mercredi 3 juin 2009

"Grognards de Haute-Marne"


Le 12 juin, a paru, aux éditions Dominique Guéniot, à Langres, notre premier ouvrage napoléonien, "Grognards de Haute-Marne".

En voici le texte de présentation figurant en quatrième page de couverture :


"Charles de Gaulle, le plus illustre des Haut-Marnais, vient de naître lorsque décède à Langres en 1891, à l’âge de 97 ans, celui que nous pensons être le dernier
Grognard vivant dans ce département. Ultime témoin d’un furieux quart de siècle qui, de 1792 à 1815, a vu les soldats français, d’abord dans les armées révolutionnaires, puis dans les troupes impériales, parcourir un continent européen déchiré et s’y battre.
Durant l’Empire, plus de 13 000 enfants de Haute-Marne – théâtre de la
dernière victoire de Napoléon Ier avant Waterloo -, conscrits ou volontaires, ont porté l’uniforme. Résignés, mais disciplinés, ils ont rejoint leurs régiments pour combattre de l’Espagne à la Russie, des îles du Danemark à l’actuelle Croatie. Nombre d’entre eux ont servi au sein du glorieux 14e de ligne, décimé à Eylau. D’autres ont alimenté les unités des gardes nationales mises sur pied par le département pour défendre les côtes de Belgique, les places de Neuf-Brisach ou de Langres.
Sous l’uniforme, ils ont vécu l’inimaginable : les affres de la détention sur le
sinistre îlot de Cabrera, aux Baléares ; la retraite de la Grande-Armée, dans des conditions épouvantables, depuis Moscou ; la vision de leur camarade capturé par les guérilleros espagnols et supplicié. Mais ils ont aussi accompli des actions d’éclat, gagné au feu la croix de la Légion d’honneur, voire un galon d’officier ou un titre de noblesse d’Empire.
Beaucoup, parmi ceux qui sont devenus officiers, ont fait preuve d’un grand
mérite. C’est le colonel Deponthon, d’Eclaron, qui, faisant preuve d’une rare prémonition, n'a caché à l’empereur des Français aucun des risques d’une campagne en Russie... Les colonels Habert, de Nijon, et Isidore Martin, de Saint-Dizier, qui ont lancé leurs cuirassiers contre les carrés britanniques à la fin de la bataille de Waterloo… Chaudron-Rousseau, de Bourbonne-les-Bains, colonel à 19 ans – un record dans l’histoire de l’armée française ! –, tombé comme général en Espagne… L’un des trois frères Jobert, de Pressigny, qui a franchi le Danube à la nage lors d’un coup de main audacieux... Ou encore le commandant Laloy, de Chaumont, qui a fait un rempart de son corps entre son général et des insurgés espagnols.
Plus de 3 000 Grognards haut-marnais ne sont pas revenus de ces campagnes
incessantes, davantage victimes des épidémies qui ravageaient alors les hôpitaux que du feu ennemi. Les autres ont retrouvé leurs terres, se sont mariés, ont passé le reste de leur existence à travailler, vivant, pour 3 163 d’entre eux, assez longtemps pour recevoir, sous le règne de Napoléon III, la médaille de Sainte-Hélène. Mais tous ont été marqués à jamais par leur expérience de soldat.
C’est leur histoire que nous nous proposons ici de vous présenter".

Il s'agit du premier ouvrage consacré au Premier Empire dans le département et destiné au grand public, depuis la relation de la Campagne de 1814 en Haute-Marne proposée par F.-F. Steenackers (dans le dernier quart du XIXe siècle !).

C'est ici l'occasion de rendre hommage à notre précurseur Pierre-Gérard Jacquot. D'origine haut-marnaise (sa famille vivait à Ageville, près de Nogent, durant la Révolution), il exerçait la profession d'avocat à Saint-Dizier - il fut d'ailleurs bâtonnier de la Haute-Marne. Membre du Souvenir napoléonien et représentant de l'Association pour la conservation du patrimoine napoléonien en Haute-Marne, Me Jacquot est l'auteur d'une incontournable thèse de 3e cycle sur "Les bataillons de volontaires nationaux en Haute-Marne" (Dijon, 1979), d'un ouvrage sur la terreur blanche dans le département ("Opposition et terreur blanche, ou la fidélité aux souvenirs"), de nombreux articles ("La Haute-Marne napoléonienne", dans La Revue du Souvenir napoléonien, etc.) et ouvrages inédits ("Les Haut-Marnais et la Campagne de Russie", "Les Haut-Marnais et la Campagne de Pologne"...). Nous associons, à cet hommage à un homme qui s'était retiré à Cirfontaines-en-Ornois (canton de Poissons) et aujourd'hui disparu, le souvenir de Jean-Marie Chirol, le fondateur du club Mémoires 52 qui, lui aussi, s'était intéressé à cette période passionnante. Malheureusement, sa "Gazette de la Campagne de 1814" n'avait alors pas trouvé d'éditeur, tout comme Pierre-Gérard Jacquot qui avait également produit une synthèse des événements de cette campagne de notre département. Nous leur rendons aujourd'hui, modestement, cette justice...

