mercredi 2 novembre 2011
samedi 29 octobre 2011
Les "Keskidees" sont arrivés !

"Keskidees", dernière publication du club Mémoires 52, vient de paraître. Cinq cents exemplaires vous attendent. L'ouvrage est vendu au prix de 23,50 euros, auxquels peuvent s'ajouter 4,20 euros de frais de port.
Il peut être obtenu auprès :
- du club Mémoires 52, 28 rue de Verdun, 52100 Bettancourt-la-Ferrée ;
- de son président, 1 bis, rue Dutailly, 52000 Chaumont ;
- ou de son co-auteur Didier Desnouvaux, joignable via son blog dont l'adresse figure sur ce site.
samedi 22 octobre 2011
Le chef de bataillon Pierret (1786-1834)
Didier, Victor, Maxime Pierret naît à Thonnance-lès-Joinville, près de Joinville, le 17 août 1786, fils de Jean-Baptiste, conducteur des routes (futur agent municipal de la commune durant la Révolution), et de Marie Guillemin, filleul de son oncle Didier Pierret, inspecteur des routes.
Entré en service à 18 ans, le 20 septembre 1804, il est élève à l'école spéciale militaire de Fontainebleau, et en sort comme sous-lieutenant pour rejoindre le 95e de ligne. Puis il est affecté au 116e de l'arme (créé en 1808 à partir du 5e régiment provisoire d'infanterie) et, en qualité de capitaine, il est blessé à deux reprises en Espagne : d'abord le 22 juin 1811 à Tarragone, puis le 23 octobre de la même année à Sagonte. Notons que c'est dans ce corps que l'illustre Bugeaud a été promu chef de bataillon.
Pierret lui-même, chevalier de la Légion d'honneur depuis le 6 août 1811, atteint ce grade avant la chute de Napoléon, et c'est à ce titre, comme demi-solde, qu'il est désigné pour prendre le commandement du 3e bataillon de grenadiers de la garde nationale de la Haute-Marne, mis sur pied dans l'arrondissement de Wassy durant les Cent-Jours. C'est ainsi que Pierret prend part à la défense de Langres en 1815.
Placé de nouveau en demi-solde, il se retire dans son village natal, puis à Cirfontaines-en-Ornois, dans le canton de Poissons. Certes, en 1828, on songe de nouveau à le réemployer – Pierret n'a que 42 ans – mais l'on signale qu'il « souffre depuis deux ans d'une blessure à la poitrine ». Une séquelle de la campagne d'Espagne, sans doute. Et c'est le 7 janvier 1834 qu'il décède prématurément dans son village de Cirfontaines.
Il était le frère de Jean-Henry Pierret, né à Thonnance le 15 juin 1796 (26 prairial an IV), sous-lieutenant dans la 1ère compagnie du 3e bataillon de grenadiers de la Haute-Marne durant les Cent-Jours.
Entré en service à 18 ans, le 20 septembre 1804, il est élève à l'école spéciale militaire de Fontainebleau, et en sort comme sous-lieutenant pour rejoindre le 95e de ligne. Puis il est affecté au 116e de l'arme (créé en 1808 à partir du 5e régiment provisoire d'infanterie) et, en qualité de capitaine, il est blessé à deux reprises en Espagne : d'abord le 22 juin 1811 à Tarragone, puis le 23 octobre de la même année à Sagonte. Notons que c'est dans ce corps que l'illustre Bugeaud a été promu chef de bataillon.
Pierret lui-même, chevalier de la Légion d'honneur depuis le 6 août 1811, atteint ce grade avant la chute de Napoléon, et c'est à ce titre, comme demi-solde, qu'il est désigné pour prendre le commandement du 3e bataillon de grenadiers de la garde nationale de la Haute-Marne, mis sur pied dans l'arrondissement de Wassy durant les Cent-Jours. C'est ainsi que Pierret prend part à la défense de Langres en 1815.
Placé de nouveau en demi-solde, il se retire dans son village natal, puis à Cirfontaines-en-Ornois, dans le canton de Poissons. Certes, en 1828, on songe de nouveau à le réemployer – Pierret n'a que 42 ans – mais l'on signale qu'il « souffre depuis deux ans d'une blessure à la poitrine ». Une séquelle de la campagne d'Espagne, sans doute. Et c'est le 7 janvier 1834 qu'il décède prématurément dans son village de Cirfontaines.
