C'est, a priori, le dernier Grognard haut-marnais à décéder. Michel-Georges Montecot naît le 6 décembre 1793 à Langres. Selon son dossier de médaillé de Sainte-Hélène, il entre en service en 1812, et sert comme chirurgien sous-aide jusqu'en 1815. Membre de la Légion d'honneur en 1855, docteur en médecine, il décède dans sa ville natale en 1891, à l'âge de 98 ans !
Son frère cadet Mammès-Félix Montecot, dit Maladière-Montecot, né en 1795, a de son côté servi, durant les Cent-Jours, comme sous-lieutenant dans le 2e bataillon de grenadiers de la Haute-Marne. Il était par ailleurs porte-drapeau de la garde nationale langroise. Selon le baron de L'Horme, il est décédé en 1862 à Langres.
jeudi 25 août 2011
mardi 7 juin 2011
Le maréchal des logis Mulson, héros de la gendarmerie d'Espagne
Les liens entre la gendarmerie nationale et la Haute-Marne sont étroits. La ville de Chaumont accueille ainsi une école de gendarmerie - la plus ancienne encore en activité, et dont le drapeau a été décoré de la médaille militaire par le Président Chirac lors d’une cérémonie aux Invalides à Paris -, ainsi qu’un escadron de gendarmerie mobile. Cette même ville est le berceau du général Damrémont (tué lors du siège de Constantine), qui est à l’origine du serment prêté par les élèves gendarmes lors de leur entrée dans l’arme.
Nous avons choisi ici de nous intéresser à la brillante carrière d’un officier de gendarmerie méconnu, qui s’est particulièrement distingué en Espagne.
Fils de Jean-Baptiste et de Catherine Lecocq, Claude Mulson naît à Pierrefaite (canton de Laferté-sur-Amance) le 11 décembre 1783. Il entre, à 18 ans, comme dragon au 11e régiment en 1801, servant successivement en Autriche, en Hanovre, sur les Côtes de l’Océan. Brigadier en 1806, il est blessé d’un éclat d’obus à la main droite à Eylau, le 8 février 1807. Maréchal des logis en 1809, il devient gendarme à cheval au 11e escadron, le 12 juillet 1810. Brigadier le 1er mai 1811, maréchal des logis le 5 mai 1813, il sert en Espagne en 1809 puis de 1811 et 1813.
C’est dans la péninsule qu’il se distingue les 11 et 14 juillet 1813. Selon son parent, l’abbé Mulson (« Histoire de Pierrefaites »), il affronte d’abord, avec quinze gendarmes à cheval et 50 gendarmes à pied, une force de 500 cavaliers espagnols dans la région de Bucalaros (sic) – sans doute Bujaraloz (ou Bujaralos), en Aragon. Puis, le 13, il défend un fortin au même endroit avec 25 gendarmes. Des actions éclat qui seront relatées, dans un rapport, par le lieutenant Martin.
En poste à Barcelone jusqu’au 28 mai 1814, Claude Mulson intègre la compagnie de gendarmerie de l’Indre en août de la même année, puis celle du Cher en janvier 1815, enfin celle de l’Eure en 1817. Sous-lieutenant en 1830, lieutenant deux ans plus tard, il obtient son congé en 1833.
Chevalier de la Légion d’honneur, il est propriétaire et adjoint à La Neuve-Lyre (Eure), où il meurt en 1856.
Selon son dossier de légionnaire, cinq de ses frères ont servi sous l’Empire, dont trois sont morts aux armées.
Sources : dossier de légionnaire de Claude Mulson ; « Histoire de Pierrefaite » (abbé Mulson).
Nous avons choisi ici de nous intéresser à la brillante carrière d’un officier de gendarmerie méconnu, qui s’est particulièrement distingué en Espagne.
Fils de Jean-Baptiste et de Catherine Lecocq, Claude Mulson naît à Pierrefaite (canton de Laferté-sur-Amance) le 11 décembre 1783. Il entre, à 18 ans, comme dragon au 11e régiment en 1801, servant successivement en Autriche, en Hanovre, sur les Côtes de l’Océan. Brigadier en 1806, il est blessé d’un éclat d’obus à la main droite à Eylau, le 8 février 1807. Maréchal des logis en 1809, il devient gendarme à cheval au 11e escadron, le 12 juillet 1810. Brigadier le 1er mai 1811, maréchal des logis le 5 mai 1813, il sert en Espagne en 1809 puis de 1811 et 1813.