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Les Morlant et le 11e chasseurs à cheval

Voici le fruit de nos dernières recherches historiques. Elles concernent la famille meusienne De Morlant (rebaptisée, Révolution oblige, Morlant).

Chez les Morlant, il y a d'abord l'illustre François-Louis, qui commandait en second les chasseurs à cheval de la Garde et qui a trouvé la mort à Austerlitz. Son nom figure sur l'Arc de Triomphe à Paris, bien qu'il n'ait pas été promu au grade de général.

Mais il y aussi Jean-Pierre. Lorsque nous nous sommes intéressé à l'histoire du 1er bataillon des gardes nationales de la Haute-Marne, mis sur pied en août 1809 à la suite du débarquement britannique dans l'île de Walcheren, nous étions resté très sceptique quant à une parenté supposée - c'est la presse de l'époque qui l'assurait - entre l'adjudant-major de Morlant, chef d'escadron retiré à Ceffonds (pour la petite histoire, le village natal du père de Jeanne d'Arc), et le héros d'Austerlitz. Or les registres d'état civil de la commune sont formels : ils confirment que François-Louis et Jean-Pierre sont bel et bien frères.
Né le 9 mai 1761, à Souilly (Meuse) comme son illustre frère, Jean-Pierre de Morlant, dit Morlant, est le fils de Jean-Pierre, évuyer et officier d'infanterie, et d'Elisabeth de Bonnay.
Comme le frère du futur maréchal Moncey, comme un membre de l'illustre famille de Nolivos, c'est par son mariage que Jean-Pierre "fils" de Morlant s'établit en Champagne méridionale sous l'Ancien Régime. Epoux d'Anne-Gabrielle Delalain (fille d'un docteur en droit de Montier-en-Der), le jeune homme est qualifié d'officier au 5e régiment de chevaux-légers lorsque naît un fils, à Montier, en 1783. Au moins un garçon (en l'an III) et une fille (en l'an VIII) verront également le jour au sein de son couple. A l'aube de la Révolution, il est lieutenant au sein du 11e régiment de chasseurs à cheval, puis capitaine le 1er juillet 1792. Il aurait également servi, selon ses dires, dans la cavalerie (sic) de Seine-Inférieure (un escadron de volontaires nationaux ?) avant de se retirer à Ceffonds. En l'an III, il est qualifié de cultivateur. En l'an VIII, de propriétaire. En 1809, il reprend donc du service, à 47 ans, comme adjudant-major du 1er bataillon de la Haute-Marne, dont il prendra d'ailleurs le commandement peu avant sa dissolution au printemps 1810. La même année, il est destiné à rejoindre le Régiment des gardes nationales de la Garde (futur 7e voltigeurs de la Garde). L'a-t-il rejoint ? Trois ans plus tard, Morlant sollicite un emploi dans les gardes d'honneur - une lettre en ce sens est adressée au général Clarke. Ici encore, il n'est pas certain qu'il ait obtenu satisfaction. Il décède en 1818 à Ceffonds, à l'âge de 57 ans.

Nous l'avons dit : Jean-Pierre Morlant a eu au moins deux fils. Le premier, Louis-Elie-Hypolite, est baptisé le 13 août 1783 à Montier-en-Der. Il a pour parrain officiel son oncle paternel Louis-Elie de Morlant, un eccléstiastique. Mais celui qui est présent à la cérémonie pour représenter ce prieur, c'est son autre oncle... François-Louis, le futur héros d'Austerlitz. Comme ce dernier, comme son père, Hypolite va servir comme officier au 11e chasseurs à cheval. Si l'on s'en réfère au tableau Martinien, c'est un cavalier brave jusqu'à la témérité. Il suffit d'énumerer ses blessures : à Heilsberg, comme sous-lieutenant ; à Rudulna, à La Moskowa, à Wilna, à La Katzbach, à Waimar, comme capitaine. C'est bien lui qui est fait baron d'Empire en 1811, et non son oncle François-Louis (à titre posthume). L'occasion ici de rectifier une confusion (excusable) faite par le regretté Dr Hourtoulle dans son ouvrage sur La Moskowa : le capitaine de Morlant qui servait en Russie au sein du 11e chasseurs n'est pas le fils du major des chasseurs à cheval de la Garde, mais son neveu. Meusien d'origine, c'est à Verdun que le baron de Morlant décède le 21 février 1815, alors qu'il n'a pas 32 ans, dans son logement, rue de la Boucherie, ainsi que nous l'a révélé le registre d'état civil de la cité.