Il était le frère de Jean-Henry Pierret, né à Thonnance le 15 juin 1796 (26 prairial an IV), sous-lieutenant dans la 1ère compagnie du 3e bataillon de grenadiers de la Haute-Marne durant les Cent-Jours.
samedi 24 septembre 2011
Un héros de Fuentes de Onoro (1811) : le capitaine de Montangon
C’est à Chaumont que naît Joseph-Justin de Montangon, le 11 avril 1781. Il est le fils de François-Jean-Baptiste Demontangon, écuyer, seigneur de Crépy (Aube), et d’une demoiselle Labbé de Briaucourt.
Selon sa notice nécrologique (parue dans les mémoires de la Société académique d’agriculture, des sciences de l’Aube) et l’état militaire de l’artillerie en 1811, Joseph-Justin est d’abord élève à l’école de Brienne-le-Château, en 1787, avant d’entrer à nouveau en service en l’an VIII, dans le corps de l'artillerie.
Promu lieutenant le 18 floréal an XIII (8 mai 1805), il fait son entrée dans l’ordre de la Légion d’honneur en 1809, après Wagram, puis passe capitaine le 12 juillet 1810. Il occupe alors la fonction de lieutenant en second dans la 1ère compagnie d’artillerie à cheval de la Garde.
C’est dans la péninsule ibérique qu’il se distingue, il y a tout juste 200 ans. Les précisions qui vont suivre proviennent du rapport particulièrement élogieux rédigé par le colonel d’artillerie Marin, rapport joint à son dossier de légionnaire.
Lorsque s’engage la bataille de Fuentes de Onoro (3 - 5 mai 1811), livrée par le maréchal Masséna, commandant l’armée du Portugal, le Haut-Marnais est placé à la tête d’une batterie légère de la Garde et de canons de cette armée, soit douze pièces d’artillerie, auprès du général Montbrun, commandant la cavalerie.
La conduite, à Fuentes, de Montangon est héroïque : chargé par la cavalerie anglaise, opposé à quatre batteries ennemies, l’officier, au soir de la bataille, a eu deux chevaux tués sous lui, et il n’avait plus qu’une pièce en état de tirer à opposer aux Britanniques.
Le maréchal Masséna – pas rancunier, parce qu’il n’a pu obtenir du maréchal Bessières l’accord de disposer de toute la Garde, ce qui selon lui lui aurait permis d’obtenir la victoire - demande alors pour le Haut-Marnais la croix d’officier de la Légion d’honneur, et les officiers de son entourage (Marbot, d’Astorg, d’Ornano) ainsi que le maréchal Marmont attesteront de cette conduite. Ce n’est que 42 ans plus tard que le Chaumontais sera décoré…
Entre-temps, le capitaine de Montangon a quitté le service en 1812 en raison de blessures que nous n'avons pu déterminer.
L’artilleur, qui aurait vécu à Saint-Omer, reçoit sa décoration en 1853, des mains du général Canrobert, et décède à Crespy (commune près de Brienne dont il a été maire pendant 35 ans), le 9 mars 1854.
A noter que la famille de Montangon a également donné à l’armée un officier d’infanterie, originaire de Brachay, promu lieutenant le 3 mai 1813, blessé durant les Cent-Jours dans les rangs du 24e de ligne (à Macon),
Selon sa notice nécrologique (parue dans les mémoires de la Société académique d’agriculture, des sciences de l’Aube) et l’état militaire de l’artillerie en 1811, Joseph-Justin est d’abord élève à l’école de Brienne-le-Château, en 1787, avant d’entrer à nouveau en service en l’an VIII, dans le corps de l'artillerie.
Promu lieutenant le 18 floréal an XIII (8 mai 1805), il fait son entrée dans l’ordre de la Légion d’honneur en 1809, après Wagram, puis passe capitaine le 12 juillet 1810. Il occupe alors la fonction de lieutenant en second dans la 1ère compagnie d’artillerie à cheval de la Garde.