C’est dans la péninsule qu’il se distingue les 11 et 14 juillet 1813. Selon son parent, l’abbé Mulson (« Histoire de Pierrefaites »), il affronte d’abord, avec quinze gendarmes à cheval et 50 gendarmes à pied, une force de 500 cavaliers espagnols dans la région de Bucalaros (sic) – sans doute Bujaraloz (ou Bujaralos), en Aragon. Puis, le 13, il défend un fortin au même endroit avec 25 gendarmes. Des actions éclat qui seront relatées, dans un rapport, par le lieutenant Martin.
En poste à Barcelone jusqu’au 28 mai 1814, Claude Mulson intègre la compagnie de gendarmerie de l’Indre en août de la même année, puis celle du Cher en janvier 1815, enfin celle de l’Eure en 1817. Sous-lieutenant en 1830, lieutenant deux ans plus tard, il obtient son congé en 1833.
Chevalier de la Légion d’honneur, il est propriétaire et adjoint à La Neuve-Lyre (Eure), où il meurt en 1856.
Selon son dossier de légionnaire, cinq de ses frères ont servi sous l’Empire, dont trois sont morts aux armées.
Sources : dossier de légionnaire de Claude Mulson ; « Histoire de Pierrefaite » (abbé Mulson).
jeudi 26 mai 2011
Hugues Mollot, serviteur de Napoléon... puis de Louis XVIII
Hugues et son frère jumeau Jean-Baptiste-Simon naissent le 13 janvier 1759, à Chaumont, au foyer de Jean-Baptiste Mollot, apothicaire (originaire de Bourg-Sainte-Marie, c’est un fils de chirurgien), et de Françoise Mailley. Le premier a pour parrain Hugues Voillemier, receveur principal des traites foraines de Chaumont.
Hugues Mollot entre dans la carrière militaire à l’âge de 24 ans, en étant incorporé dans la gendarmerie de Lunéville, le 3 août 1783. Dix ans plus tard, il rejoint l’état-major du général de division Rey, en qualité de sous-lieutenant, le 29 juillet 1793. Il sert en Vendée jusqu’en l’an III, puis en Italie et à Naples entre l’an V et l’an VII, enfin dans les Grisons en l’an VIII et en l’an IX.
Le 15 novembre 1806, Mollot est employé comme lieutenant à la Légion du Nord, composée d’anciens prisonniers, qui prend part à la Campagne de Pologne, notamment au siège de Dantzig. Le 31 août 1808, il passe avec le même grade au 95e de ligne. C’est avec ce corps qu’il se bat à Essling, à la suite de quoi il est fait membre de la Légion d’honneur le 31 mai 1809, puis est blessé à Wagram d’un coup de baïonnette. Capitaine le 8 août 1809, il est signalé, deux ans plus tard, comme officier de grenadiers du 95e par l’annuaire du département de la Haute-Marne.
Selon ses dires (mais pas selon ses états de services), Mollot se bat en Espagne.
Le 9 avril 1813, à 54 ans, il est promu chef de bataillon au 95e, et passe le 16 juin au 72e régiment d’infanterie de ligne. Selon l’historien Frédéric Masson, qui s’est intéressé à son « cas », Mollot aurait été auparavant accusé d’être l’amant de la comtesse de Saint-Hilaire ; un ordre avait été donné de l’arrêter et de l’incarcérer à la prison de l’Abbaye. Ordre qui ne sera pas suivi d’effet…
Lorsque s’ouvre la Campagne de France, Mollot a déjà 56 ans. Le 5 janvier 1814, il est toujours « bonapartiste ». Dans une lettre au comte Lacépède, il « supplie Votre Excellence de vouloir bien le proposer à Sa Majesté pour la croix d’officier ». Le Chaumontais n’hésite pas à parler du « grand plaisir de sa vie » d’oeuvre « pour le maintien et la gloire du trône de Sa Majesté »… Trois mois plus tard, il fait volte face et se rallie à Louis XVIII, le 30 mars 1814 ! Ce qui lui vaudra le qualificatif de « traître » sous la plume de l’historien Arthur Chuquet.
Promu lieutenant-colonel, qualifié de chevalier (non pas d’Empire, mais sans doute en sa qualité de membre de la Légion d’honneur), Mollot est chargé par Polignac et le comte de Semellet de se rendre à Lyon, à Marseille, à Toulon, pour informer leurs habitants « du mouvement populaire et royaliste de la ville de Paris, du 31 mars dernier ». Mollot rencontre d’abord, le 13 avril 1814, le maréchal Augereau, commandant l’armée de Lyon, à ses quartiers de Valence, et lui remet des dépêches du général Dupont. Trois jours plus tard, le maréchal Masséna le reçoit à son quartier général de Toulon : « M. le chef de bataillon Mollot a rempli cette mission avec zèle et exactitude, et a montré beaucoup de dévouement pour le gouvernement légitime. »Un dévouement qui n’empêche pas le « gouvernement légitime » - à la demande du Chaumontais ? – de le mettre à la retraite le 4 janvier 1815 (il vit alors à Paris). Evidemment, Mollot est obligé de se « terrer », au retour de Napoléon. On écrira qu’il s’est caché, durant les Cent-Jours, à Bar-sur-Aube où habitait son père.
