Arras. Et pas avec n’importe qui : Elisabeth-Louise-Philippine Lemaistre de la Sablonnière (ou Delasablonnière) appartient à une fameuse famille d’imprimeurs arrageois. D’ailleurs, à l’occasion de cette union, un « Discours présenté à mademoiselle Philippine LeMaistre Delasablonnière et à M. Jacquot, lieutenant au 34e régiment d’infanterie de ligne» est imprimé.

Rappelons les liens existant entre le 34e et le Pas-de-Calais : le 3e bataillon de volontaires d’Arras a été intégré dans la 34e demi-brigade lors du deuxième amalgame, ce chef-lieu accueille le détachement de recrutement du régiment, et celui-ci a été cantonné à Saint-Omer avant de prendre part à la Campagne de 1805… C’est par ce deuxième biais que l’officier haut-marnais a fait connaissance de sa future épouse.

Le 15 août 1809, alors que la Grande-Armée vient de triompher des Autrichiens à Wagram, les Anglais débarquent dans l’île de Walcheren, aux Pays-Bas. Pour y faire face, l’Empire français doit diriger sur les côtes de la mer du Nord des unités des gardes nationales (notamment le 1er bataillon de la Haute-Marne du major Azémar), ainsi que des unités dites provisoires, réunissant des détachements de différents régiments.

C’est le cas du 34e. Son détachement intègre le 1er régiment provisoire de l’armée du Nord, dit encore 1er provisoire du Nord, confié au major Benoît Sibuet. En septembre 1809, Napoléon ordonne que ce régiment soit versé dans la 19e demi-brigade provisoire, toujours commandée par Sibuet, et qui est finalement dissoute en mars 1810.

Si ses états de services ne le précisent pas, il est possible que le lieutenant Jacquot ait fait partie de cette unité.

En revanche, ce qu’ils indiquent, c’est que l’enfant de Sommancourt est promu capitaine le 9 mars 1811, et chargé du recrutement des conscrits du Pas-de-Calais. L’année suivante, il est en Espagne, mais ne pourra combattre aux côtés de son cousin…

Nous avons laissé le 34e après le passage du Tage. Il sera, dès lors, de toutes les opérations de l’ancienne division Suchet, désormais confiée au général Jean-Baptiste Girard. Lequel est blessé le 19 novembre 1809 lors de la victoire d’Ocana, où deux officiers du régiment sont tués (le lieutenant Dransart et le sous-lieutenant Pasquier) et trois blessés. Le commandant Cadillon, chef du II/34e, et le capitaine Pinel sont cités pour leur conduite.

Le 11 août 1810, Girard, secondé par ses brigadiers Chauvel et Brayer, se porte contre le corps du général La Romana qui marche sur Bienvenida. C’est le combat de Villagarcia, marqué par une charge à la baïonnette des hommes de Girard. Les Espagnols perdent 2 500 tués et blessés, 800 prisonniers, quatre pièces de canon. Parmi les officiers du 34e qui se distinguent lors de cette victoire, sont cités, dans les rapports français, le colonel Rémond, qui est blessé, et le capitaine Gritte, qui commande le I/34e (le commandant Cazeneuve a cessé de servir cette même année). Deux officiers du 34e sont tués (le capitaine adjudant-major Delahaye et le sous-lieutenant Levêque), deux blessés (Rémond et le sous-lieutenant Etienne Fraiche).

Puis, tandis que le maréchal Victor, qui commande le Ier corps, assiège Cadix, le maréchal Soult, major-général des troupes d’Espagne, marche sur l’Estrémadure. Le général Girard vient assiéger Olivenza, qui capitule le 22 janvier 1811. Durant ces opérations, le commandant Cadillon est grièvement blessé – il succombera le 17 février.

Le 26 janvier, Badajoz, à la frontière portugaise, est investie. Les assiégés multiplient les sorties. Le 7 février, notamment : elle est repoussée. Ce jour-là, au régiment (alors situé dans la 1ère brigade Philippon), se distinguent les capitaines Gritte, Pinel (il tombera en Espagne quelques mois plus tard) et Hurtaut. Selon le rapport du maréchal Mortier, qui commande toujours le 5e corps, le 34e déplore lors de ce combat un officier tué et six blessés (Martinien cite, de son côté, le capitaine Lemu et le sous-lieutenant Rapin tués, les capitaines Robert, Gritte, Heurtaud – sic – et Roux, le lieutenant Larroque blessés), quinze sous-officiers et hommes de troupe tués et 109 blessés.