C’est dans la péninsule ibérique qu’il se distingue, il y a tout juste 200 ans. Les précisions qui vont suivre proviennent du rapport particulièrement élogieux rédigé par le colonel d’artillerie Marin, rapport joint à son dossier de légionnaire.
Lorsque s’engage la bataille de Fuentes de Onoro (3 - 5 mai 1811), livrée par le maréchal Masséna, commandant l’armée du Portugal, le Haut-Marnais est placé à la tête d’une batterie légère de la Garde et de canons de cette armée, soit douze pièces d’artillerie, auprès du général Montbrun, commandant la cavalerie.
La conduite, à Fuentes, de Montangon est héroïque : chargé par la cavalerie anglaise, opposé à quatre batteries ennemies, l’officier, au soir de la bataille, a eu deux chevaux tués sous lui, et il n’avait plus qu’une pièce en état de tirer à opposer aux Britanniques.
Le maréchal Masséna – pas rancunier, parce qu’il n’a pu obtenir du maréchal Bessières l’accord de disposer de toute la Garde, ce qui selon lui lui aurait permis d’obtenir la victoire - demande alors pour le Haut-Marnais la croix d’officier de la Légion d’honneur, et les officiers de son entourage (Marbot, d’Astorg, d’Ornano) ainsi que le maréchal Marmont attesteront de cette conduite. Ce n’est que 42 ans plus tard que le Chaumontais sera décoré…
Entre-temps, le capitaine de Montangon a quitté le service en 1812 en raison de blessures que nous n'avons pu déterminer.
L’artilleur, qui aurait vécu à Saint-Omer, reçoit sa décoration en 1853, des mains du général Canrobert, et décède à Crespy (commune près de Brienne dont il a été maire pendant 35 ans), le 9 mars 1854.
A noter que la famille de Montangon a également donné à l’armée un officier d’infanterie, originaire de Brachay, promu lieutenant le 3 mai 1813, blessé durant les Cent-Jours dans les rangs du 24e de ligne (à Macon),
jeudi 25 août 2011
Le dernier Grognard ?
C'est, a priori, le dernier Grognard haut-marnais à décéder. Michel-Georges Montecot naît le 6 décembre 1793 à Langres. Selon son dossier de médaillé de Sainte-Hélène, il entre en service en 1812, et sert comme chirurgien sous-aide jusqu'en 1815. Membre de la Légion d'honneur en 1855, docteur en médecine, il décède dans sa ville natale en 1891, à l'âge de 98 ans !
Son frère cadet Mammès-Félix Montecot, dit Maladière-Montecot, né en 1795, a de son côté servi, durant les Cent-Jours, comme sous-lieutenant dans le 2e bataillon de grenadiers de la Haute-Marne. Il était par ailleurs porte-drapeau de la garde nationale langroise. Selon le baron de L'Horme, il est décédé en 1862 à Langres.
Son frère cadet Mammès-Félix Montecot, dit Maladière-Montecot, né en 1795, a de son côté servi, durant les Cent-Jours, comme sous-lieutenant dans le 2e bataillon de grenadiers de la Haute-Marne. Il était par ailleurs porte-drapeau de la garde nationale langroise. Selon le baron de L'Horme, il est décédé en 1862 à Langres.
mardi 7 juin 2011
Le maréchal des logis Mulson, héros de la gendarmerie d'Espagne
Les liens entre la gendarmerie nationale et la Haute-Marne sont étroits. La ville de Chaumont accueille ainsi une école de gendarmerie - la plus ancienne encore en activité, et dont le drapeau a été décoré de la médaille militaire par le Président Chirac lors d’une cérémonie aux Invalides à Paris -, ainsi qu’un escadron de gendarmerie mobile. Cette même ville est le berceau du général Damrémont (tué lors du siège de Constantine), qui est à l’origine du serment prêté par les élèves gendarmes lors de leur entrée dans l’arme.
Nous avons choisi ici de nous intéresser à la brillante carrière d’un officier de gendarmerie méconnu, qui s’est particulièrement distingué en Espagne.
