lundi 25 janvier 2010

Les officiers de la famille de Philippe Lebon

L’inventeur Philippe Lebon est une des gloires du département de la Haute-Marne.
Né à Brachay en 1767, mort à Paris en 1804, ce chimiste a mis au point le « thermolampe », système d’éclairage obtenu grâce au gaz. Ceci est un fait acquis.
Ce que l’on sait moins, c’est que quatre membres de sa famille ont servi dans les armées impériales.
D’abord son fils, Henri-Hippolyte, dit – comme lui - Lebon d’Humbersin. Né vers 1792, polytechnicien de la promotion 1812, il rejoindra comme officier le corps de l’artillerie. Coïncidences : deux de ses filles naîtront à Saint-Dizier où vit une partie de sa famille (les Gaudry). Il est en effet l’époux d’Eugénie Rougelet, qui sera directrice des Postes dans la cité bragarde. D’ailleurs, quand naîtra Henriette, en 1821, s’il est qualifié de capitaine d’artillerie à Mutzig, c’est à Saint-Dizier qu’est située sa résidence. Et c’est dans la cité haut-marnaise qu’une autre fille, Laure, se mariera en 1852. Mais Henry-Hippolyte n’assistera pas à cette union : il est mort lieutenant-colonel à Paris, en 1847. Toute sa vie, il s’est employé à rendre justice aux inventions de son père, injustement oubliées.
Fils de Louis-François, avocat, et de Marie-Marguerite Lacapelle, Nicolas-Victor Lebon est un neveu de l’inventeur. Né le 31 octobre 1789 à Brachay, il est destiné à une carrière militaire. Le 18 juillet 1807, à 18 ans, Nicolas-Victor intègre l’école spéciale de Fontainebleau. Promu lieutenant le 28 juillet 1813, il sert au 45e de ligne, dans les rangs duquel il est blessé le 8 octobre 1813 à Dresde. Toujours avec ce corps, l’officier est à nouveau mis hors de combat le 18 juin 1815 en Belgique. De s’être rallié à Napoléon durant les Cent-Jours ne l’empêche pas de trouver un emploi dans les amées du roi Louis XVIII. Officier dans la légion du Bas-Rhin, qui deviendra 34e de ligne, il prend sans doute part à l’expédition d’Espagne de 1823, puisqu’il est fait chevalier de Saint-Ferdinand de ce royaume. Capitaine la même année, il sert encore au 34e en 1830. Retraité, il retourne en Haute-Marne et se marie en 1831 à Leschères-sur-le-Blaiseron, avec Anne-Célanie Vallet, fille d’un notaire. Nicolas-Victor Lebon s’établit dans son village natal de Brachay, où ce chevalier de la Légion d’honneur reçoit la médaille de Sainte-Hélène et où il meurt le 16 mai 1869, dans sa 80e année.
Son frère Marie-Joseph ne voit pas le jour à Brachay, mais à Cirey-sur-Blaise, le 21 février 1795. Il est désigné le 1er mai 1813, par le préfet de la Haute-Marne, pour le 2e régiment de gardes d’honneur. Propriétaire à Brachay, il est désigné sous-lieutenant dans la garde nationale de la Haute-Marne le 24 juin 1815, durant les Cent-Jours. Gendarme du roi, il se marie en 1822 à Juzennecourt. Deux ans plus tard, Marie-Joseph Lebon quitte l’armée et vient résider dans ce chef-lieu de canton de l’arrondissement de Chaumont. Lui aussi sera médaillé de Sainte-Hélène et décédera à Juzennecourt le 30 mars 1885 (sous la IIIe République), à 90 ans.
Fils de Joseph Gaudry, avocat également, et de Marie-Marguerite-Victoire Lebon, qui se sont mariés à Brachay, Jean-François-Augustin Gaudry, né à Saint-Dizier le 31 décembre 1791, est le cousin des précédents. Comme Nicolas-Victor Lebon, il est élève à l’école de Fontainebleau. Officier, il meurt lors de la Campagne de Russie. Il pourrait s’agir du capitaine du 25e de ligne blessé à Malo-Jaroslavetz cité par Martinien.

Illustration : statue de Philippe Lebon dans le square éponyme situé à Chaumont (photo Lionel Fontaine)

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