Le 19 février, Soult fait attaquer les troupes ennemies en arrière de Gébora, de l’autre côté de la rivière qui borde Badajoz. Le cours d’eau est franchi, les 34e et 88e, sous Philippon, participent à la déroute espagnole. Le lieutenant Lanchon (ou Lachon – il sera blessé à Albuhera), porte-aigle du régiment, s’illustre en plantant l’aigle du 34e dans le camp ennemi. Ce succès hâte la capitulation de Badajoz : le 11 mars 1811, le général Ymas rend la place, dont Philippon hérite du gouvernement.

A son tour, la forteresse est assiégée par les Espagnols. Des éléments du 34e participent à sa défense. Volant à son secours, le maréchal Soult affronte les troupes alliées à Albuhera, le 16 mai 1811. La division Girard, qui dispose de deux bataillons du 34e, souffre particulièrement. Le régiment déplore sept officiers tués (les capitaines Boireau, Comberieu, Bouffatrille, le lieutenant Pinson, les sous-lieutenants Amyot, Cholet et Renard), huit blessés, dont un Haut-Marnais, le capitaine Nicolas Gillet, de Poissons, qui sera bientôt promu chef de bataillon au 88e de ligne.

Quatre jours plus tard, Charles Gardel, qui a été promu capitaine le 30 janvier 1811 pour prendre le commandement d'une compagnie du 3e bataillon, est fait membre de la Légion d’honneur. On peut penser que cette distinction est motivée par sa conduite à Albuhera.

A noter que parallèlement, un bataillon du 34e a été affecté à l’armée du Portugal – sans aucun doute le 4e, localisé dans la 1ère brigade Ménard de la 1ère division Clauzel (8e corps). Il prend à la baïonnette, le 27 août 1811, la hauteur de Riego de Ambrosio, sous les ordres du général Bonnet.

Fin septembre 1811, le général Girard, qui commande toujours la 1ère division du 5e corps, effectue une expédition sur Caceres. Les 34e et 40e sont désormais sous les ordres du général polonais Dembowski. Au retour, le 28, les troupes françaises sont surprises par les Anglo-Espagnols du général Hill, à Arroyomolinos. Sous la pluie, le II/34e, que commande désormais le capitaine Barthélémy Mouillaud (issu du 64e), tente de faire face. Assaillis, les fantassins forment les carrés. Superbement, Dembowski repousse les offres de reddition. Mais la lutte est trop inégale. Peu de Français échappent à la mort ou à la capture.

Les premiers rapports minimisent d’abord l’importance des pertes de la division Girard – blessé dans l’affaire. Mais celui des Espagnols fait état de 400 Français tués, 1 400 prisonniers. Thiers évalue le bilan à près de 2 000 tués, blessés et prisonniers. Le 34e, dont le tambour a été capturé – coïncidence – par son « jumeau » anglais, le 34e régiment of foot, déplore deux officiers blessés, les capitaines Heurtaud (s’agit-il d’Hurtaud ?) et Secretin. Une conséquence : en raison des pertes éprouvées, le 34e sera réduit à deux bataillons.

Parmi les captifs : le capitaine Gardel, qui se voit dérober, dans son porte-manteau, son brevet de légionnaire. Pour l’officier de 39 ans, direction les prisons britanniques. Il n'est pas le seul Haut-Marnais capturé dans cette affaire. Citons François Candeur, de Crenay, Simon Binet, de Courcelles-en-Montagne, Jacques Lirot, d'Argentolles, Jean-Baptiste Mielle, d'Aujeurres, Jean-Baptiste Blanchard, de Voisey, Nicolas Hurlier, d'Orquevaux, Jean-Baptiste Huguenin, de Torcenay, le fourrier Pierre Méot, de Wassy, Claude Decharmes, de Joinville, Pierre Mercier, de Montot-sur-Rognon, Georges-François Gaucher, de Doulaincourt, le sergent Jean Léglise, de Sommevoire, Jacques-Martin Piot, de Marbéville, Jean Uselle, de Fayl-Billot, Simon Chaupied, de Fresnes-sur-Apance, Claude Carney, de Voisey... Incorporés à l'automne 1805, tous appartenaient au 4e bataillon.

Le maréchal Soult fustigera la responsabilité du général Girard dans ce désastre, en lui retirant le commandement de sa chère division. Il trouvera une mort héroïque le 16 juin 1815 à Ligny.

… et Jacquot capturé à Saint-Sébastien
Gardel pris, son cousin Jacquot, que nous avons laissé à Arras, découvre à son tour l’éprouvant théâtre d’opérations de la péninsule ibérique.

Entre-temps, le 34e de ligne, qui a perdu au combat le major Berthet, a changé d’affectation. Commandé brièvement (du 23 octobre 1811 jusqu’à sa retraite le 6 avril 1812) par le colonel Joseph-Marie Doré de la Ricochais, un Breton de 43 ans, il a quitté l’armée du Midi du maréchal Soult pour celle du Nord, au sein de la 2e division du général Vandermaesen, et il est désormais aux ordres du colonel Fondousse.