Fils de Jean-Baptiste et de Catherine Lecocq, Claude Mulson naît à Pierrefaite (canton de Laferté-sur-Amance) le 11 décembre 1783. Il entre, à 18 ans, comme dragon au 11e régiment en 1801, servant successivement en Autriche, en Hanovre, sur les Côtes de l’Océan. Brigadier en 1806, il est blessé d’un éclat d’obus à la main droite à Eylau, le 8 février 1807. Maréchal des logis en 1809, il devient gendarme à cheval au 11e escadron, le 12 juillet 1810. Brigadier le 1er mai 1811, maréchal des logis le 5 mai 1813, il sert en Espagne en 1809 puis de 1811 et 1813.
C’est dans la péninsule qu’il se distingue les 11 et 14 juillet 1813. Selon son parent, l’abbé Mulson (« Histoire de Pierrefaites »), il affronte d’abord, avec quinze gendarmes à cheval et 50 gendarmes à pied, une force de 500 cavaliers espagnols dans la région de Bucalaros (sic) – sans doute Bujaraloz (ou Bujaralos), en Aragon. Puis, le 13, il défend un fortin au même endroit avec 25 gendarmes. Des actions éclat qui seront relatées, dans un rapport, par le lieutenant Martin.
En poste à Barcelone jusqu’au 28 mai 1814, Claude Mulson intègre la compagnie de gendarmerie de l’Indre en août de la même année, puis celle du Cher en janvier 1815, enfin celle de l’Eure en 1817. Sous-lieutenant en 1830, lieutenant deux ans plus tard, il obtient son congé en 1833.
Chevalier de la Légion d’honneur, il est propriétaire et adjoint à La Neuve-Lyre (Eure), où il meurt en 1856.
Selon son dossier de légionnaire, cinq de ses frères ont servi sous l’Empire, dont trois sont morts aux armées.
Sources : dossier de légionnaire de Claude Mulson ; « Histoire de Pierrefaite » (abbé Mulson).
Nous avons choisi ici de nous intéresser à la brillante carrière d’un officier de gendarmerie méconnu, qui s’est particulièrement distingué en Espagne.
Fils de Jean-Baptiste et de Catherine Lecocq, Claude Mulson naît à Pierrefaite (canton de Laferté-sur-Amance) le 11 décembre 1783. Il entre, à 18 ans, comme dragon au 11e régiment en 1801, servant successivement en Autriche, en Hanovre, sur les Côtes de l’Océan. Brigadier en 1806, il est blessé d’un éclat d’obus à la main droite à Eylau, le 8 février 1807. Maréchal des logis en 1809, il devient gendarme à cheval au 11e escadron, le 12 juillet 1810. Brigadier le 1er mai 1811, maréchal des logis le 5 mai 1813, il sert en Espagne en 1809 puis de 1811 et 1813.
C’est dans la péninsule qu’il se distingue les 11 et 14 juillet 1813. Selon son parent, l’abbé Mulson (« Histoire de Pierrefaites »), il affronte d’abord, avec quinze gendarmes à cheval et 50 gendarmes à pied, une force de 500 cavaliers espagnols dans la région de Bucalaros (sic) – sans doute Bujaraloz (ou Bujaralos), en Aragon. Puis, le 13, il défend un fortin au même endroit avec 25 gendarmes. Des actions éclat qui seront relatées, dans un rapport, par le lieutenant Martin.
En poste à Barcelone jusqu’au 28 mai 1814, Claude Mulson intègre la compagnie de gendarmerie de l’Indre en août de la même année, puis celle du Cher en janvier 1815, enfin celle de l’Eure en 1817. Sous-lieutenant en 1830, lieutenant deux ans plus tard, il obtient son congé en 1833.
Chevalier de la Légion d’honneur, il est propriétaire et adjoint à La Neuve-Lyre (Eure), où il meurt en 1856.
Selon son dossier de légionnaire, cinq de ses frères ont servi sous l’Empire, dont trois sont morts aux armées.
Sources : dossier de légionnaire de Claude Mulson ; « Histoire de Pierrefaite » (abbé Mulson).
jeudi 26 mai 2011
Hugues Mollot, serviteur de Napoléon... puis de Louis XVIII
Hugues et son frère jumeau Jean-Baptiste-Simon naissent le 13 janvier 1759, à Chaumont, au foyer de Jean-Baptiste Mollot, apothicaire (originaire de Bourg-Sainte-Marie, c’est un fils de chirurgien), et de Françoise Mailley. Le premier a pour parrain Hugues Voillemier, receveur principal des traites foraines de Chaumont.
