mercredi 28 octobre 2009

Les officiers de dragons de Haute-Marne

Nous inaugurons ici une série de listes d'officiers de cavalerie nés ou domiciliés en Haute-Marne. Première arme : les dragons, laquelle arme a compté 30 régiments durant l'Empire, dont plusieurs transformés en régiment de lanciers. Trente-six officiers ont puêtre identifiés, dont trois sont morts en campagne.

Allizé Augustin (Saint-Dizier 1778 – idem 1857). Soldat au (2e) bataillon de la Réunion en 1793, il est blessé à Soulangé le 28 août. Dragon au 8e régiment (1798), brigadier fourrier (1800), maréchal des logis (1802) puis chef (1806), il est blessé d’un coup de feu à Pattenheim le 31 janvier 1807 et fait membre de la Légion d'honneur le 1er octobre 1807. Se distinguant le 9 mars 1809 près de Monteret (Espagne), où il prend un drapeau, il est promu sous-lieutenant le 4 décembre 1811, puis lieutenant le 10 juillet 1812, enfin capitaine le 22 août 1813. Il reçoit un coup de lance au bras droit et un coup de feu au genou gauche à Hanau avec le 3e lanciers (ex-8e dragons). Il sera capitaine d’habillement (rang de chef d’escadron) au 2e grenadiers à cheval de la Garde royale (selon son dossier MSH). Chef d’escadron, il se retire à Saint-Dizier. Médaillé de Sainte-Hélène. Source principale : base Léonore.
Aubry Jean-Louis-Marie (Châlons-en-Champagne 1778 – Langres 1841). Fils d’aubergiste, dragon au 13e régiment (1798), il est foulé aux pieds de chevaux à Friedland et laissé pour mort. Maréchal des logis (1809), sous-lieutenant (18 mars 1813), il est fait chevalier de la Légion d’honneur le 14 juillet. Lieutenant le 17 août 1813, toujours au 13e dragons, il a servi notamment de 1809 à 1813 en Espagne, en 1814 en France. En demi-solde sous la Restauration, rallié aux Cent-Jours, il réside à Langres en 1816. Source principale : base Léonore.
Banchet Remy dit Fontenay (Ceffonds 1759 – Wassy 1823). Volontaire au régiment de Quercy cavalerie (1785), il passe dans le 22e dragons (1788). Maréchal des logis (an VI), membre de la Légion d'honneur (25 prairial an XII), il est promu sous-lieutenant (5 thermidor an XIII), sert en Autriche, en Prusse et en Pologne avec la 2e division de dragons, et de 1808 à 1809 en Espagne et au Portugal. Blessé d’un coup de feu au genou droit le 26 mars 1809 à Oporto avec le 22e dragons, il est retraité le 31 juillet 1810. Sources : "Fastes de la Légion d'honneur".
Camus François-Hubert. Sous-lieutenant au 17e dragons, il est blessé le 16 juin 1815 à Ligny. En demi-solde à Laville-aux-Bois (domaine de Moiron), en 1816.
Chateauvieux (Armand de) Armand-Arnould-Joseph (vers 1793 – après 1857). Fils de René-Joseph, cousin du général Dommartin. Dommicilié à Dommartin-le-Franc, entré à l’école de cavalerie de Saint-Germain-en-Laye (12 novembre 1809), sous-lieutenant (24 avril 1812) au 23e dragons, il sert en Russie, en Saxe, en France. Lieutenant (juillet 1814), au régiment des chasseurs des Vosges, capitaine (1825), il est médaillé de Sainte-Hélène à Courcelles-sur-Blaise. Source principale : Pierre-G. Jacquot.
Chaudron Antoine-Balthazard, dit Chaudron-Rousseau (Bourbonne-les-Bains 1782 – idem 1861). Fils de député régicide, frère du général, il sert à partir du 1er janvier 1804 au 27e dragons, au 96e de ligne, au 27e dragons, avant d'être retraité le 9 décembre 1811 comme sous-lieutenant (quelques mois après la mort au combat de son frère). Il sera, à la suite de son père, sous-inspecteur des Eaux et Forêts à Bourbonne, et servira dans le Corps-franc de la Haute-Marne. Médaillé de Sainte-Hélène. Sa fille a épousé le frère du futur maréchal Pélissier.
Collinot Etienne (Courcelles-Val-d’Esnoms 1772 – idem 1836). Sous-lieutenant au 24e dragons, blessé en Espagne à Vals (1809) et à Vich (1810). Il s'agit peut-être du sous-ieutenant au 5e dragons, blessé à Saint-Dizier en janvier 1814 (source : Martinien). Retraité, membre de la Légion d’honneur (18 mars 1810), vit à Courcelles-Val-d’Esnoms, en 1816. A épousé une Petitjean de Rancourt.