Enfin, il y a Charles-Rose Morlant, le moins connu, né le 20 mai 1795 à Ceffonds. C'est à 17 ans, le 11 mai 1812, qu'il entre en service... au sein du 11e chasseurs (dont le dépôt est alors à Verdun) ! C'est aussitôt la campagne de Russie. En décembre, le jeune homme est fait prisonnier près de Wilna, sans doute au moment où son frère officier est touché. Blessé, épuisé, il meurt le 27 mars 1814 en captivité.
A noter que le chef d'escadron Jean-Pierre Morlant est encore le beau-père du lieutenant Nicolas-Remy Diderot, de Montier-en-Der, officier du 14e de ligne, époux de sa fille Calixte-Louise-Marie-Rose.

vendredi 29 mai 2009

Les carrières "jumelles" des deux cousins de Sommancourt (1ère partie)

Automne 1805. Lorsque le 34e régiment d’infanterie de ligne marche, au sein de la Grande-Armée, contre les Autrichiens, première grande campagne militaire de l’ère impériale, voilà déjà quatorze ans que deux de ses officiers, Charles-Frédéric Gardel et Joseph-Frédéric Jacquot, sont sous les drapeaux. Quatorze années passées à se battre, du Nord de la France au Maine-et-Loire, en passant par la Belgique, l’Allemagne et l’Italie.

Quatorze années de campagnes périlleuses de la Révolution que les deux hommes ont donc traversées, non sans avoir chacun été blessé, deux hommes qui sont montés en grade. Jacquot est lieutenant depuis le 10 septembre 1803, Gardel, sous-lieutenant depuis le 26 décembre 1799.

Mais ils n’imaginaient sans doute pas, en se dirigeant vers le Danube, qu’ils allaient encore découvrir nombre de capitales européennes, bien éloignées de leur village natal de Sommancourt…

Volontaires nationaux

Au-dessus de Wassy, à gauche de la route vallonnée menant à Joinville, sur le plateau entre Blaise et Marne, est posé Sommancourt. Un tout petit village qui n’a jamais fait parler de lui dans l’Histoire. L’érudit haut-marnais Emile Jolibois, au XIXe siècle, le présente d’ailleurs très succinctement : une population de 183 âmes en 1789, et une église dédiée à saint Benigne.

Sous l’Ancien Régime, c’est un village de manouvriers, essentiellement. La minceur des registres paroissiaux témoigne du peu d’importance de la population. Quatre naissances, seulement, enregistrées pour l’année 1772. Dont celles de deux garçons : Joseph-Frédéric Jacquot, le 16 janvier, et Charles-Frédéric, le 5 mai.

« Conscrits » - c'est-à-dire de la même « classe », ils sont d’abord et avant tout cousins germains. Le premier est fils de Charles, manouvrier d’origine meusienne, lequel est le parrain du second, enfant de Frédéric, recteur d’école, dont les ancêtres sont originaires de Doulevant-le-Château..

Comme des dizaines de milliers de Français, les événements de 1789, survenus alors que les deux cousins ont 17 ans (ils ont en commun le grand-père Gardel), vont bouleverser leur vie. Sommancourt cesse alors d’être un village du diocèse de Châlons, province de Champagne, pour devenir commune du canton de Fays, district de Saint-Dizier, département de la Haute-Marne.

Pour défendre les acquis de la Révolution, le tout jeune département lève un bataillon de volontaires nationaux. Chaque district forme une ou deux compagnies, qui convergent vers le chef-lieu, Chaumont, où est organisé officiellement, le 17 septembre 1791, le 1er bataillon.

C’est un capitaine de l’armée royale, Henry Doré de Brouville, 49 ans, né à Bienville mais domicilié à Buxières-lès-Froncles, qui en est élu lieutenant-colonel en premier. Son fils de 17 ans et un neveu de 15 – tous deux prénommés également Henry – l’accompagnent dans l’aventure.

Composition de l’unité : une compagnie de grenadiers et huit de fusiliers. Les volontaires des environs de Wassy appartiennent à la 5e compagnie, confiée à un ancien soldat du roi natif d’Eclaron, Claude-Antoine-Augustin Pissot. C’est vraisemblablement à cette compagnie que sont incorporés les deux cousins, à l’instar de Jacques Benoit, de Wassy.

Rapidement, le 1er bataillon de la Haute-Marne se porte sur les Ardennes. Le 10 octobre 1791, il arrive à Vouziers pour y passer l’hiver. En mai 1792, il rejoint l’armée de la Moselle, hormis les grenadiers du capitaine langrois Jacquinot, qui vont participer à l’affaire de Valmy, puis à la bataille de Neerwinden (18 mars 1793).

Pendant ce temps, le bataillon participe à l’expédition sur Trêves (hiver 1792-93), à l’affaire de Hombourg (mai 1793), avant d’être affecté à l’armée du Nord en juillet 1793. Là, l’y retrouvent les grenadiers.