Sous la Seconde Restauration, il occupe la fonction de directeur de la poste aux lettres à Clamecy (Nièvre), et meurt le 8 avril 1832.
Sa fille, unique héritière, Anne-Louise, avait épousé Benigne-Louis Joly, conseiller à la cour royale de Dijon.
Il est fort probable que notre officier corresponde à Hugues Mollot, qui s’est marié en 1786 avec Claudine Bœuf, fille d’un conseiller du roi au grenier à sel d’Is-sur-Tille. Sauf que ce fils d’apothicaire n’est pas, dans l’acte de mariage, qualifié de gendarme, mais d’avocat en parlement au bailliage de Chaumont…
Hugues Mollot entre dans la carrière militaire à l’âge de 24 ans, en étant incorporé dans la gendarmerie de Lunéville, le 3 août 1783. Dix ans plus tard, il rejoint l’état-major du général de division Rey, en qualité de sous-lieutenant, le 29 juillet 1793. Il sert en Vendée jusqu’en l’an III, puis en Italie et à Naples entre l’an V et l’an VII, enfin dans les Grisons en l’an VIII et en l’an IX.
Le 15 novembre 1806, Mollot est employé comme lieutenant à la Légion du Nord, composée d’anciens prisonniers, qui prend part à la Campagne de Pologne, notamment au siège de Dantzig. Le 31 août 1808, il passe avec le même grade au 95e de ligne. C’est avec ce corps qu’il se bat à Essling, à la suite de quoi il est fait membre de la Légion d’honneur le 31 mai 1809, puis est blessé à Wagram d’un coup de baïonnette. Capitaine le 8 août 1809, il est signalé, deux ans plus tard, comme officier de grenadiers du 95e par l’annuaire du département de la Haute-Marne.
Selon ses dires (mais pas selon ses états de services), Mollot se bat en Espagne.
Le 9 avril 1813, à 54 ans, il est promu chef de bataillon au 95e, et passe le 16 juin au 72e régiment d’infanterie de ligne. Selon l’historien Frédéric Masson, qui s’est intéressé à son « cas », Mollot aurait été auparavant accusé d’être l’amant de la comtesse de Saint-Hilaire ; un ordre avait été donné de l’arrêter et de l’incarcérer à la prison de l’Abbaye. Ordre qui ne sera pas suivi d’effet…
Lorsque s’ouvre la Campagne de France, Mollot a déjà 56 ans. Le 5 janvier 1814, il est toujours « bonapartiste ». Dans une lettre au comte Lacépède, il « supplie Votre Excellence de vouloir bien le proposer à Sa Majesté pour la croix d’officier ». Le Chaumontais n’hésite pas à parler du « grand plaisir de sa vie » d’oeuvre « pour le maintien et la gloire du trône de Sa Majesté »… Trois mois plus tard, il fait volte face et se rallie à Louis XVIII, le 30 mars 1814 ! Ce qui lui vaudra le qualificatif de « traître » sous la plume de l’historien Arthur Chuquet.
Promu lieutenant-colonel, qualifié de chevalier (non pas d’Empire, mais sans doute en sa qualité de membre de la Légion d’honneur), Mollot est chargé par Polignac et le comte de Semellet de se rendre à Lyon, à Marseille, à Toulon, pour informer leurs habitants « du mouvement populaire et royaliste de la ville de Paris, du 31 mars dernier ». Mollot rencontre d’abord, le 13 avril 1814, le maréchal Augereau, commandant l’armée de Lyon, à ses quartiers de Valence, et lui remet des dépêches du général Dupont. Trois jours plus tard, le maréchal Masséna le reçoit à son quartier général de Toulon : « M. le chef de bataillon Mollot a rempli cette mission avec zèle et exactitude, et a montré beaucoup de dévouement pour le gouvernement légitime. »Un dévouement qui n’empêche pas le « gouvernement légitime » - à la demande du Chaumontais ? – de le mettre à la retraite le 4 janvier 1815 (il vit alors à Paris). Evidemment, Mollot est obligé de se « terrer », au retour de Napoléon. On écrira qu’il s’est caché, durant les Cent-Jours, à Bar-sur-Aube où habitait son père.