Hugues Mollot entre dans la carrière militaire à l’âge de 24 ans, en étant incorporé dans la gendarmerie de Lunéville, le 3 août 1783. Dix ans plus tard, il rejoint l’état-major du général de division Rey, en qualité de sous-lieutenant, le 29 juillet 1793. Il sert en Vendée jusqu’en l’an III, puis en Italie et à Naples entre l’an V et l’an VII, enfin dans les Grisons en l’an VIII et en l’an IX.
Le 15 novembre 1806, Mollot est employé comme lieutenant à la Légion du Nord, composée d’anciens prisonniers, qui prend part à la Campagne de Pologne, notamment au siège de Dantzig. Le 31 août 1808, il passe avec le même grade au 95e de ligne. C’est avec ce corps qu’il se bat à Essling, à la suite de quoi il est fait membre de la Légion d’honneur le 31 mai 1809, puis est blessé à Wagram d’un coup de baïonnette. Capitaine le 8 août 1809, il est signalé, deux ans plus tard, comme officier de grenadiers du 95e par l’annuaire du département de la Haute-Marne.
Selon ses dires (mais pas selon ses états de services), Mollot se bat en Espagne.
Le 9 avril 1813, à 54 ans, il est promu chef de bataillon au 95e, et passe le 16 juin au 72e régiment d’infanterie de ligne. Selon l’historien Frédéric Masson, qui s’est intéressé à son « cas », Mollot aurait été auparavant accusé d’être l’amant de la comtesse de Saint-Hilaire ; un ordre avait été donné de l’arrêter et de l’incarcérer à la prison de l’Abbaye. Ordre qui ne sera pas suivi d’effet…
Lorsque s’ouvre la Campagne de France, Mollot a déjà 56 ans. Le 5 janvier 1814, il est toujours « bonapartiste ». Dans une lettre au comte Lacépède, il « supplie Votre Excellence de vouloir bien le proposer à Sa Majesté pour la croix d’officier ». Le Chaumontais n’hésite pas à parler du « grand plaisir de sa vie » d’oeuvre « pour le maintien et la gloire du trône de Sa Majesté »… Trois mois plus tard, il fait volte face et se rallie à Louis XVIII, le 30 mars 1814 ! Ce qui lui vaudra le qualificatif de « traître » sous la plume de l’historien Arthur Chuquet.
Promu lieutenant-colonel, qualifié de chevalier (non pas d’Empire, mais sans doute en sa qualité de membre de la Légion d’honneur), Mollot est chargé par Polignac et le comte de Semellet de se rendre à Lyon, à Marseille, à Toulon, pour informer leurs habitants « du mouvement populaire et royaliste de la ville de Paris, du 31 mars dernier ». Mollot rencontre d’abord, le 13 avril 1814, le maréchal Augereau, commandant l’armée de Lyon, à ses quartiers de Valence, et lui remet des dépêches du général Dupont. Trois jours plus tard, le maréchal Masséna le reçoit à son quartier général de Toulon : « M. le chef de bataillon Mollot a rempli cette mission avec zèle et exactitude, et a montré beaucoup de dévouement pour le gouvernement légitime. »Un dévouement qui n’empêche pas le « gouvernement légitime » - à la demande du Chaumontais ? – de le mettre à la retraite le 4 janvier 1815 (il vit alors à Paris). Evidemment, Mollot est obligé de se « terrer », au retour de Napoléon. On écrira qu’il s’est caché, durant les Cent-Jours, à Bar-sur-Aube où habitait son père.
Sous la Seconde Restauration, il occupe la fonction de directeur de la poste aux lettres à Clamecy (Nièvre), et meurt le 8 avril 1832.
Sa fille, unique héritière, Anne-Louise, avait épousé Benigne-Louis Joly, conseiller à la cour royale de Dijon.
