vendredi 18 septembre 2009

Campagne de France (II) : les officiers de cavalerie tués et blessés à Saint-Dizier

Lors des différents combats de Saint-Dizier, c’est la cavalerie impériale qui a été la plus éprouvée, et particulièrement le 26 mars 1814. En témoigne le recensement des officiers tués et blessés effectué par Martinien, qui identifie quatre morts et 33 blessés, essentiellement parmi les dragons et les chasseurs à cheval. En voici la liste, complétée par nos informations (provenant de la base Léonore, notamment). A noter que certaines dates de blessures (22 janvier 1814, 17 et 19 mars 1814) paraissent sujettes à caution, car nous n’avons pas eu connaissance d’engagements ces jours-là.

Officiers tués ou mortellement blessés :
Abriot, sous-lieutenant au 11e dragons, blessé le 22 (sic) janvier 1814, mort le 25 (selon Jean-Pierre Mir, auteur d’ouvrages sur la Campagne de 1814, Pierre Abriot était plutôt maréchal des logis-chef dans ce régiment, né en 1779 dans le Jura, tué le 26) ;
Bulot, sous-lieutenant au 2e dragons, tué le 27 janvier 1814 ;
Mennetier, lieutenant adjudant-major au 10e chasseurs à cheval, tué le 25 janvier 1814 (donc sans doute lors de la perte de la ville) ;
Miller Joseph, comte d’Empire, colonel du 26e chasseurs à cheval, tué le 27 janvier 1814 vers 11 h d’une balle à la tête sur la route de Joinville (selon l'état civil de la commune de Saint-Dizier).

Officiers blessés :