Sous la Seconde Restauration, il occupe la fonction de directeur de la poste aux lettres à Clamecy (Nièvre), et meurt le 8 avril 1832.
Sa fille, unique héritière, Anne-Louise, avait épousé Benigne-Louis Joly, conseiller à la cour royale de Dijon.
Il est fort probable que notre officier corresponde à Hugues Mollot, qui s’est marié en 1786 avec Claudine Bœuf, fille d’un conseiller du roi au grenier à sel d’Is-sur-Tille. Sauf que ce fils d’apothicaire n’est pas, dans l’acte de mariage, qualifié de gendarme, mais d’avocat en parlement au bailliage de Chaumont…
mardi 3 mai 2011
Un officier de cavalerie de la République : Jean-Baptiste Moris
Jean-Baptiste Moris naît le 29 mars 1737 à Cusey (canton de Prauthoy), fils de Jean-Baptiste Maurice (sic), laboureur, et de Gilberte Truchot. Cultivateur, il est domicilié à Champlitte (aujourd’hui en Haute-Saône) lorsqu’il s’enrôle le 2 mai 1755, à 18 ans, au régiment Royal-Navarre, qui, le 1er décembre 1761, prendra le seizième rang dans la cavalerie. Moris prend part aux campagnes de 1757 à 1761 puis est promu maréchal des logis le 17 avril 1763, fourrier en octobre 1764, adjudant le 21 juin 1776. Porte-étendard le 26 mai 1780, le Champenois est lieutenant surnuméraire le 17 mai 1789.
Lorsque la Révolution éclate, le Royal-Navarre est en garnison à Auch, Moris a alors 52 ans.
En 1791, ce régiment devient 22e de cavalerie. Sous-lieutenant depuis le 1er janvier, lieutenant le 25 janvier 1792, capitaine le 17 juin, Moris, qui vient de participer à la campagne de Savoie, occupe ce grade lorsqu’il apparaît dans les effectifs du 22e. A noter que la plupart des officiers de l’ex-Royal Navarre sont originaires du Nord-Est de la France : le capitaine Nicolas Lepaulx, le capitaine Jean-Nicolas Villemin, le sous-lieutenant Jean-Joseph Lepaulx sont de la Haute-Saône, les capitaines Jean-Baptiste Renaud et Remy Cherrier sont des Vosges…
Rapidement, le régiment devient 21e de cavalerie, ce corps se battant à Neerwinden (1793), à l’armée de Rhin-et-Moselle (1795-96), en Allemagne (1797), en Italie (1799-1800). Il sera licencié le 24 septembre 1803 et réparti entre plusieurs régiments de dragons et de carabiniers.
Qu’est devenu Moris ? Il était situé comme chef d’escadron au 21e de cavalerie en 1800, et le selon le baron de L’Horme, c’est avec le grade de chef d’escadron qu’il aurait été tué à la bataille de Marengo le 14 juin 1800 (il aurait été alors âgé de 63 ans !). Il est vrai que des éléments du 21e faisaient partie de la fameuse brigade Kellermann dont la charge a contribué au succès de cette journée. Toutefois, le nom de Moris – ou de Maurice - n’apparaît pas dans les différents rapports rédigés après cette victoire.
Quoi qu’il en soit, en l’an XI de la République, il n’y avait plus d’officier nommé Moris au sein du 21e de cavalerie, alors en garnison à Nevers et commandé par le chef de brigade Privé.
Sources : « Hussards de la République française, services des officiers de tous grades » (1793) , « Etat militaire de la République française en l’an XI » ; notes généalogiques du baron de L’Horme (ADHM) ; registres paroissiaux de Cusey.
Lorsque la Révolution éclate, le Royal-Navarre est en garnison à Auch, Moris a alors 52 ans.
En 1791, ce régiment devient 22e de cavalerie. Sous-lieutenant depuis le 1er janvier, lieutenant le 25 janvier 1792, capitaine le 17 juin, Moris, qui vient de participer à la campagne de Savoie, occupe ce grade lorsqu’il apparaît dans les effectifs du 22e. A noter que la plupart des officiers de l’ex-Royal Navarre sont originaires du Nord-Est de la France : le capitaine Nicolas Lepaulx, le capitaine Jean-Nicolas Villemin, le sous-lieutenant Jean-Joseph Lepaulx sont de la Haute-Saône, les capitaines Jean-Baptiste Renaud et Remy Cherrier sont des Vosges…
Rapidement, le régiment devient 21e de cavalerie, ce corps se battant à Neerwinden (1793), à l’armée de Rhin-et-Moselle (1795-96), en Allemagne (1797), en Italie (1799-1800). Il sera licencié le 24 septembre 1803 et réparti entre plusieurs régiments de dragons et de carabiniers.