En septembre 1812, deux bataillons (dont le 2e) du 34e, soit 986 hommes, participent à la défense du château de Burgos, en Castille, sous les ordres du général Dubreton. Le II/34e est alors aux ordres du chef de bataillon Thomas.

Le 19, il repousse les assauts ennemis. Dans la nuit du 22 au 23, ce même bataillon s’illustre dans la défense de l’ouvrage dit à corne de Saint-Michel, perdant 142 tués et blessés, dont cinq officiers. Parmi eux, Thomas, touché d’un coup de feu au corps. Finalement, les Anglo-Portugais lèveront le siège le 22 octobre.

Dans cette défense admirable, le régiment perd au total six officiers tués (et quatre blessés) : les capitaines Villermet et Jean-Baptiste Artreux, 38 ans, le lieutenant Bourumeau, les sous-lieutenants d’Herson, Gimbrède et Saint-Martin.

Après la défaite de Vitoria (21 juin 1813), l’armée française retraite vers les Pyrénées. Une garnison est laissée dans la place de Saint-Sébastien, sous les ordres du général de brigade Emmanuel Rey. Le II/34e, héros de Burgos, y est dirigé le 27 juin par le général Foy. Effectifs : 434 hommes, toujours sous les ordres de Thomas. Le capitaine Jacquot est du nombre – à noter que les III et IV/34e servent alors en Saxe (Hersant, toujours chef de bataillon, sera blessé à Wurschen, Pierre Hurtaud, Vendéen de 45 ans, parvenu au même grade, sera tué à Arcis-sur-Aube en 1814…).

La défense de Saint-Sébastien est un des plus grands faits d’armes des troupes impériales. La garnison, composée de quatre bataillons des 1er, 22e, 34e et 62e de ligne, du 1er bataillon de chasseurs des montagnes, assiégée par le général Thomas Graham, est héroïque. Bombardée, elle repousse tous les assauts. Celui du 31 août est tragique : un dépôt de munitions françaises explose. La garnison doit se replier sur le fort, dont le commandant d’armes, un Chaumontais de 43 ans, le capitaine Claude-Joseph Pavy, est blessé, tout comme deux officiers haut-marnais du 34e : le lieutenant Etienne Bernard, de Chalancey… et le capitaine Jacquot, par un coup de feu au ventre et à la cuisse.

Dans la ville, c’est le chaos : détruite par les bombardements, pillée par les Anglais. Dans le fort, la garnison ne peut tenir longtemps. Le général Rey doit se rendre. La capitulation est signée le 8 septembre. A ce jour, le 34e a perdu trois officiers et 80 hommes – sans doute tués.

Les officiers tués et blessés (selon Martinien) :
. le lieutenant Bernier,
. le sous-lieutenant Lepetit, tués
. le capitaine Jean-Baptiste Aignelot (né en 1777 à Paris, capitaine au 34e depuis le 29 avril 1812)
. le capitaine Jacquot
. le capitaine Koenerding-Cok
. le capitaine Thermelaud
. le capitaine Jean Simon dit Dumaine (né en 1785 en Dordogne)
. le capitaine Larroque
. le lieutenant Bernard
. le lieutenant Delrue
. le lieutenant Guellon
. le sous-lieutenant Neron
. le sous-lieutenant Ponthieu
. le sous-lieutenant Rouget, blessés.

Les défenseurs sortent avec les honneurs de la guerre. A son tour, Joseph Jacquot, comme son cousin germain, va connaître la condition de prisonnier en Angleterre – où des officiers seront promus au grade supérieur (ainsi Aignelot, chef de bataillon le 25 novembre 1813).

De nouveau réunis durant les Cent-Jours


Le II/34e du commandant Thomas capturé, les III et IV/34e engagés en Allemagne, subsiste un seul élément du régiment dans la péninsule : le I/34e.

Il est dans la brigade Barbot de la division Vandermaesen (puis Maransin) de l’armée des Pyrénées. Le 31 juillet 1813, il se bat devant Pampelune. Le 1er septembre, sur la Bidassoa. Le 7 octobre, il est engagé sur le plateau de la Rhune (le 10, douze jours avant d’être promu sous-lieutenant, le sergent-major haut-marnais Fèvre est blessé devant Bayonne). Le 10 novembre, son colonel, François Fondousse, un Varois de 38 ans, est mortellement blessé au combat de Sarre. En 1814, s’il n’est pas engagé à Orthez, il prend part, le 10 avril, à la bataille de Toulouse, soit quelques jours après la capitulation de Napoléon (le lieutenant Fèvre, du I/34e, y est blessé selon Martinien, mais ses états de services ne le confirment pas).