Divory Jean-Marie-Joseph (Langres 1788). Sorti de l’école de Fontainebleau pour le 26e dragons. Source : Régis Barreau.
Fortier Nicolas (Noncourt-sur-le-Rongeant 1776). Au 8e hussards (1794) puis au 11e dragons (1798), grenadier à cheval de la Garde (1802), il passe aux dragons de la Garde (1806), se bat en Prusse, en Autriche. Membre de la Légion d'honneur (1811), il se bat en Russie puis, lieutenant en second (1813), en France. En demi-solde (1814). Source : Jacquot.
Geliot Claude (Balesme-sur-Marne 1777). Brigadier au 26e dragons, membre de la Légion d'honneur (1er octobre 1807), il est promu sous-lieutenant (17 juillet 1813). Blessé le 25 mars 1814 à Fère-Champenoise. Passé au 12e dragons (juillet 1814), au 17e dragons, il est blessé à Ligny (16 juin 1815), licencié à Montpellier en décembre 1815. Retiré à Langres.
Gogien Jean (Maulain 1787). Fils de François, il part le 20 février 1807 pour le 9e dragons. Sous-lieutenant (9 octobre 1813) puis lieutenant (1820) au 8e régiment de dragons du Rhône, sous la Restauration. Membre de la Légion d’honneur (sera officier), promu en 1825 capitaine d’habillement au 8e cuirassiers (ex-dragons du Rhône depuis 1826), en 1830. Lieutenant-colonel (1841), sert à l’école de cavalerie, en 1844. Auteur d’un traité militaire. Sera colonel. Vit à Paris en 1853.
Grapinet Claude (vers 1777 – Sommevoire 1858). Sert d’avril 1800 à 1825, successivement aux 18e et 13e dragons. Sous-lieutenant, en non activité ou demi-solde, à Sommevoire, en 1821. Médaillé de Sainte-Hélène. Membre de la Légion d’honneur.
Guenel Jean-François (Voisey 1778). Capitaine au 26e dragons, membre de la Légion d'honneur, retiré à Voisey, en 1816.
Gueniot Jean-Baptiste (ou Charles)-Alexandre (Vaux-sous-Aubigny 1777). Originaire d’Aubigny, caporal fourrier dans la 6e compagnie du 1er bataillon auxiliaire de la Haute-Marne, en l’an VII. Membre de la Légion d'honneur (1er octobre 1807), capitaine au 11e dragons, en demi-solde à Vaux, en 1816. Maire de Vaux, en 1831.
Guillaume Henry (Chaumont 1786 – Chartres). Pour mémoire : sous-lieutenant au 14e dragons, blessé à Heilsberg (1807) puis lieutenant au même corps, blessé le 28 mars 1809 à Medellin. Sa biographie est détaillée par ailleurs.
Guinoiseau Jean-Baptiste Georges (Gourzon 1778 – Osne-le-Val 1848). Maréchal des logis chef au 26e dragons, membre de la Légion d'honneur (20 mai 1811), il est promu sous-lieutenant (5 février 1813), puis passe au 12e dragons (1814), avant d'être retraité le 7 avril 1816. Retiré à Gourzon puis à Osne-le-Val.
Henrys François-Henri (Bourmont vers 1777 - Loasma 1812). Fils de Charles-Henri Henrys, avocat mort à Paris en 1789. Lieutenant adjudant-major au 9e dragons lors de la campagne d'Autriche (1805). Promu capitaine le 4 novembre 1806. Blessé à Eylau, membre de la Légion d'honneur (14 avril 1807), passé capitaine au 4e lanciers (ex-9e dragons), mort le 27 août 1812 à Loasma (Russie) des suites de blessures.
Jobard François (Choilley 1764). Fils d’Henry. Officier au 18e dragons, blessé d'un coup de baïonnette à Aboukir (1801). Promu capitaine (30 ventôse an IX). Membre de la Légion d’honneur (14 mars 1806), sert encore en 1811. Maire de Rougeux (où il se marie en 1819, devant notamment le chef d'escadron Laveine), en 1816. Source complémentaire : historique du 18e dragons (merci à "Yanno").
Joubert Joseph Membre de la Légion d’honneur (17 septembre 1806), chirurgien-major du 24e dragons, retiré à Nogent, en 1816.