Qu’est devenu Moris ? Il était situé comme chef d’escadron au 21e de cavalerie en 1800, et le selon le baron de L’Horme, c’est avec le grade de chef d’escadron qu’il aurait été tué à la bataille de Marengo le 14 juin 1800 (il aurait été alors âgé de 63 ans !). Il est vrai que des éléments du 21e faisaient partie de la fameuse brigade Kellermann dont la charge a contribué au succès de cette journée. Toutefois, le nom de Moris – ou de Maurice - n’apparaît pas dans les différents rapports rédigés après cette victoire.
Quoi qu’il en soit, en l’an XI de la République, il n’y avait plus d’officier nommé Moris au sein du 21e de cavalerie, alors en garnison à Nevers et commandé par le chef de brigade Privé.
Sources : « Hussards de la République française, services des officiers de tous grades » (1793) , « Etat militaire de la République française en l’an XI » ; notes généalogiques du baron de L’Horme (ADHM) ; registres paroissiaux de Cusey.
samedi 23 avril 2011
Louis Veron de Farincourt, le Langrois dont le destin préoccupa Wellington
Fils de Jean-Baptiste-Charles Veron de Farincourt, lieutenant-colonel, jusqu’en 1792, au régiment de Guyenne (21e régiment d’infanterie), et de Claude-Elisabeth André de la Gresle, Louis-Marie Veron de Farincourt naît à Langres le 5 février 1786. Il entre dans la carrière des armes comme vélite dans les chasseurs à pied de la Garde, le 25 juin 1804. Dans cette qualité, il prend part à la Campagne d’Autriche, obtient l’épaulette de sous-lieutenant le 15 mars 1806, et est affecté au 2e régiment d’infanterie légère. Veron se bat en Prusse puis en Pologne. Durant cette campagne, il est blessé à deux reprises lors du fameux siège de Dantzig (1807). Promu lieutenant la même année (le 1er juillet), il participe bientôt aux opérations dans la péninsule ibérique. Ainsi, en 1809, il se bat au Portugal : détaché à Chaves avec une compagnie, nous dit l’illustre biographe Michaud, le Langrois défend un couvent transformé en hôpital, soutenant pendant plusieurs jours une lutte « désespérée » contre 3 000 ( !) Portugais. Combat à la suite duquel Veron est fait prisonnier. L’officier serait resté à jamais anonyme si un général britannique au nom bientôt illustre ne s’était préoccupé de son sort : un certain Wellesley, que le monde entier apprendra à connaître sous le nom de Wellington ! C’est sur l’intervention d’un capitaine nommé Thévenon que Wellington informe, le 20 octobre 1809, Veron de Farincourt de son souhait qu’il retrouve l’armée française en échange d’un officier anglais renvoyé, de son côté, par le général Kellermann. En l’occurrence, le lieutenant Cameron, du 79th regiment (composé d’Ecossais). Là où l’affaire se complique, c’est que le Haut-Marnais est, à Lisbonne, aux mains d’un Portugais, Silveyra, sur lequel les Britanniques semblent avoir peu d’influence. L’imbroglio est tel que Veron ne rentrera en France qu’en 1810. Promu capitaine le 23 janvier 1811, il passe, quelques mois plus tard, lieutenant en premier au 1er régiment de chasseurs à pied de la Garde. Il n’a que 27 ans lorsqu’il est promu chef de bataillon au 155e régiment d’infanterie de ligne, le 7 mars 1813, se distinguant à Dresde et à Bautzen.
Membre de la Légion d’honneur, Veron de Farincourt est lieutenant-colonel du Roy quelques jours après Waterloo (27 juin 1815), servant dans le 6e régiment de la Garde royale que commande d’ailleurs un compatriote, le colonel Etienne Martin de Beurnonville (de Laferté-sur-Aube). Colonel à son tour le 27 juin 1819, à 33 ans, le Langrois conduit en Espagne le 34e régiment d’infanterie de ligne, qui se bat notamment à Trocadero. Selon le rapport du général Bordesoulle, le Haut-Marnais se distingue durant ses opérations, de même que le capitaine de voltigeurs Barbette – qui paraît correspondre au Chaumontais Alexandre Barbette. Un des officiers du 34e, le lieutenant Etienne-François Questel, de Pierrefaites, trouve la mort durant la campagne.