Louis XVIII est sur le trône. Les prisonniers rentrent en France : Jacquot, le 23 mai, Gardel, le 24 juin (Aignelot le 29 mai).

En août 1814, le 34e de ligne, dont le conseil d’administration est alors composé du colonel Joseph-Antoine Faure-Labarbere (chef de corps depuis le 22 décembre 1813, après la mort de Fondousse – c’est un Pyrénéen de 59 ans, et il sera blessé à Strasbourg), des chefs de bataillon Vecten, Pierre-Antoine Margaine (né à Chalon-sur-Saône en 1770, il a été fait prisonnier au Portugal en 1810) et Bouis, devient 33e de l’arme. Le 17 mars 1815, le capitaine Jacquot, qui paraît appartenir au 33e, fait enfin son entrée dans l’ordre de la Légion d’honneur.

Le régiment retrouve son rang au retour de l’Empereur, rejoint la brigade Gengoult, division Habert, 3e corps (Vandamme), armée du Nord.

Le 16 juin 1815, le 34e, commandé par le colonel Mouton, lutte dans le village de Saint-Amand. Trois officiers sont tués : le capitaine Felix, le lieutenant Peigné et le sous-lieutenant Portron. Deux chefs de bataillon, Charles-Joseph Bouis (né en 1775 à la Guadeloupe) et Antoine-Nicolas Auxcousteaux (né en 1774 à Paris), sont blessés.

Leurs états de services respectifs ne le confirment pas, mais selon Martinien, les capitaines Gardel et Jacquot sont blessés lors de cette dernière victoire de Napoléon, au cours de laquelle le général Girard, leur ancien divisionnaire, est mortellement atteint.

Puis le 34e suit le destin des corps confiés au maréchal Grouchy, et ne se bat pas à Waterloo (mais à Wavre, le 20, où le colonel Mouton est blessé, le capitaine Raynaud et le sous-lieutenant Gardini tués).

Pour Gardel, la carrière militaire n’est pas encore tout à fait terminée : à compter du 20 juin 1815, il fait partie, dans les Ardennes, de la garnison de la place de Givet et du fort de Charlemont qui sont bloqués. Ils ne se rendront qu’à la mi-décembre ! Voilà plusieurs mois déjà que Napoléon a été exilé à Sainte-Hélène…

Charles Gardel est mis à la retraite. Il retrouve le village de Sommancourt où il est né 44 ans plus tôt. A son tour, en 1818, il prend épouse. En l’occurrence, la jeune veuve d’un capitaine du 49e de ligne (Nicolas Brocard, de Wassy). Il s’établit dans ce chef-lieu d’arrondissement où il décède le 1er mars 1840, à 68 ans. Il était père de Charles.

Joseph Jacquot quitte le service actif le 2 octobre 1816. Lui ne revient pas dans son département natal, mais s’établit à Arras. En 1823, il est qualifié de capitaine retraité, électeur de la cité arrageoise. Il sera encore membre de la commission des prisons de l’arrondissement. C’est dans le chef-lieu du Pas-de-Calais qu’il décède le 5 juin 1854, à 82 ans.

Charles Gardel et Joseph Jacquot sont, à notre connaissance, les seuls membres de la Légion d’honneur du XIXe siècle nés à Sommancourt.

Sources : état civil des communes de Sommancourt et Wassy ; « Les bataillons de volontaires nationaux de la Haute-Marne », Pierre-Gérard Jacquot (thèse de doctorat d’Etat) ; base Léonore (site Internet des Archives nationales) ; dossier de pension de retraite du capitaine Jacquot (communiqué par Gérard Tissot-Robbe) ; « Tableau des officiers tués et blessés », A. Martinien ; souvenirs du capitaine Puffeney (présentés par Christophe Bourachot) ; diverses relations des campagnes d’Espagne et du Portugal…

jeudi 26 novembre 2009

Le lieutenant-colonel Rougeot, chasseur à cheval de la Garde

Charles Rougeot naît à Brabant-le-Roi (Meuse) le 2 août 1773. Il est le fils de Charles, cultivateur, qui aura pas moins de 20 enfants ! C'est le 26 août 1799 qu'il est promu sous-lieutenant au sein du 23e régiment de cavalerie - un corps où sert son futur cousin Isidore Martin. Comme ce dernier, Rougeot sert longtemps dans le corps des chasseurs à cheval de la Garde impériale, dans lequel il est promu successivement sous-lieutenant (24 septembre 1803), lieutenant en second (21 janvier 1804), lieutenant en premier (23 septembre 1804), capitaine (20 août 1809). Blessé à Austerlitz, il était membre de la Légion d’honneur depuis le 14 juin 1804. Rougeot devient Bragard par son mariage, en 1809, à Saint-Dizier, avec la fille de Nicolas Boulland, négociant. Le voilà donc cousin par alliance du futur colonel Martin - peut-être à l'origine de cette union...