Lamadelaine Nicolas (né vers 1777 – Andelot 1838). Fils de Claude, sous-lieutenant au 11e dragons, en demi-solde à Andelot, en 1816. Sera marchand, capitaine au bataillon cantonal d’Andelot de la garde nationale, en 1834. Note : un sous-lieutenant Lamadeleine, du 27e dragons, blessé le 13 décembre 1813 devant Magdebourg (Martinien).
Laveine Nicolas (Charmoy 1768 – idem 1839). Fils de Jean. Sous-lieutenant, sert au 18e dragons, en Egypte. Lieutenant (14 mai 1802). Membre de la Légion d'honneur, capitaine au 9e provisoire de dragons, en 1811, il sera chef d’escadron au 18e dragons, ayant un cheval tué sous lui par un boulet à Leipzig (1813). Chevalier de Saint-Louis le 16 janvier 1815. Sert encore la même année. Adjoint au maire de Charmoy, en 1823. Veuf de Marie Lamotte, propriétaire, officier de la Légion d’honneur. Sources : état civil de Charmoy, historique du 18e dragons (merci à "Yanno"), annuaire de la Haute-Marne de 1811, site Internet "Les armées de Napoléon", site Internet de l'ordre de Saint-Louis.
Ledroit Nicolas (en Champagne – sic – Villafranca 1809). Lieutenant dans la 1ère compagnie d’élite du 24e dragons, hospitalisé le 21 février 1809, il meurt le 24. Note : il y a des Ledroit à Clefmont.
Legrand (ou Legrand-Dusaulle) Jean-François. Membre de la Légion d'honneur, lieutenant au 14e dragons, demi-solde à Arc-en-Barrois, en 1816.
Maitrot Pierre-Mainboeuf (Villars-Saint-Marcellin 1773). Sous-lieutenant au 14e dragons, membre de la Légion d’honneur (20 mai 1811), situé à Villars-Saint-Marcellin, en 1816.
Marcq Louis-Joseph (Valcourt 1778). Sous-lieutenant de cavalerie, en demi-solde à Valcourt, obtient une pension de retraite en 1828. Note : un sous-lieutenant Marcq, du 26e dragons, blessé le 9 mars 1814 à Laon. Source principale : C. Daudin.
Monneret Martin (Dammartin-sur-Meuse 1778). Incorporé au 2e de cavalerie (1800), il fait les campagnes du Rhin. Grenadier à cheval de la Garde (1801), il se bat en Autriche, passe dans les dragons de la Garde (1806), sert en Prusse, en Pologne, en Espagne. Lieutenant en second (1809), il se bat à nouveau en Autriche, puis en Russie. Prisonnier le 1er mai 1813, revenu au service le 1er mai 1815, il est blessé à Waterloo, puis renvoyé dans ses foyers en demi-solde à Dommartin (1er décembre). Chevalier de la Légion d'honneur (1806). Source : Jacquot.
Montarby (de) Jean-Antoine (Dampierre 1780 - idem 1863). Page du Grand-Maître de Malte, il entre en service sous le Consulat au 9e dragons (selon les sources, en 1801, en 1802 ou en 1803). Il se bat en Autriche (comme sous-lieutenant au 9e), en Prusse. Lieutenant, il est aide du camp du général Maupetit (1807), en Pologne. Lieutenant en premier aux dragons de la Garde (1807), il sert en Espagne, en Autriche. Capitaine (1811), il se bat en Russie, en Saxe. Chevalier de la Légion d'honneur (1813 - officier : 1814), il commande la 6e compagnie des dragons de la Garde en 1814. Blessé devant Laon, il charge à Saint-Dizier puis en Belgique. Retraité (20 novembre 1815), chevalier de Saint-Louis, maire de Dampierre, il a épousé la veuve du général Maupetit. A un fils général. Médaillé de Sainte-Hélène. Sources : Jacquot, Cahiers haut-marnais, historique du 9e dragons.
Mony Jean-Baptiste-Louis (Langres 1778). Il sert du 28 septembre 1798 à novembre 1815, au 1er chasseurs à cheval, au 2e chevau-légers de la Garde, au 15e dragons (sous-lieutenant). Médaillé de Sainte-Hélène.
Mutel Nicolas (Blumerey 1776 – idem 1860). Il sert du 6 août 1800 au 15 décembre 1815, successivement aux 101e de ligne, 27e, 11e, 16e, 8e dragons (aux dragons du Rhône, en 1823). Membre de la Légion d'honneur (13 mars 1814), lieutenant (17 juillet 1813) au 27e dragons, il est retiré à Blumerey, médaillé de Sainte-Hélène.