Promu maréchal de camp (1839), époux, depuis 1816, de la veuve du fameux général de cavalerie Montbrun (tué à La Moskowa), le baron Louis-Marie Veron de Farincourt décède à Paris le 2 février 1847. Le journaliste haut-marnais Carnandet dira qu’il avait refusé de servir le gouvernement de 1830. Veron était notamment le beau-frère du Langrois Jean-Christophe Delecey de Changey, émigré blessé à Quiberon durant la Révolution, puis officier de la garde nationale de Langres en 1814.
Membre de la Légion d’honneur, Veron de Farincourt est lieutenant-colonel du Roy quelques jours après Waterloo (27 juin 1815), servant dans le 6e régiment de la Garde royale que commande d’ailleurs un compatriote, le colonel Etienne Martin de Beurnonville (de Laferté-sur-Aube). Colonel à son tour le 27 juin 1819, à 33 ans, le Langrois conduit en Espagne le 34e régiment d’infanterie de ligne, qui se bat notamment à Trocadero. Selon le rapport du général Bordesoulle, le Haut-Marnais se distingue durant ses opérations, de même que le capitaine de voltigeurs Barbette – qui paraît correspondre au Chaumontais Alexandre Barbette. Un des officiers du 34e, le lieutenant Etienne-François Questel, de Pierrefaites, trouve la mort durant la campagne.
Promu maréchal de camp (1839), époux, depuis 1816, de la veuve du fameux général de cavalerie Montbrun (tué à La Moskowa), le baron Louis-Marie Veron de Farincourt décède à Paris le 2 février 1847. Le journaliste haut-marnais Carnandet dira qu’il avait refusé de servir le gouvernement de 1830. Veron était notamment le beau-frère du Langrois Jean-Christophe Delecey de Changey, émigré blessé à Quiberon durant la Révolution, puis officier de la garde nationale de Langres en 1814.
lundi 4 avril 2011
Didier Carbillet, un garde d'honneur chevalier de la Légion d'honneur... à 17 ans !
Nous avons consacré ici un article au futur chef de bataillon de Nolivos, enfant d’Anglus, tombé lors de la bataille de Leipzig à 22 ans, et fait chevalier de la Légion d’honneur à seulement 19 ans. Nolivos n’est pas le seul Haut-Marnais à avoir fait son entrée dans cet ordre prestigieux à moins de 20 ans. Il y eut plus précoce : Alexandre-Henry Nadault de Buffon a été nommé chevalier à quelques semaines de son 18e anniversaire !
Neveu de l’illustre naturaliste bourguignon, à qui il a consacré une biographie, ce fils d’ingénieur, né à Chaumont le 16 juin 1831, a mérité cette distinction le 3 mai 1849 pour son comportement lors des événements de juin 1848 : élève au lycée Descartes (aujourd’hui Louis-le-Grand) de Paris, volontaire dans la 10e légion, ce futur substitut du procureur dans plusieurs villes de France (Valognes, dans la Manche, Chalon-sur-Saône, Rennes) a été blessé à trois reprises les 23 et 24 juin 1848, après avoir pris le fusil pour remplacer son père absent au moment de ces événements.
Mais il y eut encore plus précoce encore : Didier Carbillet. Certes, ce légionnaire n’est pas Haut-Marnais de naissance : il a vu le jour le 11 mars 1796 à Pont-à-Mousson. Mais le patronyme de ce militaire, dû à son père, est si « haut-marnais » qu’il mérite ce coup de projecteur.
Ce père, Claude, donc, est originaire de Fayl-Billot. Il est, en 1793, lieutenant au 12e régiment de dragons. Epoux d’une Spinalienne, Marguerite Eker, il est, trois ans plus tard, capitaine de la 4e compagnie du régiment, en dépôt à Pont-à-Mousson (Meurthe), lorsque naît son fils. Mais il paraît quitter le service actif quelques années plus tard, puisqu’en l’an X, aucun capitaine Carbillet ne sert ni au 12e dragons, ni dans un autre corps.
Le 23 juin 1813, son fils Didier n’a donc que 17 ans lorsqu’il intègre les rangs du 2e régiment de gardes d’honneur – il appartient à la 1ère compagnie du 1er escadron, selon Georges Housset, auteur d’une histoire de ce corps. Et c’est au même âgé qu’il est fait chevalier de la Légion d’honneur, le 28 novembre 1813, à la suite d’une action d’éclat rapportée en ces termes par la presse de Nancy : « Un enfant de Nanci (sic), le jeune Carbillet, garde d’honneur, était resté en arrière (Ndlr : lors du mouvement de son régiment de Hanau sur Francfort, à l’automne 1813) ; il se presse à travers le bois pour rejoindre ; à la sortie du bois, il voit un Bavarois armé, court dessus, lui allonge un coup de sabre (…), le fait prisonnier et le porte à la gendarmerie ; l’empereur le voit passer (…), lui demande son nom, son département et le numéro de son régiment, et le fait inscrire pour la décoration de la Légion d’honneur.»Congédié en juin 1814, Carbillet rejoint en août 1814 les carabiniers de l’armée du roi comme maréchal des logis, passera dans la cavalerie de la Garde en mai 1815, et sera promu sous-lieutenant en 1827 au sein du 1er régiment de dragons. Il meurt en 1857.