Algay Jacques-Blaise-Pierre, né en 1771 en Corrèze, chef d’escadron (1813) au 20e dragons, blessé le 26 mars 1814 près de Saint-Dizier par un coup de feu à la jambe gauche. Sera promu major le 3 avril 1814. Membre de la Légion d’honneur, il avait été blessé à Leipzig. Frère d’un chef d’escadron de carabiniers.
Ardouin, sous-lieutenant au 18e dragons, blessé le 25 mars 1814.
Bouillon Jacques, né en 1776 dans les Basses-Pyrénées, lieutenant (1814) au 30e dragons, blessé le 26 mars 1814, membre de la Légion d’honneur (1813), mort en 1836.
Bureaux de Pusy Joachim-Irène-François, né à Vesoul en 1783, chef d’escadron (1813) au 11e dragons, blessé le 26 janvier 1814. Son dossier de la Légion d’honneur précise : « En 1814, le 26 janvier, en avant de Saint-Dizier, il commandait l’avant-garde, forte de 300 chevaux. Il chargea de l’artillerie et de l’infanterie, son cheval fut tué dans une de ses charges. Il remonta sur un second cheval, avec lequel il continua à poursuivre l’ennemi, en ralliant ses dragons. Il fut atteint d’un biscaïen à la tête, qui le jeta à terre et le mit hors de combat ». C’est le fameux chirurgien Larrey qui le soignera. Déjà blessé en 1809, il servira sous la Restauration. Frère d’un colonel de dragons sous la Restauration.
Buys G.G., né en 1788 à Nimègue, lieutenant au 2e lanciers de la Garde, blessé le 26 mars 1814. Sera fait membre de la Légion d’honneur le 5 avril 1814 à Fontainebleau. Note : Martinien cite un lieutenant Buys, du 5e lanciers, blessé le 27 janvier 1814 (est-ce le même ?).
Cazeneuve François dit Théodore, né en Alsace en 1787, lieutenant (janvier 1814) au 13e dragons, blessé le 22 (sic) janvier 1814, membre de la Légion d’honneur.
Clément, sous-lieutenant au 11e dragons, tué le 22 (sic) janvier 1814.
Collinet Etienne, né en Haute-Marne, sous-lieutenant au 2e dragons, blessé le 27 janvier 1814. Sera blessé à Waterloo. Membre de la Légion d’honneur.
Cosnard Pierre-Jean-René, né en 1769 dans l’Orne, chef d’escadron (1813) au 19e dragons, blessé le 26 mars 1814 d’un coup de lance. A été auparavant blessé à quatre reprises. Officier de la Légion d’honneur.
Delapille Charles-Richard, né en 1784 dans l’Eure, sous-lieutenant au 13e dragons selon Martinien (ou lieutenant depuis 1813 au 18e dragons selon la base Léonore), blessé le 26 mars 1814 d’un coup de lance au bras droit, mort en 1823.
Dinglemarre, lieutenant au 25e dragons, blessé le 26 mars 1814. Note : un lieutenant d’Inglemarre, du 14e dragons, blessé le 26 mars, est cité par Martinien (il y a sans doute un doublon).
Duchevreuil Jacques-Antoine-Henry, né en 1786 en Normandie, sous-lieutenant au 5e chasseurs à cheval, blessé d’un coup de feu au bras droit et à l’épaule le 25 mars 1814.
Fonville François, né en 1790 dans l'Ain, sous-lieutenant (8 janvier 1814) au 27e chasseurs à cheval, blessé le 19 (sic) mars 1814. Ou plutôt officier du 4e chasseurs à cheval, blessé d'un coup de feu au genou gauche à Saint-Dizier (sans précision de date).
Fournier, sous-lieutenant au 16e dragons, blessé le 26 mars 1814.
Gauguier Charles-Séraphin-Joseph, né à Lille en 1793. Elève à l'école de cavalerie de Saint-Germain-en-Laye (1811), sous-lieutenant (mars 1813) au 19e dragons, blessé le 26 mars 1814 d'un coup de lance. Chevalier de la Légion d'honneur (3 avril 1814). Sera maître de forges à Neufchâteau, député des Vosges (1831). Mort en 1855.
Gisancourt (de), sous-lieutenant au 20e dragons, blessé le 26 mars 1814.
Joanet Pierre-Laurent, né à Reims en 1784, sous-lieutenant au 11e dragons, blessé le 26 mars 1814 dans une reconnaissance - ou plutôt, selon son dossier de légionnaire, à Fère-Champenoise.
Lallemand Sébastien,né en 1783 à Fleury-lès-Saint-Loup (70), chevalier de la Légion d'honneur (1809), sous-lieutenant (1813) au 20e dragons, blessé le 26 mars 1814 à l’épaule (lire le témoignage du cavalier Gougeat sur ce blog). Ou plutôt, après avoir été blessé à Brienne, d'un coup de lance au ventre, promu lieutenant le 30 mars.
Lamy, capitaine adjudant-major au 2e dragons, blessé le 27 janvier 1814. Blessé auparavant comme capitaine à Sainte-Croix. Sera blessé à Waterloo.
Le Flo-De Kerleau, capitaine au 13e dragons, blessé le 22 (sic) janvier 1814.
Lestocoquoy, capitaine au 22e chasseurs à cheval, blessé le 26 mars 1814.
L’Hermitte, lieutenant au 24e chasseurs à cheval, blessé le 17 (sic) mars 1814.
Migneret, sous-lieutenant au 19e dragons, blessé le 22 (sic) janvier 1814.
Millet, sous-lieutenant au 27e chasseurs à cheval, blessé le 19 (sic) mars 1814.
Molard, capitaine au 25e dragons, blessé le 26 mars 1814.
Paradis, sous-lieutenant au 19e dragons, blessé le 26 mars 1814 (Antoine, né à Roye, blessé à la jambe).
Parent, sous-lieutenant au 4e dragons, blessé le 26 mars 1814.
Ricolfo, sous-lieutenant au 25e dragons, blessé le 26 mars 1814.
Souspiron (Etienne de), sous-lieutenant au 15e dragons, blessé le 26 mars 1814. Sans doute un parent de l'officier de dragons avignonnais guillotiné durant la Révolution.
Spada (de), capitaine au 22e dragons, blessé le 26 janvier 1814.
Suchel, capitaine au 2e dragons, blessé le 27 janvier 1814. Blessé auparavant à Sainte-Croix.
Vernier, capitaine (1813) au 2e dragons, né à Strasbourg en 1787, blessé le 27 janvier 1814. A été blessé comme sous-lieutenant en Espagne en 1808 et 1809, et comme capitaine en Espagne en 1813.
Viora, capitaine au 18e dragons, blessé le 25 mars 1814.

Par ailleurs, l’état civil de Saint-Dizier conserve la trace d’un capitaine Antoine Monniot (ou Manniot), né à Nancy, âgé de 29 ans, servant au 11e dragons, mort le 28 mars 1814 à l’hospice civil des suites de blessures. Martinien confirme le décès d’un capitaine Monniot appartenant à ce régiment, mais situe sa mort le 26 février 1814 au pont de Dolancourt (Aube).Et l’historique du 8e cuirassiers évoque la blessure du sous-lieutenant Lallemand, le 26 mars 1814 à Saint-Dizier. Mais toujours selon Martinien, c'est ce même jour, près de Sézanne (Marne), que cet officier a été touché, avant de décéder le 11 avril.
Prochain article : les militaires décédés à l'hospice civil de Saint-Dizier.

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