lundi 23 janvier 2012

Les frères Descharmes

Le baron de L'Horme, auteur de notes généalogiques fort appréciées des chasseurs d'ancêtres haut-marnais, signale, dans le dossier consacré à la famille Descharmes, l'existence d'un officier portant ce patronyme (pas de prénom indiqué), mort en Russie, à Polock (sic) en 1812, fils d'Augustin, aubergiste et maire de Longeau (arrondissement de Langres).
Le fameux tableau des officiers tués et blessés durant l'Empire établi par Martinien ne confirme pas cette information. Il est toutefois hautement probable que cet officier corresponde à Toussaint Descharmes, né le 6 juin 1786 à Foulain (arrondissement de Chaumont), effectivement fils d'Augustin, bourgeois et maître de forges à Rochevilliers (écart du village de Crenay, aujourd'hui commune de Foulain), et de Claudine Richardot (ils se sont mariés à Longeau en 1784), petit-fils de Toussaint, «seigneur en partie de Marnay ». Le jeune homme intègre comme élève l'école spéciale militaire de Fontainebleau et rejoint, à sa sortie, le 6e régiment d'infanterie de ligne. Sa trace est ensuite perdue.
Les Descharmes ne sont pas légion. Ainsi, la base des membres de la Légion d'honneur n'en recense qu'un seul ayant servi sous l'Empire : c'est Victor-Emelie, un Haut-Marnais, et d'ailleurs le frère de Toussaint. Il n'est donc pas impossible que Toussaint corresponde au capitaine d'état-major Descharmes, commandant de place à Bechenkovitch, en Russie, capturé, frappé à coups de sabre et de pique, dépouillé et emmené à Vitebsk, et dont on ignore ensuite le sort.

Quant à Victor-Emelie Descharmes, né à Foulain le 17 décembre 1794, fils d'Augustin – devenu cultivateur à Foulain – il intègre l'école de cavalerie de Saint-Germain le 26 novembre 1812 et est promu sous-lieutenant le 17 décembre 1813 pour servir au 2e régiment d'éclaireurs de la Garde. L'anthologie «Victoires et conquêtes » le cite parmi les défenseurs de la place de Soissons, en 1814. Blessé à Waterloo, Descharmes poursuivra sa carrière sous la Restauration et la Monarchie de Juillet, parvenant au grade de capitaine en 1838. En 1850, un décret du président de la République autorisera cet officier retraité du 1er lanciers, domicilié à Marseille, à servir la régence de Tunis. Demeurant à Juilly (Seine-et-Marne), mort en 1864, il était, selon le baron de l'Horme, le cousin de Toussaint, garde du corps du roi (compagnie de Noailles). Son fils sera général (né à Caen).

Sources : notes généalogiques du baron de L'Horme ; travaux de Pierre-G. Jacquot ; état civil de la commune de Foulain ; informations de Régis Barreau.

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