dimanche 3 mai 2009

Un Moncey méconnu né en Haute-Marne

Bon-Adrien Jeannot de Moncey, duc de Conegliano, était un grand général de la Révolution et un maréchal d’Empire estimable. Trois membres de la famille de ce Franc-Comtois ont servi comme officiers sous Napoléon : son fils Bon-Marie, colonel du 3e hussards à moins de 22 ans, mort accidentellement en 1817, son frère Claude-François, colonel de gendarmerie, et son neveu Edme-François-Hélène, capitaine de chasseurs à cheval. Ce sont ces deux derniers qui nous intéressent, puisque pour l’un établi et mort en Haute-Marne, pour l’autre né dans ce département.
C’est par son mariage, avant la Révolution, que Claude-François Jeannot de Moncey s’installe en Champagne. Epoux de Bonnaventure Rabbiet, ce chevalier de Saint-Louis, écuyer lieutenant au régiment de chasseurs dragons (sic), vit en effet dans le domaine de Boulancourt, non pas la commune de Seine-et-Marne comme on peut le lire parfois, mais une ancienne abbaye sur le territoire de Longeville-sur-la-Laines (canton de Montier-en-Der). Moncey sera d’ailleurs brièvement maire de ce village.
Les registres paroissiaux de Longeville conservent donc l’acte de baptême de son fils Edme-François-Hélène, né le 23 décembre 1789. Il a pour parrain François Guillaume de Montroze, ancien capitaine de cavalerie.
Au début de l’Empire, le jeune homme, usuellement prénommé François, est lycéen, avant d’intégrer l’une des premières promotions de l’école spéciale militaire de Fontainebleau. Le tableau des conscrits de 1809 pour l’arrondissement de Wassy précise qu’il est déjà, à 20 ans, lieutenant de chasseurs à cheval. En fait, il est sous-lieutenant au 3e régiment, et blessé le 16 mai 1809 lors d’un combat en Croatie, ainsi que le précise Martinien.
Avec ce régiment qui, coïncidence, installe son dépôt en 1811 à Joinville, et où servent plusieurs officiers haut-marnais (lieutenants Malot, Vautrin, sous-lieutenant Roger), Moncey prend sans doute part aux campagnes de Russie et de Saxe. En février 1813, il est situé capitaine dans ce corps.
Le mystère demeure quant à la suite de sa carrière militaire. Il ne figure pas sur le tableau des officiers haut-marnais en demi-solde ou en activité dressé durant l’hiver 1815-1816. L’annuaire des officiers d’active de 1819 ne le mentionne pas non plus. François Moncey est sans doute déjà capitaine retraité. C’est en cette qualité que ce chevalier de la Légion d’honneur (il n’est pas mentionné par la base Léonore) est situé en 1828, domicilié à Boulancourt, lorsqu’il déclare le décès de son père.
Auteur de plusieurs textes parus sous la Restauration, aux alentours de 1820 (« La Charte, sa lettre et son esprit », « Lois divines, immuables et universelles », « Lettre aux Grecs »), il paraît s’établir ensuite à Paris puisqu’en 1832, un fils naît dans la capitale de son union avec Louise-Marie Blanc : cet enfant, Adolphe, tombera en 1864 en Algérie, comme lieutenant, dans les rangs du 3e hussards, le régiment que commanda jadis son oncle. En tout cas, Edme-François-Hélène ne décède pas son département natal.
Précisons que son père a servi comme chef d’escadron de gendarmerie, commandant le 41e escadron situé à Chaumont, et comme aide de camp du maréchal Moncey, avant d’être parlementaire en 1810 et de voter la déchéance de l’empereur en 1814. Par ailleurs, ce maréchal comptait également parmi ses aides de camp le capitaine haut-marnais Henry Doré de Brouville, qu’il estimait beaucoup.

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