Pissot Antoine-Auguste (Wassy 1785 – idem 1857). Sert du 18 octobre 1805 à septembre 1815, comme chirurgien aide-major au 7e dragons, puis au 2e gardes d’honneur, notamment en Russie. Membre de la Légion d'honneur (1835), médaillé de Sainte-Hélène. Docteur, maire de Wassy.
Poutier (de) Léopold-François-Gabriel (Laneuvelle 1790 – Carabanchel d’Abajo, Espagne 1813). Domicilié à Brennes, il est admis aux vélites-dragons de la Garde le 12 juin 1808. Passe sous-lieutenant au 22e dragons le 18 août 1811 (ou le 17 avril : source préfecture). Selon le baron de l’Horme, il est mort le 21 février 1813, comme sous-lieutenant dans la 5e compagnie du 22e dragons. N’est pas cité par Martinien.
Priant Paul-Victor (Eurville 1770 – Saint-Dizier 1840). Dragon au 1er régiment, se distingue en 1799 en Allemagne. Sous-lieutenant au 1er lanciers (ex-1er dragons), capture 400 Anglais à Chiclana (5 mars 1811), où il est blessé. Chevalier de la Légion d’honneur (6 août 1811). Membre de l’Escadron sacré en Russie. Capitaine au 1er lanciers, blessé le 16 octobre 1813 à Leipzig et à Hanau (Martinien). Sera retraité capitaine. Source principale : Jérôme Croyet.
Remy Antoine, baron d’Empire (Thilleux 1764 - Chaumont 1848). Dragon (1783), adjudant avec rang de sous-lieutenant (1792) au 8e dragons, il sert dans l’armée du Nord. Lieutenant (1793), capitaine (an II), il est blessé devant Cambrai (1794) puis près d'Endingen (1796). Servant aux armées de Sambre-et-Meuse, du Rhin, il passe chef d'escadron (an VIII), et sert en Italie (où il côtoie Stendhal, alors jeune officier dans ce régiment). Chevalier de la Légion d'honneur (1804), il se distingue avec le 6e dragons au combat de Karnichev, le 23 décembre 1806. Le général de Grouchy demande alors pour lui le grade de major. Semble-t-il blessé en Prusse (1806), il passe chef d'escadron (rang de lieutenant-colonel) aux grenadiers à cheval de la Garde (1807), combat en Pologne (blessé à Eylau), puis en Espagne. Officier de la Légion d'honneur (1809), il sert en Allemagne, puis à nouveau en Espagne (1809-1811), en Russie (il commande le 3e escadron des grenadiers). Baron d'Empire (1812), il combat en Saxe, en France. Sert ensuite aux cuirassiers de France. Sources principales : Cahiers haut-marnais, mémoires du maréchal de Grouchy, souvenirs de Stendhal.
Roy François (Germainvilliers 1780 – Romain-sur-Meuse 1858). Fils de Nicolas. Membre de la Légion d'honneur (1er octobre 1807). Sous-lieutenant au 5e dragons, retiré à Bourg-Sainte-Marie (en demi-solde, en 1816). Marié en 1816 à Bourg-Sainte-Marie.
Senet Jacques-Joseph (Dommartin-le-Franc 1778 – Eclaron 1839). Fils de Jacques, laboureur. Membre de la Légion d'honneur au 26e dragons (1er octobre 1807), il est promu sous-lieutenant (19 mai 1811), puis lieutenant en second adjudant-major aux dragons de la Garde (28 mars 1813). Blessé à Craonne (7 mars 1814), lieutenant en second officier payeur (14 avril 1815), il est dans ses foyers le 1er décembre 1815. Domicilié à Ville-en-Blaisois, en 1818. Marié en 1825.
Suzainnecourt (Puissant de) Jacques-Victor (dit aussi Puissant de Juzennecourt) (Langres 1783). Fils du seigneur de Juzennecourt, il est nommé lieutenant au 19e dragons par décret du 3 mars 1807. Blessé à Friedland, capitaine (1808), membre de la Légion d'honneur, il est promu chef d’escadron le 24 décembre 1814. Servant au 18e (ou plutôt 19e ?) dragons, en demi-solde à Chaumont (il y arrive le 9 décembre 1815), il sert sous la Restauration au 1er hussards (du Jura), au 10e dragons, avant d'être nommé colonel du 5e dragons (1829). Selon l’abbé Emmanuel de Jerphanion (Cahiers haut-marnais n°122), colonel du 1er dragons, il meurt dans des troubles de Lyon en 1831 (ou le 8 juin 1830 selon le baron de l'Horme). Marié en premières noces avec une demoiselle Quilliard.

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