Il est fort probable que notre officier corresponde à Hugues Mollot, qui s’est marié en 1786 avec Claudine Bœuf, fille d’un conseiller du roi au grenier à sel d’Is-sur-Tille. Sauf que ce fils d’apothicaire n’est pas, dans l’acte de mariage, qualifié de gendarme, mais d’avocat en parlement au bailliage de Chaumont…
Hugues Mollot entre dans la carrière militaire à l’âge de 24 ans, en étant incorporé dans la gendarmerie de Lunéville, le 3 août 1783. Dix ans plus tard, il rejoint l’état-major du général de division Rey, en qualité de sous-lieutenant, le 29 juillet 1793. Il sert en Vendée jusqu’en l’an III, puis en Italie et à Naples entre l’an V et l’an VII, enfin dans les Grisons en l’an VIII et en l’an IX.
Le 15 novembre 1806, Mollot est employé comme lieutenant à la Légion du Nord, composée d’anciens prisonniers, qui prend part à la Campagne de Pologne, notamment au siège de Dantzig. Le 31 août 1808, il passe avec le même grade au 95e de ligne. C’est avec ce corps qu’il se bat à Essling, à la suite de quoi il est fait membre de la Légion d’honneur le 31 mai 1809, puis est blessé à Wagram d’un coup de baïonnette. Capitaine le 8 août 1809, il est signalé, deux ans plus tard, comme officier de grenadiers du 95e par l’annuaire du département de la Haute-Marne.
Selon ses dires (mais pas selon ses états de services), Mollot se bat en Espagne.
Le 9 avril 1813, à 54 ans, il est promu chef de bataillon au 95e, et passe le 16 juin au 72e régiment d’infanterie de ligne. Selon l’historien Frédéric Masson, qui s’est intéressé à son « cas », Mollot aurait été auparavant accusé d’être l’amant de la comtesse de Saint-Hilaire ; un ordre avait été donné de l’arrêter et de l’incarcérer à la prison de l’Abbaye. Ordre qui ne sera pas suivi d’effet…
Lorsque s’ouvre la Campagne de France, Mollot a déjà 56 ans. Le 5 janvier 1814, il est toujours « bonapartiste ». Dans une lettre au comte Lacépède, il « supplie Votre Excellence de vouloir bien le proposer à Sa Majesté pour la croix d’officier ». Le Chaumontais n’hésite pas à parler du « grand plaisir de sa vie » d’oeuvre « pour le maintien et la gloire du trône de Sa Majesté »… Trois mois plus tard, il fait volte face et se rallie à Louis XVIII, le 30 mars 1814 ! Ce qui lui vaudra le qualificatif de « traître » sous la plume de l’historien Arthur Chuquet.
Promu lieutenant-colonel, qualifié de chevalier (non pas d’Empire, mais sans doute en sa qualité de membre de la Légion d’honneur), Mollot est chargé par Polignac et le comte de Semellet de se rendre à Lyon, à Marseille, à Toulon, pour informer leurs habitants « du mouvement populaire et royaliste de la ville de Paris, du 31 mars dernier ». Mollot rencontre d’abord, le 13 avril 1814, le maréchal Augereau, commandant l’armée de Lyon, à ses quartiers de Valence, et lui remet des dépêches du général Dupont. Trois jours plus tard, le maréchal Masséna le reçoit à son quartier général de Toulon : « M. le chef de bataillon Mollot a rempli cette mission avec zèle et exactitude, et a montré beaucoup de dévouement pour le gouvernement légitime. »Un dévouement qui n’empêche pas le « gouvernement légitime » - à la demande du Chaumontais ? – de le mettre à la retraite le 4 janvier 1815 (il vit alors à Paris). Evidemment, Mollot est obligé de se « terrer », au retour de Napoléon. On écrira qu’il s’est caché, durant les Cent-Jours, à Bar-sur-Aube où habitait son père.
Sous la Seconde Restauration, il occupe la fonction de directeur de la poste aux lettres à Clamecy (Nièvre), et meurt le 8 avril 1832.
Sa fille, unique héritière, Anne-Louise, avait épousé Benigne-Louis Joly, conseiller à la cour royale de Dijon.
Il est fort probable que notre officier corresponde à Hugues Mollot, qui s’est marié en 1786 avec Claudine Bœuf, fille d’un conseiller du roi au grenier à sel d’Is-sur-Tille. Sauf que ce fils d’apothicaire n’est pas, dans l’acte de mariage, qualifié de gendarme, mais d’avocat en parlement au bailliage de Chaumont…
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