Dès lors, le 1er de la Haute-Marne ne cesse de se battre sur la frontière franco-belge. Le 27 août 1793, il lutte à Tourcoing. Ses pertes sont lourdes : 18 tués, dont le capitaine Ageron, les sous-lieutenants Duché et Graillet. Du 9 au 11 septembre, il perd encore six tués dans les combats d’Ypres. Le 13, les volontaires souffrent pour enlever Wervicq, près de Lille, commune défendue par les Austro-Suisses. Dans l’affaire, le bataillon enlève huit canons. Mais deux jours plus tard, le repli des troupes françaises sur Lille se traduit par une panique au sein de la division Hédouville, culbutée près de Bisseghem, qui coûte au bataillon cinq tués – le futur général Lecourbe est blessé à cette occasion.

Parmi les victimes de ces combats, le lieutenant-colonel Brouville, ainsi que Joseph Jacquot, caporal depuis le 22 février 1793 : il a reçu deux coups de sabre au poignet, le 17 septembre. Ses premières blessures… Quant à son cousin Gardel, il est lui aussi caporal, depuis le 15 mars de la même année.

Avant de prendre ses quartiers d’hiver, l’unité est encore engagée dans la bataille de Wattignies, le 16 octobre 1793 : un fusilier de la 5e compagnie y est tué, un autre de la 8e est mortellement blessé.

Plusieurs mois se passent. Le 16 avril 1794, le bataillon, qui a reçu en trois ans 924 recrues venues de différents départements, cesse d’exister au profit de la 85e demi-brigade de bataille. Sur 996 Haut-Marnais qui y sont affectés, 455 sont des survivants des levées de 1792 et 1793.

Dans cette 85e dont Brouville prend le commandement en qualité de chef de brigade, la 5e compagnie devient 8e (dite 24e) compagnie, capitaine Pissot, du 3e bataillon, celui-ci confié au chef de bataillon Sébastien Bauer.

Les opérations de l’armée du Nord reprennent. Au printemps 1794, la 85e se bat sur la Sambre. A Sprimont, six Haut-Marnais sont tués, deux mortellement blessés. En octobre, l’unité fait tomber Juliers (aujourd’hui en Allemagne).

Février 1795 marque son départ du théâtre d’opérations de l’armée du Nord pour rejoindre l’Ouest de la France. Ici, l’ « ennemi » est Français : ce sont les chouans. Pas de bataille rangée, mais une guerre d’embuscades – notamment contre les hommes de Charette - qui se révèle meurtrière : tour à tour, tombent le capitaine Mailfert (le 9 août), le sous-lieutenant François Jeanson, de Brousseval (le 24), le capitaine Collet, de Choiseul (tué près d’Ancenis). Un succès : le 12 juin 1795, celui du sous-lieutenant Barbier et 30 hommes contre une bande d’insurgés.

Officiers au 34e de ligne

Après ces opérations, un deuxième amalgame entraîne, le 19 février 1797, la dissolution de la 85e et la création de la 34e demi-brigade d’infanterie de ligne, commandée par le chef de brigade Marc Mazas. De son côté, Brouville va rester dans l’Ouest de la France, au commandement de la place du Mans. Il décèdera comme chef de brigade de gendarmerie à Vesoul, en 1801…

N’y subsistent plus que 251 Haut-Marnais. Parmi eux : Gardel et Jacquot. Le premier, qui était sergent depuis le 1er novembre 1793, est passé sergent-major le 20 janvier 1795 et sert au 2e bataillon. Tout comme le second, caporal fourrier depuis le 20 janvier 1795.

Après le Nord de la France, la Belgique, l’Allemagne, le pays chouan, les Haut-Marnais vont se battre dans un nouveau pays : l’Italie.

L’an 1799 est marqué par une sévère défaite : celle de Novi, le 15 août 1799. Le jeune général en chef de l’armée d’Italie, Barthélémy Joubert, 30 ans, trouve la mort lors de cette victoire des Russes. La 34e de ligne y subit de lourdes pertes : selon l’amicale du régiment, sur 1 700 hommes, 482 sont hors de combat. Parmi les cadres haut-marnais blessés, le capitaine Laurent (I/34e) et le sergent-major (depuis le 28 décembre 1798) Jacquot, ce dernier d’un coup de feu à la jambe gauche. C’est sa seconde blessure, en déjà huit années de services…

Le 34e se bat encore à Coni, à Mondovi, à Milan. En avril 1800, alors que la France est passée sous le régime du Consulat, la demi-brigade, servant sous les ordres du général Suchet, combat à nouveau dans la péninsule, en Ligurie. A Saint-Jacques (11 et 12 avril), le capitaine Pissot, qui commande par intérim le I/34e, est blessé – il mourra à Nice quelques semaines plus tard. Charles Gardel, passé sous-lieutenant fin décembre 1799, dans la 7e compagnie du II/34e, est touché, le 12, de trois coups de feu.