Rougeot est promu le 1er avril 1813 major (lieutenant-colonel) dans la ligne. Selon plusieurs dossiers conservés aux Archives de la Haute-Marne, il est affecté au 5e chasseurs à cheval. A moins que ce ne soit plutôt au 15e chasseurs, dont les éléments engagés durant la Campagne de Saxe sont commandés par un major Rougiot (sic).

Officier de la Légion d’honneur le 14 juillet 1813, Rougeot ne figure pas dans l’état des officiers en demi-solde ou en activité dans le département de la Haute-Marne dressé fin 1815-1816. Il semble alors retraité, ce qui ne l’empêche pas d’être fait chevalier de Saint-Louis en 1820. Il meurt, à l’âge de 84 ans, le 6 avril 1857, à Saint-Dizier, avant d’être médaillé de Sainte-Hélène.

Il était, à compter du 1er février 1808, destinataire de fonds impériaux sur le Mont-de-Milan.

Deux de ses frères sont morts durant les campagnes impériales : Pierre Rougeot, né en 1775 à Brabant, tué comme lieutenant du 9e léger en Espagne en 1811, et Remy, décédé à Salamanque en 1810.

mardi 24 novembre 2009

Campagne de France : le 25e dragons à Saint-Dizier

Les dragons de la ligne et de la Garde se sont couverts de gloire le 26 mars 1814 à Saint-Dizier. Après le témoignage du cavalier Bougeat, du 20e dragons, voici ce que l’historique d’un autre corps de la division Lhéritier (5e corps de cavalerie), le 25e dragons, dit de ce combat :

« Le 26, (le 25e dragons) assiste à la bataille de Saint-Dizier, dernière victoire de l’empereur sur les alliés. Placé à la gauche de notre ordre de bataille, le régiment appuie par ses charges les mouvements du général Lefebvre-Desnouettes. Sous les yeux du duc de Tarente (Note : le maréchal Macdonald), le 25e dragons, commandé par son brave colonel d’Hautefeuille, soutient pendant plus d’une demi-heure l’effort de 3 000 hommes de cavalerie de la garde russe. Aidé du 22e, il finit par enfoncer la cavalerie ennemie et s’emparer de six pièces de canon. Le lieutenant d’Inglemare et le sous-lieutenant Rigolfo sont grièvement blessés dans cette charge ; le dragon Debruyne est tué ; plusieurs autres cavaliers du régiment sont mis hors de combat. Ce beau succès de nos armes n’ayant pas ralenti la marche concentrique des alliés sur Paris, le 25e dragons se replia avec toute l’armée, d’abord sur l’Aube, puis sur la Seine… » A son arrivée en région parisienne, « il comptait encore dans le rang 22 officiers, 246 hommes, 54 chevaux d’officiers et 246 de troupe ».
A noter qu’avec d’Inglemare et Rigolfo, Martinien identifie également un capitaine Molard, du 25e dragons, comme étant blessé le 26 mars 1814.

dimanche 8 novembre 2009

Un enfant d'Anglus membre de la Légion d'honneur à 19 ans !

Le 28 décembre 1810, le sous-lieutenant Jacques-Paul de Nolivos, qui servait dans le 3e régiment de tirailleurs-grenadiers de la Garde (ex-1er régiment de conscrits-grenadiers) en Espagne, était fait membre de la Légion d’honneur. Rien d’extraordinaire en cela, sauf que cet officier entrait dans cet ordre prestigieux à l’âge de 19 ans !
Cette promotion est consécutive à un fait d’armes rapporté par l’anthologie « Victoires et conquêtes » qui intervient le 1er décembre 1810, du côté de Pancorbo (province de Burgos), opposant 50 conscrits-grenadiers face à 300 guérilleros montés.

L’excellent blog « L’Estafette » proposé par Christophe Bourachot (http://lestafette.unblog.fr/) contient un témoignage intéressant sur cette affaire. Il émane du conscrit Joseph Guitard.

