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| La bataille de Cholet, où fut blessé l'Eclaronnais. |
Fils de Jean Mougeot, voiturier puis manouvrier, et de Marie-Madeleine Colson, Joseph-Antoine Mougeot naît à Eclaron (Haute-Marne) le 25 mars 1766, cinquième des six enfants du couple. Il grandit dans le bourg et s'engage le 26 janvier 1785 dans le régiment de Bassigny dont le dépôt est à Metz, compagnie Lanoailles. Le soldat Mougeot dit Moujot mesure cinq pieds, trois pouces. Son état de militaire ne l'empêche pas de revenir à Eclaron pour assister aux obsèques de son neveu Jean-Emmanuel Chabridon, le 30 mai 1785, puis au baptême d'un autre neveu, Louis-Antoine Chabridon, le 9 mars 1788.
Pendant la Révolution, alors que son corps est devenu 32e régiment d'infanterie, Mougeot est désigné le 25 novembre 1791 pour servir dans la garde constitutionnelle du roi Louis XVI, compagnie du capitaine de Marcilly. Il y est bien noté pour son service. Après le licenciement (le 5 juin 1792 aux Tuileries) de cette garde cantonnée à l'Ecole militaire à Paris, le Haut-Marnais est nommé capitaine de pionniers le 10 mars 1793. Dès lors, il fait les campagnes de l'Ouest de la France, entre l'an II et l'an VI.
Cher de bataillon à 27 ans
Il est blessé le 24 octobre 1793 à Entrain puis le 8 février 1794 à la reprise de Cholet (Maine-et-Loire), quand, dit Mougeot, l'adjudant-général Moulin "se brûla la cervelle, se voyant pris par les brigands". Capitaine au 12e bataillon de sapeurs dont il commande la 1ère compagnie le 8 mai 1794, Mougeot se marie le 20 juillet 1794 à Brest (Finistère) avec Marie-Julienne Rebour*, 20 ans, originaire de Lorient (Morbihan). L'union est célébrée devant Félix Nouvelle, chef du bataillon, et le capitaine Vincent Provence, du même corps. Son fils Vincent-Marie-Joseph Mougeot naît le 3 juillet 1795 à Brest, sa fille Marie-Louise-Adélaïde le 16 juin 1796 dans la même ville - selon les documents militaires, un troisième enfant était vivant, en l'an VIII.
Entre-temps, Joseph-Antoine Mougeot est passé chef de bataillon du 12e bataillon de sapeurs, le 20 juin 1795, à l'âge de 27 ans, en remplacement de son ami Nouvelle destitué. Après la réduction du nombre de bataillons de sapeurs (de douze à quatre), après le traité de Campo Formio, il est réformé le 17 août 1798. Toutefois, occasionnellement, le Haut-Marnais occupe différents postes en l'an VII et l'an VIII de la République : commandant du dépôt d'Indre-et-Loire, chef du bataillon auxiliaire du Loir-et-Cher, chef de bataillon auxiliaire en Seine-et-Oise, chef de bataillon à Lyon, membre du premier conseil de guerre de la 19e division militaire, attaché au dépôt général des réquisitionnaires et conscrits...
Localisé par la préfecture de la Haute-Marne comme chef de bataillon en non activité à Eclaron, Mougeot retrouve un emploi comme adjudant de côtes le 6 juillet 1803, dans la direction d'artillerie de Cherbourg (14e division militaire). Il a rang de chef de bataillon. Membre de la Légion d'honneur le 14 juin 1804, il est soupçonné d'être impliqué dans une affaire de contrebande entre les côtes de la Manche et l'Angleterre. La même année, Mougeot perd son épouse Marie-Julienne Rebour le 31 mars 1805, à Cherbourg, section du nord. Dans l'acte de décès, il est alors qualifié - à tort - de lieutenant-colonel.
Le Hanovre, la Hollande, l'Espagne
Le 28 octobre 1808, le chef de bataillon Mongeot est admis au traitement de réforme en attendant un commandement d'arme de 4e classe. Remplacé à Cherbourg par Fortunat Milon, il fait l'objet, le 16 mai 1809, d'une proposition de mise à disposition du général Lasalcette, gouverneur de Hanovre. Remarié, le 8 juin 1809, avec une jeune Parisienne, Anne-Edmée-Marcelline Douis, 22 ans, il reçoit enfin l'ordre le 3 juillet 1809 de commander la place de Lunebourg (Hanovre). Puis il est affecté à la place de Grave (Hollande).
Nouvelle affectation : en Espagne. Le chef de bataillon Mougeot - qui se fait appeler Demougeot ou de Mougeot voire de Mongeot - est nommé chef d'état-major du 3e gouvernement de la province de Grenade, dans le périmètre de l'Armée du Midi. Au 1er avril 1811, il a pour aide de camp le lieutenant Augustin.
Mais la fièvre jaune fait des ravages en Andalousie. Elle emporte l'officier haut-marnais le 19 avril 1811, à 7 heures du matin, à l'âge de 45 ans. Sur l'initiative de son frère François-Laurent Demougeot, qui réside à Paris, son nom sera rectifié en Demougeot par jugement du tribunal civil de Wassy (Haute-Marne) le 30 octobre 1811.
Par décret du 9 septembre 1811, sa veuve, qui habite au 30, rue Mazarine à Paris, perçoit une pension viagère de 300 F. Non remariée, elle meurt en 1841 à Charenton-Saint-Maurice.
Son fils Vincent, élève au lycée de Caen, intègre en 1813 le bataillon d'instruction des grenadiers à pied de la Garde impériale. Nommé fourrier, il sert successivement au 13e régiment de tirailleurs et au 3e régiment de voltigeurs de la Garde. Sous-lieutenant dans la 3e compagnie du Bataillon du Sénégal, il décède le 2 novembre 1816 à l'hôpital militaire du port de Gorée (Sénégal). Le commandant Mougeot était également père d'Elisabeth-Joséphine, confiée à la Maison d'Ecouen, et qui épousera en 1826 le comte Barnabé de Guernon-Ranville à Paris (elle décède dans la capitale en 1840).
Sources : dossier individuel d'officier, GR 2 ye 2985, SHD, Vincennes - contrôles du régiment de Bassigny, SHD - état civil d'Eclaron, Brest, Cherbourg et Paris - Lionel FONTAINE, Officiers haut-marnais de Napoléon, A la Une, 2019.
* C'est ainsi qu'elle signe.

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