Jusqu’en 1803, année où elle se transforme en régiment, la 34e reste en Italie. Puis elle rejoint Mayence. Il subsiste alors dans ses rangs quelques Haut-Marnais parmi les officiers : les capitaines Laurent, Renaud, Barbier (de Langres), Charonnot (de Chaumont) ; les lieutenants Gillet (Poissons), Jacquot (promu le 10 octobre 1803) ; les sous-lieutenants Gardel, Choublanc (Prauthoy)…

Comme de nombreux régiments, le 34e est cantonné dans le Pas-de-Calais, à Saint-Omer, face à l’Angleterre. Il est toujours sous les ordres de Suchet, commandant désormais une division - qui deviendra la 1ère du 5e corps -, formant brigade avec le 40e de ligne. Leur association durera presque tout l’Empire...

A noter que le corps, qui établira son dépôt à Givet (Ardennes), a implanté son détachement de recrutement à Arras. Mais s’il va désormais accueillir des conscrits originaires du Pas-de-Calais, il intègrera encore des Haut-Marnais. Ainsi, Maurice Fèvre, d’Humberville, incorporé le 19 octobre 1805.

Austerlitz, Iéna, Pultuski…
Tourné vers la Grande-Bretagne, le 5e corps va faire volte-face et marcher contre les Autrichiens. C’est à ce corps commandé par l’illustre maréchal Lannes qu’appartient, au sein de la brigade Beker, le 34e, colonel Dejean.

Suivons ses pérégrinations grâce aux souvenirs de Pierre-François Puffeney, un Franc-Comtois de 34 ans, alors sergent-major. Le 14 octobre 1805, le régiment passe le Danube près d’Elchingen pour enlever la position de Michelsberg, dans le cadre de la bataille d’Ulm. Le 4 novembre, le régiment affronte les Russes à Amstetten, le 13 il entre dans Vienne (nouvelle capitale…), le 18 dans Brunn. Selon Puffeney, le III/34e va rester dans cette ville, pendant que se déroulera la bataille d’Austerlitz.

Selon leurs états de services, Gardel et Jacquot prennent part à la fameuse bataille des Trois-Empereurs, dont ils sortent indemnes. Mais le 34e déplore 49 tués et 193 blessés, selon l’amicale du 34e. Le sous-lieutenant Blanc est tué, 19 officiers blessés, dont le chef de bataillon Klein et le sous-lieutenant Guillemin, qui mourra quelques semaines plus tard.

Après les Autrichiens et les Russes, vient le tour des Prussiens. C’est la campagne de 1806. Le 10 octobre, à Saalfeld, un officier haut-marnais, le capitaine Barbier, est tué, tout comme les capitaines Delpech et Javel. Le 14, c’est Iéna, où le régiment déplore 121 tués et 583 blessés, non sans avoir pris quinze pièces de canon et 400 Prussiens. Les officiers paient un lourd tribut : quatre tués et blessés à mort (capitaine Lecomte, lieutenants Anceaux et Ménescloux, sous-lieutenant Durat), 26 blessés, dont le colonel Pierre Dumoustier, son nouveau chef de corps.

Les Russes entrent à nouveau dans la danse. Après être entré dans Varsovie – encore une capitale européenne découverte par les deux cousins -, le 27 octobre, le régiment se bat le 26 décembre à Pultusk. Il s’y « couvre de gloire », même, selon le bulletin de la Grande-Armée. Nouvelles pertes parmi les officiers : les capitaines Grappe, Hourlon, Gauthier, Perron, les lieutenants Delpech, Ferrand. Le colonel Dumoustier est à nouveau blessé.

Le régiment n’est pas directement engagé à Eylau, mais prend part la bataille d’Ostrolenka (16 février 1807). Après le traité de Tilsitt, le 34e, qui appartenait à la brigade du général Dumoustier (son ancien colonel), quitte la Pologne pour la Silésie, puis le duché de Wartenberg.

A noter qu’avant Friedland (où le capitaine Barsut a été tué et le sous-lieutenant Boucher sont tués, le chef de bataillon Jean-François Chabert, 49 ans, blessé, avec les grenadiers et voltigeurs réunis), plusieurs de ses officiers ont été faits membres de la Légion d’honneur, par décret du 14 avril 1807 : les capitaines Drouard, Lanoix, Hubert, Troyon, Roux, Lautrec, Gérard Chaud, le lieutenant Fronge.