Neveu de l’illustre naturaliste bourguignon, à qui il a consacré une biographie, ce fils d’ingénieur, né à Chaumont le 16 juin 1831, a mérité cette distinction le 3 mai 1849 pour son comportement lors des événements de juin 1848 : élève au lycée Descartes (aujourd’hui Louis-le-Grand) de Paris, volontaire dans la 10e légion, ce futur substitut du procureur dans plusieurs villes de France (Valognes, dans la Manche, Chalon-sur-Saône, Rennes) a été blessé à trois reprises les 23 et 24 juin 1848, après avoir pris le fusil pour remplacer son père absent au moment de ces événements.
Mais il y eut encore plus précoce encore : Didier Carbillet. Certes, ce légionnaire n’est pas Haut-Marnais de naissance : il a vu le jour le 11 mars 1796 à Pont-à-Mousson. Mais le patronyme de ce militaire, dû à son père, est si « haut-marnais » qu’il mérite ce coup de projecteur.
Ce père, Claude, donc, est originaire de Fayl-Billot. Il est, en 1793, lieutenant au 12e régiment de dragons. Epoux d’une Spinalienne, Marguerite Eker, il est, trois ans plus tard, capitaine de la 4e compagnie du régiment, en dépôt à Pont-à-Mousson (Meurthe), lorsque naît son fils. Mais il paraît quitter le service actif quelques années plus tard, puisqu’en l’an X, aucun capitaine Carbillet ne sert ni au 12e dragons, ni dans un autre corps.
Le 23 juin 1813, son fils Didier n’a donc que 17 ans lorsqu’il intègre les rangs du 2e régiment de gardes d’honneur – il appartient à la 1ère compagnie du 1er escadron, selon Georges Housset, auteur d’une histoire de ce corps. Et c’est au même âgé qu’il est fait chevalier de la Légion d’honneur, le 28 novembre 1813, à la suite d’une action d’éclat rapportée en ces termes par la presse de Nancy : « Un enfant de Nanci (sic), le jeune Carbillet, garde d’honneur, était resté en arrière (Ndlr : lors du mouvement de son régiment de Hanau sur Francfort, à l’automne 1813) ; il se presse à travers le bois pour rejoindre ; à la sortie du bois, il voit un Bavarois armé, court dessus, lui allonge un coup de sabre (…), le fait prisonnier et le porte à la gendarmerie ; l’empereur le voit passer (…), lui demande son nom, son département et le numéro de son régiment, et le fait inscrire pour la décoration de la Légion d’honneur.»Congédié en juin 1814, Carbillet rejoint en août 1814 les carabiniers de l’armée du roi comme maréchal des logis, passera dans la cavalerie de la Garde en mai 1815, et sera promu sous-lieutenant en 1827 au sein du 1er régiment de dragons. Il meurt en 1857.
dimanche 27 mars 2011
26 mars 1814 : un capitaine se distingue dans sa future ville de résidence
Le combat de Saint-Dizier du 26 mars 1814 est un jour de gloire pour les dragons de l’armée impériale. Les officiers qui se sont distingués lors de cette affaire sont légion. Nous en citerons deux.
Ainsi, un capitaine du 2e dragons (division Briche, 5e corps de cavalerie) : François-Auguste Leblanc. C’est un Auvergnat de naissance : il a vu le jour le 1er juillet 1782 à Pradelles, en Haute-Loire, fils d’un avocat, Jean-Joseph Le Blanc. Entré en service comme dragon au 18e régiment, en 1803, il est maréchal des logis l’année suivante, puis, après avoir été blessé à Elchingen (1805), sous-lieutenant le 3 janvier 1806. Passé au 2e RD, il est fait membre de la Légion d’honneur le 1er octobre 1807. Lieutenant le 8 novembre 1809, capitaine le 28 janvier 1813, il est de nouveau blessé, à Bautzen, puis fait officier de la Légion d’honneur le 4 décembre 1813.