Voici ce qu’il raconte : « En venant de Pancorbo, nous fûmes attaqués entre Santa-Maria et Salinas par 400 cavaliers de Mina (Note : homme de guerre espagnol). S’étant approchés davantage, on les reconnut en effet, et alors, après avoir fait mettre la baïonnette au fusil, on forma deux sections ; je fis les fonctions de caporal. En s’approchant de nous, ils se formèrent en quatre pelotons ; leur chef, qui portait un chapeau à laque, dont je m’emparai et que je plaçai sur mon sac, cria à notre officier (de Norivos, sous-lieutenant de 18 ans, sortant de l’école – Note : en fait Nolivos) : « Français, rendez-vous !» L’offficier : « A la mort ! ». Alors les quatre pelotons nous chargèrent au galop sur les quatre faces, et à notre première charge, en riposte, nous tuâmes leur chef. (De Nolivos) passait sous les baïonnettes au moment de la charge afin de retenir certains de nos soldats que le courage faisait trop avancer. Ils revinrent plusieurs fois à la charge sans pouvoir nous enfoncer ; nous eûmes plusieurs soldats blessés, entr’autres le sergent qui commandait la 2e section ; je fus obligé de la commander. A une autre charge, nous eûmes le tambour blessé à la cuisse : il s’appuya sur une borne, en battant toujours la charge. Comme l’ennemi allait le tuer, (de Nolivos) le plaça sur ses épaules, le porta quelque temps et puis le repassa à chacun de nous ; mais assaillis à chaque instant par les ennemis, nous fûmes obligés de le laisser ; il battait encore la charge lorsqu’il fut achevé ! En approchant de Breviesca, notre fusillade fut entendue, l’on vint à notre secours ; nous revînmes sur nos pas pour voir nos blessés et nous les trouvâmes tous massacrés. En arrivant à Breviesca, le colonel porte (de Nolivos) pour la croix d’honneur, et moi aussi. Il la reçut bientôt avec le grade de lieutenant…. »

Si le patronyme du jeune officier fleure bon le Sud-Ouest de la France ou l’Espagne, Jacques-Paul de Nolivos est un enfant de la Haute-Marne : il naît le 28 janvier 1791 à Anglus, près de Montier-en-Der. Son père est un capitaine de dragons originaire du Béarn qui s’est marié avec une Champenoise. Elève, comme ses deux frères, de l’école spéciale militaire de Fontainebleau, Paulin de Nolivos est promu sous-lieutenant le 25 mars 1809 pour être affecté dans le 1er régiment de conscrits-grenadiers de la Garde qui vient d’être créé, précisément dans la 3e compagnie du 3e bataillon. Avec ce corps commandé par le colonel Darquier, il s’illustre en Espagne, passe lieutenant le 24 juin 1811, dans la 2e compagnie du 1er bataillon du 3e tirailleurs, puis est promu, à seulement 22 ans, chef de bataillon dans la ligne, le 2 avril 1813 ! Affecté au 2e régiment d’artillerie de marine, qui comme son nom ne l’indique pas est une unité d’infanterie (sous les ordres du maréchal Marmont), il trouve la mort le 18 octobre 1813 à la bataille de Leipzig.

Officier supérieur à 22 ans et déjà chevalier de la Légion d’honneur : nul doute que la carrière de cet enfant de la noblesse d’Ancien Régime se serait rapidement portée au sommet de la hiérarchie militaire. Le destin en a décidé autrement, comme il n’a pas été favorable à ses deux frères, l’un tombé comme sous-lieutenant du 106e de ligne à la bataille de Raab (1809), l’autre mort en Russie (1812).

Sources : état civil d’Anglus ; états de services du chef de bataillon de Nolivos (communiqués par Pierre-G. Jacquot) ; « Victoires et conquêtes des Français ».
Remerciements à Christophe Bourachot.