En 1808, le 34e de ligne change d’horizon : il entre en Espagne. Il y servira jusqu’en 1814…

(A suivre)

dimanche 24 mai 2009

Colas, chef de bataillon du 120e de ligne

Quoique capitaine, il a commandé en Espagne un bataillon du 120e de ligne, le régiment jadis dirigé par un Haut-Marnais (Etienne Gauthier, de Balesme-sur-Marne) et au sein duquel s’illustra le capitaine Louis François, de Donnemarie. Belle carrière que celle de Marcel Colas, né à Montreuil-sur-Thonnance (canton de Poissons) le 15 janvier 1768.
Il s’enrôle comme grenadier au sein du 2e bataillon de volontaires de la Haute-Marne, le 3 août 1792. Sergent en l’an III, il passe sous-lieutenant le 18 floréal an VIII. Il sert alors au sein de la 75e demi-brigade, avec laquelle il se bat en Egypte sous les ordres du chef de brigade Maugras. Blessé dans ce pays en l’an VII et au Caire l’année suivante. Auparavant, il avait été touché dans sa chair le 27 janvier 1793, le 13 avril 1793, en l’an II...
Colas est promu lieutenant le 1er vendémiaire an XII, puis capitaine le 15 nivôse an XIV. C’est à ce titre qu’il reçoit un coup de feu à la jambe gauche à Austerlitz, toujours avec le 75e – Martinien n’en fait pas état. Lors de cette glorieuse journée, il se distingue dans la poursuite des troupes alliées à la tête de ses grenadiers.
Le 1er juillet 1808, le Haut-Marnais passe au 120e de ligne. Avec ce corps, il sert de 1808 à 1812 dans la péninsule.
Durant cette longue campagne, il est fait chevalier de la Légion d’honneur le 14 juillet 1811. La même année, il est à la tête du 3e bataillon du 120e, en remplacement du commandant Brancion.
Le capitaine Colas, jamais promu au grade supérieur, cesse de servir le 26 décembre 1812, à l'âge de 44 ans. Retraité, il prend pour épouse, dans son village natal, en 1813, Gertrude Colas, fille du maire de Montreuil-sur-Thonnance. Il est alors qualifié de chevalier d’Empire – Révérend ne le recense toutefois pas parmi les membres de cette noblesse. Puis il reprend brièvement du service durant les Cent-Jours au sein du 3e bataillon de grenadiers de la Haute-Marne, dont il commande une compagnie. Nous savons qu’il vit toujours en 1830, mais nous n’avons pas trouvé trace, dans l’état civil de la commune, de son décès. Selon son dossier de la Légion d’honneur (base Léonore), il serait mort le 4 mars 1841.

dimanche 3 mai 2009

Un Moncey méconnu né en Haute-Marne

Bon-Adrien Jeannot de Moncey, duc de Conegliano, était un grand général de la Révolution et un maréchal d’Empire estimable. Trois membres de la famille de ce Franc-Comtois ont servi comme officiers sous Napoléon : son fils Bon-Marie, colonel du 3e hussards à moins de 22 ans, mort accidentellement en 1817, son frère Claude-François, colonel de gendarmerie, et son neveu Edme-François-Hélène, capitaine de chasseurs à cheval. Ce sont ces deux derniers qui nous intéressent, puisque pour l’un établi et mort en Haute-Marne, pour l’autre né dans ce département.
C’est par son mariage, avant la Révolution, que Claude-François Jeannot de Moncey s’installe en Champagne. Epoux de Bonnaventure Rabbiet, ce chevalier de Saint-Louis, écuyer lieutenant au régiment de chasseurs dragons (sic), vit en effet dans le domaine de Boulancourt, non pas la commune de Seine-et-Marne comme on peut le lire parfois, mais une ancienne abbaye sur le territoire de Longeville-sur-la-Laines (canton de Montier-en-Der). Moncey sera d’ailleurs brièvement maire de ce village.
Les registres paroissiaux de Longeville conservent donc l’acte de baptême de son fils Edme-François-Hélène, né le 23 décembre 1789. Il a pour parrain François Guillaume de Montroze, ancien capitaine de cavalerie.
Au début de l’Empire, le jeune homme, usuellement prénommé François, est lycéen, avant d’intégrer l’une des premières promotions de l’école spéciale militaire de Fontainebleau. Le tableau des conscrits de 1809 pour l’arrondissement de Wassy précise qu’il est déjà, à 20 ans, lieutenant de chasseurs à cheval. En fait, il est sous-lieutenant au 3e régiment (il a été nommé le 6 juillet 1807, à l'âge de 18 ans), et blessé le 16 mai 1809 lors d’un combat en Croatie, ainsi que le précise Martinien.

Avec ce régiment qui, coïncidence, installe son dépôt en 1811 à Joinville, et où servent plusieurs officiers haut-marnais (lieutenants Malot, Vautrin, sous-lieutenant Roger), Moncey prend sans doute part aux campagnes de Russie et de Saxe. Lieutenant le 18 mai 1809, il est nommé capitaine le 6 avril 1812.