Selon de dossier de légionnaire, son action d’éclat bragarde serait intervenue le 26 mars 1814, bien que ce soit plutôt le 27 janvier que son régiment s’y est distingué (il a perdu ce jour-là un officier tué et quatre blessés). Voici ce que rapporte ce dossier : « Le 26 mars 1814, à l’affaire de Saint-Dizier, à la tête d’un peloton du 2e dragons, il chargea sur la grande route la cavalerie russe, et malgré son nombre et le feu de son artillerie, il s’empara du pont en avant de la ville et prit deux pièces de canon avec ses troupes ».
Coïncidence : après avoir servi comme capitaine dans le 2e régiment de dragons du Doubs, sous la Restauration, puis avoir été promu chef d’escadron, Leblanc vient s’installer… à Saint-Dizier. Pour quelle raison ? Nous l’ignorons. Aucune trace d’un mariage dans la cité bragarde n’apparaît dans les registres d’état civil. Nous savons qu’en 1850, il est un des souscripteurs du monument érigé en mémoire du maréchal Oudinot à Bar-le-Duc. Puis il part se fixer à Verdun. Médaillé de Sainte-Hélène, il décède le 30 mai 1866.
Un autre dragon qui se distingue à Saint-Dizier, selon ses dires, c’est un soldat pas comme les autres de 47 ans, servant dans les rangs du 20e régiment : Henry de Carrion de Nisas. Né à Pézenas (Hérault) en 1767, cet ancien officier de cavalerie sous l’Ancien régime a écrit des pièces de théâtre, a embrassé une carrière politique sous la Révolution, avant de reprendre du service dans l’armée en 1806 comme lieutenant de gendarmes d’ordonnance, et de parvenir durant les campagnes de la péninsule au grade d’adjudant-commandant ! Baron de l’Empire, il a été disgracié par l’empereur, et c’est donc comme dragon qu’il se bat en Saxe et en France. Il sera promu par le gouvernement provisoire, en juillet 1815, maréchal de camp, grade qui ne sera pas confirmé… (A suivre).
Ainsi, un capitaine du 2e dragons (division Briche, 5e corps de cavalerie) : François-Auguste Leblanc. C’est un Auvergnat de naissance : il a vu le jour le 1er juillet 1782 à Pradelles, en Haute-Loire, fils d’un avocat, Jean-Joseph Le Blanc. Entré en service comme dragon au 18e régiment, en 1803, il est maréchal des logis l’année suivante, puis, après avoir été blessé à Elchingen (1805), sous-lieutenant le 3 janvier 1806. Passé au 2e RD, il est fait membre de la Légion d’honneur le 1er octobre 1807. Lieutenant le 8 novembre 1809, capitaine le 28 janvier 1813, il est de nouveau blessé, à Bautzen, puis fait officier de la Légion d’honneur le 4 décembre 1813.
Selon de dossier de légionnaire, son action d’éclat bragarde serait intervenue le 26 mars 1814, bien que ce soit plutôt le 27 janvier que son régiment s’y est distingué (il a perdu ce jour-là un officier tué et quatre blessés). Voici ce que rapporte ce dossier : « Le 26 mars 1814, à l’affaire de Saint-Dizier, à la tête d’un peloton du 2e dragons, il chargea sur la grande route la cavalerie russe, et malgré son nombre et le feu de son artillerie, il s’empara du pont en avant de la ville et prit deux pièces de canon avec ses troupes ».
Coïncidence : après avoir servi comme capitaine dans le 2e régiment de dragons du Doubs, sous la Restauration, puis avoir été promu chef d’escadron, Leblanc vient s’installer… à Saint-Dizier. Pour quelle raison ? Nous l’ignorons. Aucune trace d’un mariage dans la cité bragarde n’apparaît dans les registres d’état civil. Nous savons qu’en 1850, il est un des souscripteurs du monument érigé en mémoire du maréchal Oudinot à Bar-le-Duc. Puis il part se fixer à Verdun. Médaillé de Sainte-Hélène, il décède le 30 mai 1866.
Un autre dragon qui se distingue à Saint-Dizier, selon ses dires, c’est un soldat pas comme les autres de 47 ans, servant dans les rangs du 20e régiment : Henry de Carrion de Nisas. Né à Pézenas (Hérault) en 1767, cet ancien officier de cavalerie sous l’Ancien régime a écrit des pièces de théâtre, a embrassé une carrière politique sous la Révolution, avant de reprendre du service dans l’armée en 1806 comme lieutenant de gendarmes d’ordonnance, et de parvenir durant les campagnes de la péninsule au grade d’adjudant-commandant ! Baron de l’Empire, il a été disgracié par l’empereur, et c’est donc comme dragon qu’il se bat en Saxe et en France. Il sera promu par le gouvernement provisoire, en juillet 1815, maréchal de camp, grade qui ne sera pas confirmé… (A suivre).
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