lundi 2 novembre 2009

Le commandant Chonez : né à Wassy, mort à Langres

La ville de Wassy, alors chef-lieu d’arrondissement, est la patrie de plusieurs officiers de cavalerie d’Empire, et non des moindres : le général de division Defrance, le lieutenant-colonel Maugery, le chef d’escadron Plique, le lieutenant Baudot (ces trois derniers cuirassiers)…
Elle a également vu naître, le 21 septembre 1772, Louis Chonez. Il est le fils de Nicolas, alors officier sous-aide-major dans le corps royal de l’artillerie. C’est en octobre 1793 que le jeune homme entre en service, au 1er régiment de chasseurs à cheval (ex-chasseurs d’Alsace). Un corps où il servira près de 20 ans.
Le 5 octobre 1803, il y est promu sous-lieutenant. La même année, le 18 décembre, il est fait membre de la Légion d’honneur.
Le 1er chasseurs se bat à Auerstaedt (1806), en Pologne. Promu lieutenant le 7 mars 1807, puis capitaine le 7 avril 1809, il sert en Allemagne (Raab, Wagram) avant de prendre part à la campagne de Russie.
Selon Martinien, il sert toujours au sein de son corps d’origine (colonel Méda). Selon ses états de services, il est plutôt passé au 11e chasseurs à cheval du colonel Désirat (division Wathier du 2e corps de cavalerie).
Quoi qu’il en soit, le capitaine Chonez se bat à La Moskowa (7 septembre 1812), où il est blessé par un coup de feu. Lui qui a perdu son brevet de Légion d’honneur en Russie est promu, à la veille de la bataille de Lutzen, chef d’escadron (fin avril 1813). Une nouvelle campagne s’ouvre, dont il ne sortira pas indemne : il reçoit un coup de sabre et un coup de lance lors de la terrible bataille de Leipzig (octobre 1813). Durant la Campagne de France, il participe à la défense de Maubeuge.
Sous la Restauration, il est membre du conseil d’administration du 11e chasseurs, fait officier de la Légion d’honneur en octobre 1814, avant de se rallier durant les Cent-Jours et d’être retraité en 1816.
Retiré à Pont-à-Mousson (Meurthe-et-Moselle) – il y vit en 1817 – ou, selon « Les Fastes de la Légion d’honneur », à Burtoncourt (Moselle), il est fait chevalier de Saint-Louis en 1821.
Mais c’est dans son département natal que ce Lorrain d’adoption finira ses jours. Il ne revient pas à Wassy, mais s’établit à l’autre extrémité de la Haute-Marne : à Langres. C’est là qu’octogénaire, il reçoit la médaille de Sainte-Hélène et, domicilié rue de Repas, c’est là que l’époux de Marguerite-Sophie Dugon décède le 17 février 1858.
Sources : « Fastes de la Légion d’honneur » ; base Léonore ; Martinien ; état civil des communes de Wassy et de Langres ; dossier des médaillés de Sainte-Hélène.

vendredi 30 octobre 2009

Officiers à la mode napolitaine

Plusieurs officiers haut-marnais ont servi des royaumes « satellites » de l’Empire français. Parmi eux, sept – chiffre non négligeable - étaient en service dans les troupes du royaume de Naples, ayant eu pour souverains successifs Joseph Bonaparte et le maréchal Joachim Murat. Aide de camp du beau-frère de Napoléon, le Dervois Pierre-Augustin Berthemy, dont la carrière a déjà été détaillée sur ce blog, a même été promu maréchal de camp napolitain et fut un des rares Français à ne pas quitter son protecteur lorsque celui-ci a pris langue avec les Britanniques début 1814. Voici six autres parcours moins connus.

Collin Etienne (Cirey-sur-Blaise 1776 – 1858). Entré en service comme caporal au 1er bataillon auxiliaire de la Haute-Marne (an VII), sergent-major au 101e de ligne (an XII), il passe aux grenadiers de la Garde de Naples (août 1806). Sous-lieutenant (12 décembre 1808) au régiment de grenadiers de Naples, lieutenant (21 février 1810), capitaine (15 janvier 1814) au même régiment, il démissionne (25 janvier 1814) et passe au 9e régiment de la Garde (mars 1814). Frère d’un capitaine. Source principale : base Léonore.
Gobelet Claude-Antoine (Preigney, Haute-Saône, 1785). Lieutenant adjudant-major dans les grenadiers de la Garde de Naples, totalisant 18 ans de services, il est placé en demi-solde et se marie en 1817 à Pierrefaites, où il exerce la profession de cultivateur.

Capitaine Antoine Guéniot 
(Vitry-en-Montagne 11 mai 1775 - Bay-sur-Aube 28 avril 1854). 
Fils de Rodolphe-Augustin Guéniot, ouvrier à la manufacture de glace de Rouelles (puis pourvoyeur de l'abbaye d'Auberive puis cordonnier) et de Catherine Sibille, il entre en service le 12 juin 1790 dans le 7e régiment de chasseurs Auvergne (versé dans la 3e demi-brigade d'infanterie légère). Il prend part aux campagnes de l'armée du Rhin (1791-1792), est présent au siège de Mayence (1793) puis combat en Italie. Passé dans la 7e demi-brigade d'infanterie de ligne (1795), Antoine Guéniot est affecté au 4e bataillon provisoire du train d'artillerie le 20 mai 1797. Il prend part ensuite à la campagne du Portugal (an IX) et à celle de Calabre (ans IX - X). Maréchal des logis le 20 décembre 1802, il se marie avec Madeleine Falset (ou Falcette) dont il aura trois enfants nés dans la péninsule italienne entre 1805 et le 27 février 1814. Le maréchal des logis Guéniot passe au service napolitain en rejoignant le train d'artillerie de la Garde royale le 3 septembre 1806. Garde d'artillerie de 2e classe le 1er décembre 1808, il est nommé par le roi de Naples capitaine d'artillerie légère de la garde, chargé du matériel, le 25 mars 1811. Au cours de sa carrière militaire, il est blessé d'un ou deux coups de baïonnette au bras droit "en montant à une redoute" à Marengo (1800),  d'un coup de feu à la jambe gauche au siège de Gaête, d'un coup de feu à la mâchoire supérieure en Calabre. Après l'abdication de Napoléon, le capitaine Guéniot est autorisé à rentrer dans ses foyers le 2 août 1814 pour jouir de la demi-solde. Qualifié de chevalier de la Légion d'honneur (?) et de l'ordre des Deux-Siciles, retiré à Bay-sur-Aube, il est capitaine de 2e classe dans la compagnie d’artillerie de la garde nationale de la Haute-Marne (1815), puis à nouveau en demi-solde à Bay-sur-Aube. Il est confirmé dans son grade de capitaine "français" en 1816. Il est veuf au moment de son décès à Bay-sur-Aube (son épouse vivait en Seine-et-Oise). 
Husson Victor (Vignory 1775). Son parcours à lire ici.
Richoux Nicolas (Chaumont 1776). Frère d’un capitaine de cuirassiers, membre de la Légion d'honneur depuis le 4 novembre 1804 comme brigadier du 8e cuirassiers, il est lieutenant dans la garde du vice-roi d’Italie, en 1809. Il est ensuite, en 1811, adjudant-major au régiment des chevau-légers du roi de Naples, qu’il sert jusqu’en 1814. Promu capitaine au 6e chasseurs à cheval sous la Première Restauration, il est en demi-solde à Chaumont fin 1815. Retraité en 1818.