Le mystère demeure quant à la suite de sa carrière militaire. Il ne figure pas sur le tableau des officiers haut-marnais en demi-solde ou en activité dressé durant l’hiver 1815-1816. Moncey passe au régiment de Dauphin chasseurs en 1814. Mais l'annuaire des officiers d’active de 1819 ne le mentionne pas plus. François Moncey est sans doute déjà capitaine retraité, après 17 ans de services. C’est en cette qualité que ce chevalier de la Légion d’honneur (il n’est pas mentionné par la base Léonore) est situé en 1828, domicilié à Boulancourt, lorsqu’il déclare le décès de son père.
Auteur de plusieurs textes parus sous la Restauration, aux alentours de 1820 (« La Charte, sa lettre et son esprit », « Lois divines, immuables et universelles », « Lettre aux Grecs »), il paraît s’établir ensuite à Paris puisqu’en 1832, un fils naît dans la capitale de son union avec Louise-Marie Blanc : cet enfant, Adolphe, tombera en 1864 en Algérie, comme lieutenant, dans les rangs du 3e hussards, le régiment que commanda jadis son oncle.Edme-François-Hélène décède à Paris le 5 février 1846.
Précisons que son oncle [lire en commentaire] a servi comme chef d’escadron de gendarmerie, commandant le 41e escadron situé à Chaumont, et comme aide de camp du maréchal Moncey, avant d’être parlementaire en 1810 et de voter la déchéance de l’empereur en 1814. Par ailleurs, ce maréchal comptait également parmi ses aides de camp le capitaine haut-marnais Henry Doré de Brouville, qu’il estimait beaucoup.

jeudi 23 avril 2009

Qui connaît l'adjudant-général Perrin ?

Une bouteille à la mer… Qui peut nous indiquer le destin d’un officier haut-marnais méconnu, l’adjudant-général Perrin, sauvé de la guillotine en 1795 par le Tribunal révolutionnaire ?

Marie-Charles-Henry Perrin naît le 7 mars 1769 à Poinson-lès-Grancey (aujourd’hui canton d’Auberive, arrondissement de Langres), fils de Jean-Baptiste Perrin et de Marie-Reine Henry. Il a pour parrain son oncle, l’abbé Perrin.
Selon le futur académicien bisontin Charles Nodier, qui l’admirait, Perrin était originellement « destiné aux missions étrangères » et aurait « visité une partie de l’Orient ». Sous la Révolution, il serait devenu soldat, puis sergent, puis officier au 1er régiment d’artillerie, « frère de cœur et d’armes de Pichegru, tous deux les meilleurs amis » du père de Nodier. Toutefois, selon une autre source, Perrin servait plutôt au 6e bataillon de volontaires du Bas-Rhin.
Déjà adjudant-général chef de bataillon à l’armée du Rhin, ce « beau et doux jeune homme », selon Nodier, prend part au siège de Mayence : c’est notamment un certain Mainoni, du 6e Bas-Rhin (futur général), qui l’accuse, avec un certain Vilvotte, d’avoir provoqué les assiégés et déployé le drapeau blanc. Arrêté, emprisonné à Strasbourg, promis à la mort, il est finalement acquitté le 19 ventôse an III (8 mars 1795) et mis en liberté, ainsi que « Le Moniteur » en fait état.
On retrouve Perrin à l’an IV (1796) à l’armée du Rhin-et-Moselle, puis dans la 19e division militaire : en fructidor an V, accusé de détournement de fonds commis l’année précédente à Rheinfelden, il est mis en traitement de réforme.
Que devient cet officier, qu’il convient évidemment de ne pas confondre avec le Lorrain Perrin, futur maréchal de France sous le nom de Victor et général depuis 1793 ? S’agit-il de l’adjudant-général chef de brigade qui se bat sous Lecourbe à Orberhausen, en juin 1800, là où meurt le fameux La Tour d’Auvergne ? De l’adjudant-général Perrin, mort de la fièvre jaune en 1802, lors de l’expédition de Saint-Domingue ?
Le mystère demeure. Qui peut répondre à nos interrogations, sachant que Perrin n’a servi ni comme général, ni comme colonel sous l’Empire ?


Post scriptum : cette question posée il y a deux ans a enfin trouvé réponse. Elle sera révélée dans le dictionnaire biographique des chefs de brigade du Consulat que préparent nos amis Danielle et Bernard Quentin. Dans l'attente de cette parution attendue, signalons simplement que Perrin ne correspond ni au héros d'Oberhausen, ni à l'adjudant-général décédé à Saint-Domingue.

vendredi 17 avril 2009

Fratries d'officiers (4) : les Naudet

Deux nouveaux exemples de Haut-Marnais qui, partis aux armées comme conscrits, sont devenus officiers : les frères Naudet, originaires de Hortes, dans le canton de Varennes-sur-Amance.
Jean, l’aîné, naît le 9 avril 1782, et Nicolas, le 3 juin 1790, au sein du foyer de Jean Naudet, tissier, et d’Anne Normand.
Le premier est appelé avec les conscrits des classes des ans XI et XII. Georges Petitot et Jean-Baptiste Carmantrand, du même village, font partie des jeunes hommes tirés au sort. A noter qu’au sein du même contingent, Philibert Rolly, de Rouvres-sur-Aube, Claude Jourdheuil, de Langres, François Plubel, de Champigny-lès-Langres, Claude Dimey, de Lanques-sur-Rognon, Félix Maigrot, de Lamothe-en-Blaisy, Pierre Fauvé, de Lamothe également, Bernard Navel, de Clinchamp, Claude-Maurice Guyonet, de Graffigny-Chemin, Blaise Décot, de Chalvraines, etc., deviendront tous officiers au sein du 14e de ligne. C’est à ce régiment qu’est affecté Jean Naudet, entré en service le 4 janvier 1804 selon son dossier de médaillé de Sainte-Hélène.
Son frère Nicolas quitte à son tour Chaumont pour ce régiment, ayant son dépôt à Sedan, le 21 mai 1809. Un corps illustre qui, de 1805 à 1814, se bat à Austerlitz, à Iéna, à Eylau (où il est decimé), à Heilsberg et en Espagne.
C’est Jean, le premier, qui accède à la fonction d’officier. Selon l’historique du 14e, lieutenant, il conduit, le 26 août 1811, un détachement de 21 hommes escortant de Saragosse à Tortose un convoi et repousse, d’abord en faisant feu, puis en chargeant à la baïonnette, une centaine d’hommes de la troupe de Villacampa, dans un bois entre Beta et Gandeza. Le 2 décembre 1813, il est promu capitaine. Le même jour, Nicolas passe sous-lieutenant.
On retrouve les deux frères durant les Cent-Jours, au sein du 14e de ligne toujours : l’un est capitaine et membre de la Légion d’honneur – quoique non recensé par la base Léonore -, l’autre sous-lieutenant à la suite. Si l’on s’en réfère aux travaux d’A. Martinien, aucun des deux n’aurait été blessé durant les campagnes du Premier Empire.
Sous la Deuxième Restauration, Nicolas est qualifié de sous-lieutenant en demi-solde, et Jean, de capitaine en activité. Ils sont à nouveau réunis au sein de la légion de la Haute-Marne : en 1819, le premier occupe un poste de sous-lieutenant, et le second la fonction de capitaine d’habillement, au sein d’un corps alors basé à Langres et à Sedan, et devenant en 1820 11e régiment d’infanterie légère.
C’est Jean qui se hissera le plus haut dans la hiérarchie militaire : en 1823, il est promu chef de bataillon. Il sert, remplissant les fonctions de major, au sein du 63e de ligne recréé la même année et caserné à Marseille. Il n’est pas le seul officier supérieur haut-marnais à servir dans ce corps : deux Bourbonnais, Charles-Nicolas Mercier, comme lieutenant-colonel, et François-Armand Mongin-Forcelle, comme chef de bataillon, apparaissent dans un état officiel. Jean Naudet cesse de servir comme major en 1837. Il revient en Haute-Marne où il exerce la profession de juge de paix du canton de Varennes. Epoux de Marie-Marguerite Maurize, médaillé de Sainte-Hélène, ce chevalier de la Légion d’honneur et de Saint-Louis (depuis 1823) décède le 2 septembre 1868, à 86 ans, dans son village natal d’Hortes.
Quant à son frère, il suffit de se reporter à la notice biographique consacrée à Marie-Anne Valdenaire pour connaître la suite de sa carrière : il épouse en effet cette ancienne cantinière vosgienne dite « La Moscovite » (celle-ci en seconde noces) : qualifié de « fougueux bonapartiste », il travaille d’abord dans la manufacture de Jean-Thiébaud Géhin à Saulxures, dans les Vosges, puis part à Bar-le-Duc, dans la Meuse. Il retrouve alors un poste dans l’armée. Il s’agit donc sans doute du lieutenant Naudet situé, en 1832, au sein du 63e de ligne dont son frère est major. Un régiment qui sert à partir de 1835 en Algérie – l’officier participe à cette campagne et n’apparaît plus dans les contrôles d’effectifs, en 1842. Revenu dans les Vosges, il devient veuf en 1852 et se remarie sept ans plus tard à Cornimont. Capitaine, il réside dans cette commune en 1857 lorsqu’il est médaillé de Sainte-Hélène. C’est dans les Vosges qu’il décède, à une date qui nous est inconnue.

Sources principales : état-civil de la commune de Hortes ; annuaires des officiers d’active ; Ronsin (Albert), « Les Vosgiens célèbres », 1990 ; Dupré (Charles), « Les Fastes du 14e de ligne »…