Simon Jean-Baptiste, capitaine
(Provenchères-sur-Marne 3 juillet 1777 – Cerisières 5 août 1819). 
Fils de Nicolas Simon, laboureur, et de Marie Lerouge, qui s'installent ensuite à Cerisières. Elève au bataillon de l'école d'artillerie de Strasbourg (22 octobre 1798) ; passé au 2e régiment d'artillerie à pied (21 avril 1800) ; campagnes de l'an VIII et de l'an IX à l'armée du Rhin ; fourrier (14 juillet 1801) ; campagnes sous le général Gouvion Saint-Cyr dans le Royaume de Naples entre l'an XI et l'an XIII ; sergent (13 juillet 1805) ; campagne de l'armée d'Italie en l'an XIV ; passé à l'artillerie à pied de la Garde royale de Naples (1er août 1806) ; campagne de Naples, siège de Gaëte (1806) ; sergent-major le 18 avril 1808 ; maréchal des logis-chef de l'artillerie légère de la garde royale de Naples le 1er novembre 1808 ;  campagne de Calabre (1810) ; lieutenant en second, même corps, le 25 mars 1811 ; lieutenant de la 1ère compagnie du régiment d’artillerie légère de la garde de Naples, lorsqu’il se marie en 1812 à Naples avec Marie-Raphaël Romanisse ; dirigé sur la Russie en août 1812 avec la 33e division (Destrées) ; lieutenant en premier, même corps, le 1er janvier 1813 ;  chevalier de la Légion d'honneur le 4 juin 1813 ; aurait été blessé le 26 août 1813 à Dresde selon A. Martinien ; chevalier de l'ordre des Deux-Siciles le 2 novembre 1813 ; capitaine en second, même corps, le 12 mars 1814 ; démissionne du service de Naples le 15 février 1815 ; lieutenant français le 9 décembre 1815 ; en solde de non activité le 1er janvier 1816, retiré à Cerisières ; un courrier du 1er février 1816 du maréchal de camp Chabert, commandant le département de la Haute-Marne, note : "Cet officier a de l'instruction et surtout beaucoup de zèle. Moralité : excellente, très brave homme. Principes : pense bien, on m'a assuré qu'il était très dévoué au roi. Fortune : point. Physique : très beau, bien constitué. Opinion : j'estime que cet officier est susceptible de concourir aux emplois de son grade" ; déplore le 1er mars 1816 auprès du ministère de la Guerre la "grande disproportion de grade et de traitement d'officier d'artillerie que j'étais", pense "ne pas avoir démérité" pour obtenir son grade de capitaine ("je n'ai pris part à aucun évènement survenu en France depuis le mois de mars 1815") ; nommé le 22 octobre 1818 à la Légion de Corse ; nommé le 22 avril 1819 à la Légion du Gard comme lieutenant ; "cet officier n'a pas rejoint son corps et n'a pas donné de ses nouvelles", note le ministre de la Guerre en 1820. Jean-Baptiste Simon est en réalité décédé, propriétaire, dans son village, à l'âge de 42 ans. Il totalisait, au 1er juillet 1818, 19 années, huit mois, neuf jours de service, dont dix campagnes. Source : 2 ye 3799, SHD. 

mercredi 28 octobre 2009